Jazz à Vienne 2021: "Ce qui est sûr, c'est qu'on ne veut pas être absents" Samuel Riblier, directeur du Festival

La 40eme édition du festival Jazz à vienne aura bien lieu du 23 juin au 10 juillet. Mais pour qu’elle soit économiquement viable la scène Cybèle, gratuite, pourrait rester exceptionnellement fermée. Le directeur du festival réfléchit aux choix qu’il devra faire. Entretien.

La jauge imposée par le gouvernement de 5000 spectateurs assis avec des masques et distanciés, c’est sans problème dans un théâtre antique qui peut accueillir jusqu’à 7500 personnes. La 40eme édition du festival Jazz à vienne aura donc bien lieu du 23 juin au 10 juillet.
La jauge imposée par le gouvernement de 5000 spectateurs assis avec des masques et distanciés, c’est sans problème dans un théâtre antique qui peut accueillir jusqu’à 7500 personnes. La 40eme édition du festival Jazz à vienne aura donc bien lieu du 23 juin au 10 juillet. © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

La jauge imposée par le gouvernement de 5000 spectateurs assis avec des masques et distanciés, c’est sans problème dans un théâtre antique qui peut accueillir jusqu’à 7500 personnes. La 40eme édition du festival Jazz à Vienne aura donc bien lieu du 23 juin au 10 juillet. Mais Samuel Riblier, le directeur du festival, réfléchit avec son équipe aux choix qu’ils vont devoir faire pour que cette édition reste économiquement viable. La scène Cybèle, gratuite, pourrait ainsi ne pas ouvrir cette année.

Béatrice Tardy : Samuel Ribier, êtes-vous soulagé ?

Samuel Riblier : Oui, Roselyne Bachelot aurait très bien pu annoncer qu’il n’y aura pas de festivals cet été. Elle ne l’a pas dit. Donc, même s’il y a des changements dans les mois à venir, je n’imagine que du positif. On reste dans la course.

Béatrice Tardy : 5000 spectateurs, économiquement c’est viable ?

Samuel Riblier : Il faut comprendre comment fonctionne un festival. Pour que Jazz à Vienne soit économiquement viable, au vu de l’explosion des cachets des artistes, il faut que nous remplissions à 95%. Quand le théâtre antique affiche complet c’est 7500 personnes. Les 1000 dernières places vendues sont celles qui permettent la rentabilité. Donc 5000 spectateurs dans un théâtre qui peut en contenir 7500, c’est jouable physiquement mais toute la question aujourd’hui c’est celle de la distanciation. Comme dans beaucoup de festivals, les gens viennent rarement seuls. Ils sont en couple, en famille, avec des amis. La distance s’imposerait donc entre groupes. Je pense que ça nous ferait baisser la jauge de 30%. Ce qui est déjà énorme. Quand on perd 30% de spectateurs sur un concert jazz très pointu comme par exemple John Zorm, on sait qu’on compensera avec un concert d’Ibrahim Maalouf. Mais là, on ne pourra pas compenser. Donc on réfléchit à des solutions… notamment, renoncer à un certain nombre de choses.

Béatrice Tardy : Vous pourriez annuler, par exemple, la scène Cybèle ?

Samuel Riblier : Ce qui est sûr c’est qu’on ne veut pas être absents. Je ne sais pas encore trop comment on va faire mais on sera là. Alors s’il faut pour cette année annuler cette scène gratuite, on le fera. Pas de gaité de cœur, Jazz à Vienne en 2019 c’était 229000 festivaliers, dont environ 130000 venus gratuitement écouter sur cette scène Cybèle des musiciens des conservatoires, des jeunes groupes…. C’est l’âme du festival. Mais en même temps, on ne peut pas annuler le théâtre antique et garder Cybèle, ça n’aurait pas de sens. Jazz à Vienne c’est d’abord le Théâtre Antique.

Béatrice Tardy : En décembre vous avez annoncé un certain nombre d’artistes, comme Jamie Cullum en ouverture du festival. Cette programmation est-elle maintenue ? Qu’en est-il du reste de la programmation ?

Samuel Riblier : Le 23 mars nous annoncerons toute la programmation ! On a décidé d’annoncer certains artistes en mars seulement car nous aurions été moins à l’aise de le faire en décembre dernier. Des américains qui pourraient ne plus vouloir venir, par exemple, par peur du Covid. Ceux que nous avons annoncés en décembre, Jamie Cullum en ouverture du festival, Avishai Cohen Trio, Erik Truffaz, Keziah Jones, Ibrahim Maalouf, Anne Paceo, Hugh Coltman et Juanjo Garnido, Julia Sarr, seront bien là. Sauf si la situation sanitaire imposait un nouveau confinement majeur mais je n’y crois pas.

Béatrice Tardy : Les artistes qui viennent à Jazz à Vienne font bien souvent des tournées européennes, que se passe-t-il si des festivals en Italie ou ailleurs les annulent ?

Samuel Riblier : Les tourneurs qui organisent les tournées peuvent décider d’annuler tous les concerts d’un artiste parce qu’ils estiment que la tournée n’est plus rentable si plusieurs festivals dans différents pays ferment leurs portes. On n’est pas à l’abri. Mais je veux conjurer le sort. Et annoncer comme chaque année pour terminer le festival, une nuit entière de musique ! La dernière nuit du 10 au 11 juillet sera celle d’un Jazz à Vienne Confiné. On respectera le couvre-feu, de 18h à 6h du matin dans le Théâtre Antique et ce sera mémorable pour ce quarantième anniversaire !

 

Jazz à vienne en chiffres
  • 1000 artistes, gratuits (scène cybèle, musée de saint Romain en Gal) et payants (théâtre Antique)
  • 250 groupes
  • Une centaine de techniciens intermittents du spectacle
  • 70 saisonniers
  • 230 bénévoles
  • 229 000 festivaliers dont 130 000 gratuits
  • Budget annuel 6 millions d’euros
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