VIDEO. Handi Garde : deux frères grenoblois offrent une respiration sportive aux jeunes handicapés

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Écrit par Cécile Mathy

Marc et Robin Lamothe ont créé un service de garde autour du sport pour des personnes en situation de handicap. Ils s'occupent principalement de jeunes qui n'ont pas la chance de bénéficier de structures d'accueil adaptées. Avec eux, ils partagent des moments de joie et de dépassement de soi.

A les voir courir, sourires aux lèvres, derrière le fauteuil roulant de Gabriel, on ne sait pas qui de l'enfant ou de ses deux accompagnateurs est le plus heureux. Ce matin, Marc et Robin Lamothe s'occupent d'un petit garçon de 5 ans, atteint du syndrome d'Angelman. Cette maladie génétique rare le prive du langage, provoque des crises d'épilepsie et l'empêche de marcher. Pourtant "il a fait tout un tour de piste au stade Bachelard, soit 400 mètres" confie Marc "très fier de lui".

Car depuis un an, Gabriel apprend à marcher trois fois par semaine entre les jambes du trentenaire. Et ses exploits ne s'arrêtent pas là... En février, Marc l'a même emmené skier, lui qui ne tient pas tout seul debout. "Extraordinaire" commentent Alexandre et Helena, les parents du petit garçon qui n'auraient jamais imaginé voir leur fils gagner autant en motricité. 

 

 

Offrir des moments d'évasion et de sourire

"Quand on voit ça, c'est comme si on avait gagné au loto", nous confie Robin. Car si les deux frères jumeaux sont rémunérés via des chèques emploi service universel pour s'occuper d'une quarantaine de personnes sur la région grenobloise, ils ne font pas ça pour l'argent. "On voulait pallier le manque de structures et d'activités pour les enfants comme Gabriel", explique Marc. "C'est pour cela que l'on a créé Handi Garde", "ça nous permet aussi de faire de notre passion un métier", ajoute Robin. 

Les jumeaux ont un diplôme d'accompagnant éducatif et social. Ils ont tous deux travaillé dans l'univers médico-social avant de lancer ce service de garde. Marc était auxiliaire de vie scolaire, Robin aide à domicile. C'est lors de son service civique dans un centre pour schizophrènes qu'il a eu l'envie de travailler auprès de tous ceux qui sont en situation de handicap. 

 

 

Repousser les limites

"On s'occupe beaucoup d'enfants déscolarisés, notamment de jeunes autistes. Faute de structures spécialisées, ils ne sortent pas beaucoup et leurs parents sont épuisés. Ils ont besoin de calme et la nature, ça les apaise".

En matière d'activités, les deux frères, tous deux très sportifs, ne s'imposent aucune limite. Paddle, kayak, trek dans le désert en joëlette, ski, rando... Ils sont de tous les défis. Actuellement, ils entraînent un jeune atteint du syndrome Gilles de la Tourette pour le GR20, le sentier de grande randonnée de Corse. "Ces enfants sont comme les autres, ils sont capables de plein de choses, cela prend juste un peu plus de temps", explique Robin. 

 

 

Besoin de véhicules adaptés

Pas facile de suivre le rythme de ces deux frères qui enchaînent balade en fauteuil sur les hauteurs de Saint-Martin-d'Uriage avec une séance de ski à Chamrousse avec d'autres jeunes. Le week-end, ils encadrent bénévolement des sorties en groupes pour ces enfants différents. Une vie à 100 km/heure, faite d'incessants allers-retours et de trajets quotidiens à travers tout le département de l'Isère.

Pour l'instant, chacun d'entre eux utilise sa voiture personnelle pour véhiculer les personnes dont ils s'occupent. "On n'a pas la place de ranger tout le matériel. On a les skis, les vélos, les fauteuils et ce n'est vraiment pas pratique. Malheureusement, les véhicules adaptés coûtent très très cher : 25 000 à 30 000 euros pour un véhicule d'occasion", regrette Marc. Ils ont donc lancé une cagnotte en ligne pour les aider à financer cet outil de travail.

 

 

Le soutien de l'Asparun

Cette année, l'association iséroise ASPARUN a également choisi de soutenir Handi Garde lors de sa course solidaire, ce week-end du 12 et 13 mars. Les bénéfices liés aux achats de dossards seront reversés à l'association des frères Lamothe, pour que plus d'enfants en difficulté puissent bénéficier de ces moments de joie et de légereté en montagne. "Quand on est dehors, on apprend plein de choses : la confiance en soi, la motricité, l'effort, le partage, le dépassement de soi, et c'est ce qu'on veut donner à tous ces jeunes, qui sont un peu exclus de la société", conclut Robin.