Témoignages de passionnés d'astronomie en Isère : "une éclipse c'est quelque chose à ne pas rater"

Ce jeudi 10 juin 2021 la lune va occulter une partie du soleil. C'est la première éclipse solaire de l'année. Pour les passionnés d'astronomie, c'est un phénomène à ne pas rater même s'il sera très peu visible en Auvergne-Rhône-Alpes.

Eclipse partielle vue depuis l'observatoire privé d'un passionné en Isère
Eclipse partielle vue depuis l'observatoire privé d'un passionné en Isère © Club Sirius

La lune a rendez-vous avec le soleil ce jeudi 10 juin à la mi-journée. C'est la première éclipse de l'année 2021. Malheureusement, pas d'anneau de feu visible de chez nous mais plutôt une légère partie du soleil grignotée par la lune. Pour les passionnés d'astronomie, ça reste un événement à ne pas rater.

Première éclipse annulaire de l'année

L'éclipse dite annulaire (avec un anneau de feu visible autour de la lune) est un phénomène différent de l'éclipse lunaire du 26 mai dernier où le soleil, la terre et la lune étaient alignés. L'ordre est différent, cette fois c'est la lune qui va occulter une partie de soleil.

Cette éclipse "commencera à être visible depuis le nord du Canada, passera sur le pôle Nord et se terminera au nord de la Sibérie" , selon l’Institut de mécanique céleste et calcul des éphémérides (IMCCE), situé au sein de l’Observatoire de Paris. En France, le phénomène sera visible de 11 heures à 13 heures avec un maximum entre 11h55 et 12h20 mais ça ne sera pas spectaculaire. En fonction de la zone géographique, le degré d'obscuration visible sera de l'ordre de 0,2% à 17,8% selon les régions. A Grenoble, par exemple, il ne sera que de 5%. 

Un événement pour les passionnés d'astronomie

Malgré tout, les passionnés d'astronomie sont au rendez-vous. Christian Derechef, du club Sirius de Villefontaine, en Isère, est tout en affaire. "C'est mon premier live" nous annonce-t-il. Il diffuse en direct le phénomène sur Youtube. Pour cela, il a installé une lunette spéciale dans son observatoire personnel. Un abri de jardin qu'il a complètement transformé. Retraité d'EDF, cet ancien automaticien a bricolé un toit ouvrant qu'il pilote à distance. "S'il se met à pleuvoir, le logiciel le détecte et je ferme le toit depuis chez moi" nous explique-t-il.

L'observatoire personnel de Christian Decherf du club Sirius de Villefontaine, en Isère
L'observatoire personnel de Christian Decherf du club Sirius de Villefontaine, en Isère © DR

Mireille Barral, du GAD, groupe d'astronomie du Dauphiné, estime également que cette journée "est très importante" même si "on n'aura même pas un assombrissement". Car les éclipses sont rares. Cette enseignante de physique-chimie à la retraite va suivre l'éclipse en direct sur les réseaux sociaux comme beaucoup de passionnés car ce n'est pas toujours simple d'être au premier rang pour une éclipse totale.

"Il faut se trouver sur la bande de totalité" explique Mireille et pour ça, il faut souvent aller loin. Mais le jeu en vaut la chandelle selon elle. "C'est incroyable d'un seul coup, la nuit arrive, il se met à faire froid, les poules rentrent se coucher" explique Mireille. Elle se souvient notamment de l'éclipse totale du 9 mars 2016. Elle était allée jusqu'en Indonésie pour la voir, sur l'archipel des Moluques. "Il faisait 35 degrés, on a perdu 10 degrés d'un coup, on aurait dit qu'on avait mis la clim". En 2008, sa passion pour les éclipses l'avait menée au Svalbard en Norvège. Un grand souvenir également. Finalement, la plus décevante peut-être a été l'éclipse totale visible depuis la France. Mireille s'était déplacée jusqu'à Laon dans le nord du pays pour mieux la voir... mais le ciel était nuageux. 

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