Une journée contre la maladie de Lyme

Des militants lors de la Journée Nationale contre la Maladie de Lyme / © Lyme Protest
Des militants lors de la Journée Nationale contre la Maladie de Lyme / © Lyme Protest

Avec le printemps et l'été, les tiques font leur grand retour, et avec elles le risque de la maladie de Lyme. A Lyon va se tenir une "Protest Lyme", samedi 26 mai. Désormais des consultations spécialisées ouvrent à l'hôpital.

Par Renaud Gardette

L'association France Lyme sensibilise le grand public depuis plus de 10 ans sur les maladies vectorielles transmises par les tiques.

Le samedi 26 mai 2018, l'association organise, avec l'aide d'étudiants de l'école ESDES, et des soignants de la région, une "Protest Lyme" à Lyon.

Il s'agit surtout de faire connaître la maladie au public, et de mobiliser l'opinion. 

Dès 14h place Carnot, des animations sont prévues et des stands de prévention, puis à 15h une chaîne humaine sera mise en place, en forme de ruban.

La tique et ses maladies

Par sa morsure, la tique peut véhiculer la maladie de Lyme, c'est-à-dire la "borrelia burgdorferi". Entre 10 et 20% des tiques seraient porteuses de cette bactérie. 

La tique sur la peau peut être d'une taille minuscule
La tique sur la peau peut être d'une taille minuscule


La maladie s'est développée ces dernières années parallèlement à la propagation des tiques, qui ont peu de prédateurs naturels, et grâce à des conditions climatiques favorables.

Les tiques sont notamment très présentes dans les zones boisées et les prairies, et de plus en plus dans des parcs publics et urbains.

Les symptômes


La maladie se développe généralement en trois stades :
  1. Un érythème migrant, qui touche une bonne partie des personnes atteintes dans les semaines suivant l'infection
  2. Des douleurs articulaires voire une paralysie partielle des membres dans les semaines et mois qui suivent.
  3. Des atteintes articulaires, neurologiques, cardiaques, cutanées ou musculaires, qui peuvent apparaître des mois, voire des années après l'infection.

L'érythème migrant est facilement reconnaissable (à condition de ne pas être caché dans les cheveux ou d'autres zones difficilement visibles): il s'agit d'un rond rouge et blanc, qui se développe autour de la morsure.
 
Erythème migrant / © DR
Erythème migrant / © DR


Que faire en cas de morsure ?

1/ Retirer la tique

Après chaque sortie en forêt ou dans des zones à risques, il faut inspecter l'ensemble du corps pour repérer une tique. Souvent, la petite bête va se promener sur vous pendant 1h30 avant de mordre pour choisir "l'endroit idéal". Si elle vous a déjà mordu, ne tirez pas dessus, ce sera inutile et même dangereux. Il n'y a qu'une solution aujourd'hui, utiliser un tire-tique, afin de ne pas couper la tête de la tique dans la peau, ce qui pourrait provoquer d'autres infesctions.


2/ En cas d'infection

Consultez votre médecin qui vous prescrira un traitement anti-biotique adapté.

54.000 malades sont officiellement recensés en France, mais selon l'association Lyme sans frontières, ce chiffre serait en réalité bien supérieur. Il n'existe à ce jour aucun vaccin contre la maladie.

Les consultations spécialisées

Quelques hôpitaux ou cliniques proposent dorénavant des consultations spécifiques, comme l'hôpital de la Croix-Rousse de Lyon. Ce sont surtout les associations qui peuvent orienter vers les bonnes adresses.

Un Protocole National de Soins est en cours d'élaboration par la Haute Autorité de Santé. Sa publication aurait dû avoir lieu il y a plusieurs mois. Seulement 1.000 médecins généralistes en France font partie du réseau Lyme, pour mieux diagnostiquer la maladie.


Le reportage de Daniel Pajonk, Mathieu Boudet et Frédéric Gramond:

La maladie de Lyme

Avec : Sylvie Bellaton, malade de Lyme; Dr Marie Mas, urgentiste spécialiste de la maladie de Lyme; et Pr. Michel Franck, enseignant chercheur Ecole vétérinaire Marcy-l'Etoile.

La maladie de Lyme pas toujours bien reconnue

Rencontre avec Chloé, diagnostiquée en 2015, après une morsure de tique en 2002; et avec Alain, diagnostiqué en février dernier, après 2 ans d'incertitudes médicales.

Le reportage de Daniel Pajonk, Emilie Rosso et Stéphanie Bouix:

Les malades et l'errance médicale




 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus