La production de noix de Grenoble très touchée par les intempéries de 2019

La tempête de l'été 2019 et la chute de neige de l'automne ont fortement touché la production de noix de Grenoble. 50 000 noyers ont été déracinés en Isère, tandis que certaines coopératives affichent des pertes de 35%.

Environ 30% de la récolte de noix de Grenoble a été perdue en 2019 suite aux intempéries.
Environ 30% de la récolte de noix de Grenoble a été perdue en 2019 suite aux intempéries. © Vincent Habran - France 3 Alpes
Des semaines, voire des mois de travail pour nettoyer leur verger, attendent les nuciculteurs de la vallée de l’Isère. La famille de Nicolas Revol produit des noix depuis plusieurs générations. 80 de ses arbres ont été arrachés.
 
"On a un outil qui fonctionne bien, on a un produit qui est aimé. Les gens cherchent à acheter la noix de Grenoble mais nous, en tant que producteurs, notre avenir est très incertain, souligne le producteur. Quand on est face à des catastrophes telles que celles qui se sont produits en 2019, on est déstabilisés." 


Certains producteurs ont tout perdu

Malgré tout, Nicolas s’estime épargné car d’autres producteurs ont tout perdu. Leur récolte, mais aussi de nombreux arbres, ont été perdus lors de la tempête de l’été et de la chute de neige de l’automne. Au total, ce sont près de 50 000 noyers qui ont été déracinés dans le département.
 
"Il va falloir encore faire des économies, arriver à trouver des solutions pour faire survivre les entreprises, s'inquiète Christian Nagearaffe, secrétaire du comité interprofessionnel de la noix. En 2020, 2021, 2022, on risque d’avoir des gros soucis avec des collègues qui ne passeront pas le cap. Il faut le dire."


35% de pertes pour la coopérative Coopenoix

Cette année catastrophique destabilise toute la filière, de la production à la distribution. En 2019, la coopérative Coopenoix, qui regroupe 250 producteurs, a chiffré les pertes à 35%.  

"Les pertes de volumes qu’on a eues cette année ne seront que partiellement compensée par l’arrivée en production des nouveaux vergers, précise Marc Giraud, directeur de la coopérative. Il n’empêche qu’on reste quand même sur une dynamique, mais qui est moins bonne que les années précédentes, il est vrai. Il y a une baisse de volume chez nous et une concurrence plus accrue de la part de pays étrangers qui s’intéressent au marché européen." 

La concurrence et les aléas climatiques poussent la filière à s’adapter. Modification des techniques de taille, diversification ou encore mutualisation des systèmes d’assurance sont autant de pistes pour imaginer l’exploitation de demain.
 
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