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Journée sans PV contre la réforme pénale, Alliance dénonce le malaise policier

Illustration PV Police. / © Photo Frédérik Florin / AFP
Illustration PV Police. / © Photo Frédérik Florin / AFP

Le syndicat des gardiens de la paix, "Alliance", a appelé les policiers à ne pas verbaliser ce lundi 9 septembre. Une façon de protester notamment contre le projet de réforme pénale. Une forte mobilisation est attendue à Grenoble, Chambéry et Annemasse où "Alliance" dénonce un "fort malaise".  

Par France 3 Alpes avec l'AFP

"On a un sentiment de malaise, d'incompréhension" explique Pierre Tholly. Depuis quelques mois, il est le nouveau secrétaire du syndicat policier "Alliance" en Rhône-Alpes-Auvergne. "D'autant plus à Grenoble, où la délinquance est très violente", ajoute-t-il. 

Le droit de grève leur étant refusé, "Alliance" a donc appelé les policiers à ne pas dresser de PV ce lundi. Une façon de dire "non" à la réforme des retraites des policiers, mais aussi et surtout de s'opposer à la réforme pénale dévoilée par le gouvernement et à la suppression des peines-planchers

"On a le sentiment que rien n'est fait pour nous aider, de perdre notre intégrité", poursuit Pierre Tholly, "quand quelqu'un fait une faute, il doit effectuer sa peine. Si vous condamnez les délinquants à quatre ans de prison, puis que vous transformez la peine en contrainte pénale et qu'il est dehors, je ne suis pas sûr que ce soit un bon message pour le délinquant" (...) "Il y a aura forcément un sentiment d'impunité."

"On voit bien que la violence augmente, qu'on franchit des paliers (...) On ne voudrait pas en payer le prix", ajoute Stéphane Mykytiw, le représentant du syndicat en Isère. 

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Interview sur la journée sans PV
Stéphane Nykytiw, secrétaire syndicat "Alliance" Isère

Une situation plus difficile encore à Chambéry ou Annemasse


Dans son communiqué, Alliance "appelle l'ensemble des policiers à se mobiliser pour une journée sans procès-verbaux", excluant les "infractions graves et urgentes" et les "réquisitions du public et judiciaires". Cela concernera, a-t-il dit, le "tout-venant" telles des "infractions légères" à la circulation et au stationnement.

Le syndicat policier demande "plus de moyens afin d'assurer la sécurité de tous". Il veut enfin "recentrer les policiers sur leurs missions prioritaires", la "lutte contre la délinquance et la criminalité".

"Ce n'est pas facile de travailler à Grenoble" concède Pierre Tholly. "Mais c'est une grande ville, avec un grand centre, comme Saint-Etienne et Lyon. Il y a des unités canines et des BAC... Alors que dans les villes moyennes comme Chambéry, Annemasse, la situation est pire, finalement. Quand vous êtes le chef du seul équipage du Léman la nuit, où est-ce que vous trouvez des renforts ?"

Il y a un problème d'effectifs, c'est certain. Mais d'après le secrétaire d'Alliance, il y a également des effectifs mal utilisés, réquisitionnés pour des tâches indues telles la surveillance des personnalités, des anciens ministres, des monuments, des institutions. Il y a enfin des réductions de budgets récurrentes depuis quatre à cinq ans. Et une obligation, pourtant, de résultat.

Rien n'a vraiment changé avec le nouveau gouvernement ajoute Pierre Tholly. "Avant on nous parlait de faire du chiffres, maintenant on nous parle d'objectif, tout est dans la syntaxe".





Des faux PV comme tracts

Les responsables et les délégués d'Alliance  "iront à la rencontre de la population dans les gares, les marchés, les péages autoroutiers", ce "dans toutes les villes de France plus particulièrement dans les grandes métropoles" comme Paris, Lille, Lyon ou Marseille.

Ils y distribueront, parallèlement au mouvement de "journée" sans verbalisation, de "faux PV" se présentant sous la forme d'une pétition de "soutien aux policiers" et "détaillant " leur action.

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