Ils sont 145, des particuliers et des collectivités à avoir choisi d'acheter ensemble des terrains qui jouxtent l'ancien site minier de Saint-Priest-la-Prugne, dans la Loire. Des terrains qui permettront à leurs nouveaux propriétaires de surveiller la décontamination du lieu.

La démarche est finalement collective : 145 propriétaires (80 particuliers et 65 collectivités) ont décidé d'acheter ensemble 7200 m2 de terrain, répartis sur 2 parcelles aux abords de l'ancien site minier de Saint-Priest-la-Prugne qui appartient à AREVA . La vente avait lieu lundi 13 juillet dans la salle des fêtes de Lavoine dans l'Allier.

Cette opération vise à mieux contrôler le devenir du lieu . En effet, comme la loi  l'y oblige, AREVA doit remettre en état l'ancienne mine d'uranium fermée en 1980, assécher le barrage et retraiter 1,3 million de tonnes de résidus contaminés.

Historique

Le groupe Areva (ex-Cogéma) a exploité une usine d'extraction d'uranium de 85 hectares à Saint-Priest-La-Prugne, près de Lavoine. L'exploitation du gisement du Limouzat avait démarré en 1954 et une mine à ciel ouvert a fonctionné jusqu'en 1980. Le site ligérien des Bois-Noirs comprenait une usine de traitement de l'uranium qui a été active de 1960 à 1980. En 20 ans, cette usine de Saint-Priest-La-Prugne a traité près de 2,5 millions de tonnes de minerai contenant près de 7000 tonnes d'uranium. Selon la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), qui a effectué des études pour un collectif, cette exploitation "a généré des millions de tonnes de déchets radioactifs" dont les confinements n'ont pas été garantis. Fermée depuis juillet 1980, la mine ligérienne à ciel ouvert et ses galeries ont été recouvertes par un lac artificiel profond de deux mètres. Cette étendue d'eau servirait de protection contre les émanations radioactives des déchets d’exploitation.