Mila mise à l'écart de son internat militaire, son père fustige l'"hypocrisie" des institutions

Le père de Mila dénonce dans une lettre l'"hypocrisie" et la "lâcheté" des institutions après que l'adolescente a été mise à l'écart de l'internat militaire où elle était rescolarisée.

Capture d'écran de l'émission Quotidien où était reçue Mila le 3 février 2020.
Capture d'écran de l'émission Quotidien où était reçue Mila le 3 février 2020. © Capture d'écran Quotidien

Mila, l'adolescente iséroise victime de menaces après la diffusion de vidéos polémiques sur l'islam, a été temporairement mise à l'écart de l'internat militaire où elle est rescolarisée. La jeune fille avait déjà été contrainte de quitter son lycée en janvier après la publication d'une vidéo devenue virale dans laquelle elle proférait de virulentes critiques à l'encontre de cette religion.

Dans une lettre au vitriol, son père fustige l'"hypocrisie" des institutions. "Je suis effondré par autant de démission et de lâcheté. Après l'Éducation nationale, c'est l'armée qui renonce à scolariser une gamine de 17 ans", déplore-t-il dans ce courrier intitulé "Lettre à ces lâches" révélée par Le Point.

Le père de Mila estime que l'armée s'est "débarrassée" de sa fille "au premier prétexte trouvé" et accuse l'internat militaire où elle a été accueillie de lui avoir imposé "une conduite impossible à tenir". Selon lui, l'internat reproche à l'adolescente d'avoir dévoilé le nom de l'établissement où elle est scolarisée dans le plus grand secret au cours d'un "live" sur un réseau social auquel "une vingtaine de personnes assistaient".

"En réalité, Mila s'est adressée à un garçon (...) en lui demandant s'il était toujours dans ce lycée, sans même mentionner qu'elle y était elle-même scolarisée. Sur ce fondement-là, il a été décidé qu'elle avait été imprudente et qu'elle devait être exclue", indique Richard Malka, son avocat.

 

"Pour elle, la scolarité, c'est fini"

Dans son courrier, son père évoque les rappels à l'ordre de la direction de l'internat "à chaque publication de Mila sur les réseaux, même insignifiante" et explique que sa fille, "épiée par des militaires" sur les réseaux sociaux, subissait une "pression incroyable".

"Pour elle, la scolarité c'est fini", martèle-t-il, dénonçant le manque "de courage" des institutions, "armée comprise". Dans un communiqué, le ministère des Armées a indiqué que "Mila n'a(vait) pas été exclue" et qu'il a été proposé à ses parents qu'elle "poursuive, pour un temps, son enseignement à distance dans un lieu sûr, le temps d'un apaisement de la situation sécuritaire".

"Elle reste une élève de l'établissement", mais en raison "d'un certain nombre d'informations dévoilées, (...) sur les réseaux sociaux et dans la presse, (...) son maintien au sein de l'établissement lui fait courir un risque que l'on ne peut pas accepter, ni pour elle, ni pour les 750 élèves de l'école", juge le ministère.

Depuis la diffusion de la première vidéo polémique par Mila, deux personnes ont été condamnées à des peines de prison pour des menaces de mort envers elle. D'autres sont mises en examen dans l'enquête sur les menaces de mort de janvier et la diffusion de ses coordonnées.

 

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