"La cohabitation n’est pas possible" : des éleveurs européens réunis en Isère pour demander le déclassement du loup comme espèce menacée

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À Saint-Jean-de-Bournay, en Isère, des éleveurs venus de onze pays européens se sont rassemblés mardi 29 novembre pour demander le déclassement du loup comme espèce protégée.

À l’initiative du collectif Pâturage et biodiversité, des éleveurs venus des quatre coins de l’Europe se sont réunis mardi 29 novembre à Saint-Jean-de-Bournay, en Isère. Ils réclament davantage de moyens pour lutter contre le loup. Ce rassemblement survient alors que se déroule en ce moment la 42e réunion du comité permanent de la Convention de Berne.

"Cette semaine, la Convention de Berne se réunit à Strasbourg, car la Suisse a une nouvelle fois demandé le déclassement des loups. Nous nous attendons à ce que la Commission européenne le refuse encore", explique Mélanie Brunet, membre du collectif Pâturage et biodiversité.

La question du déclassement du loup est sujette à de nombreux débats, au sein même des plus grandes instances de l'Union européenne. Jeudi 24 novembre, le Parlement européen a adopté une résolution commune pour que le niveau de protection des loups soit revu à la baisse dans l’UE. Tandis que la veille, lors d’un débat, la Commission européenne se montrait fermement opposée à la question.

Des élevages menacés

Le collectif et les éleveurs présents ce mardi en Isère alertent tous sur les risques pesant sur leurs exploitations. "L’élevage pastoral est menacé par les loups, s’inquiète Mélanie Brunet, nous voulons des mesures simples pour pouvoir répliquer et tirer sur le loup".

Certains éleveurs sont tellement déprimés de voir leurs bêtes mourir qu’ils veulent changer de métier. En l’état, la cohabitation n’est pas possible.

Mélanie Brunet, collectif Pâturage et biodiversité

Pour Sandrine Andrieux de l’association Ferus, œuvrant pour la défense et la sauvegarde du loup, l’animal "constitue encore une population vulnérable". "La France use et abuse des dérogations", fustige la militante.

On se demande bien ce que les éleveurs veulent de plus, si ce n’est l’élimination totale du loup, à l’heure des discours de défense de la biodiversité.

Sandrine Andrieux, association Ferus

"Pour chaque bête tuée par un loup, les éleveurs sont indemnisés. Les éleveurs peuvent mettre en place des mesures de protection financées à 80 % par l’État : des chiens de protection, des clôtures électriques, l’emploi d’aide berger…", énumère-t-elle.

En début d’après-midi, la Convention de Berne a confirmé les craintes des éleveurs : elle refuse de rétrograder la protection du loup, une décision saluée par les associations de protection des animaux.

Les loups, de plus en plus présents en France

En France, le loup est considéré comme une espèce protégée depuis la ratification de la Convention de Berne en 1990. Une ratification dans un contexte d’inquiétude quant à la protection et conservation des espèces. À l’époque, la France ne comptait plus aucun loup dans ses forêts.

Près de 30 ans plus tard, la population de loups gris en France est estimée à 921. Un nombre en constante progression d’après les données de l’Office français de la biodiversité. Qui dit augmentation de la population, dit augmentation du nombre de prélèvements. En 2022, il est passé de 118 à 174. Depuis le 1er janvier 2022, 169 loups ont été abattus.

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