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Difficile de circuler dans les Alpes sans tomber sur un vélo. A pignon fixe, muni d'une assistance électrique ou transformé en café ambulant, à chaque coin de rue la bicyclette revêt un aspect différent.

Le fixie, vélo à pignon fixe, trouve sa place à Grenoble

Le fixie, l'un des ancêtres du vélo, revient à la mode en France. Depuis 2010, on en voit de plus en plus dans les centres-villes. A Grenoble, l'une des villes les plus plates de France, une communauté s'est même créée autour du vélo à pignon fixe.

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc

Qu'est ce qu'un fixie?

Le pignon fixe est apparu après les draisiennes (vélo sans pédale). C'est un vélo à pignon fixe, obligatoire pour les courses sur pistes, sans frein, à transmission directe. Pas de roue libre. Pour freiner, il faut utiliser la force de ses jambes, qui sont entraînées jusqu'à arrêt complet.

Dans les rues de Grenoble, de plus en plus d'adeptes se mettent au fixie, à un point tel qu'un magasin spécialisé a ouvert il y a quelques mois. Il faut compter environ 150 euros pour une conversion de son vieux vélo et 500 euros pour un neuf de bonne qualité, 650 euros pour un montage à la carte.

La tendance des fixies

 

Des mordus

Vincent Jordana organise même des sorties de pratiquants en ville. De 3 personnes en 2011, ils sont passés à une vingtaine aujourd'hui. Vincent est vraiment un mordu, il collectionne les vélos dans son appartement du centre-ville. Il compte un "vélo taf", comme il dit, pour aller au boulot et le laisser dans la rue, sans craindre de se le faire voler, et un "vélo daily", de piste, avec lequel il fait ses balades et ses courses d'orientation.

Le passionné bricole dans son salon. En quelques minutes, il change le pignon de son fixie.

Les coursiers de New-York l'ont remis à la mode

S'il a fait un retour remarqué en Amérique du Nord dans les années 90, c'est grâce aux coursiers new-yorkais qui l'ont choisi en raison d'une mécanique simplifiée, du peu d'entretien nécessaire, de la facilité de parking (simplement en bloquant la roue arrière avec un "U") et du déclipsage de la roue qui permet de l'emporter dans un sac à dos, histoire de procéder à la livraison sans craindre de se faire voler son outil de travail.

Reportage Nathalie Rapuc et Dominique Semet
 

Le fixie, vélo à pignon fixe
Intervenants: Vincent Jordana; Arnaud Goyer, responsable de Dead is Hype bicyles workshop; Emilien Ducroux, mécano

 

Les Cyclo'porteurs de Chambéry pédalent pour tout et pour tous

"Les Cyclo'porteurs" sont un collectif de personnes, d'entreprises et d'associations tournées vers "la promotion des activités à mobilité humaine cycloportées". Autrement dit, des femmes et des hommes persuadés que la vie change au rythme des coups de pédales.

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc

Sur l'agglomération chambérienne, de plus en plus de cylo'porteurs font leur apparition. Des entrepreneurs se mettent au 2 voire 3 roues. On compte ainsi une dizaine d'activités à vélo répertoriée par le collectif, comme les animations musicales, la restauration, la livraison, la récupération de skis pour les rénover, l'organisation de voyages à bicyclette...

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc


François Kohler, "Tonton livraison"

Le moins que l'on puisse dire, c'est les protagonistes de cette aventure ont des profils très variés. François a par exemple une formation d'ingénieur. Après un passage dans un bureau d'étude, il a décidé de changer de vie et de lancer son entreprise de livraison à vélo. L'indépendance, les rencontres donnent une saveur nouvelle à son quotidien. Pour lui, travailler à vélo, c'est se faire plaisir, allier efficacité et bonne humeur!

Régulièrement, il va au marché pour livrer les légumes. On fait aussi appel à lui pour la livraison de journaux communaux. En activité depuis 4 ans, il fait des bénéfices depuis 2 ans.

Reportage

Les Cyclo'porteurs de Chambéry
Intervenants: François Kohler, cyclo'porteur/livreur; Pascale Baudinet, traiteur bio; Stéphane Arnaud, cafetier ambulant


Un café comme en Italie!

Pour Stéphane Arnaud, les motivations sont différentes. Il a longuement hésité entre voiture de collection et camion pour finalement choisir le triporteur pour son activité. Cet ancien technicien chez une grande marque italienne de café a pensé que, stratégiquement, le vélo permettait de s'installer plus librement sur les places de la cité savoyarde.

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc


Ce grand connaisseur de café a rénové un percolateur des années 60 pour l’installer sur batterie dans sa cabine. C’est lui qui a conçu entièrement ce vélo en 2 mois. Un style "Dolce Vita" qui suscite la curiosité autour de son vélo. En activité depuis l’hiver dernier, il espère que son affaire deviendra bientôt rentable.

À Grenoble, un "Café Vélo" prend soin de votre bicyclette et de votre estomac

Au cœur du quartier Saint-Bruno, à Grenoble, existe un bistrot pas comme les autres. Le "Café Vélo" où l’on peut venir réparer son deux roues, tout en dégustant un bon petit plat bio.

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc

Alors, combien de pignons dans votre café? Dans cette boutique pas comme les autres, on peut tout à la fois réparer son vélo ou manger un petit plat local. Mais le "Café Vélo", c’est aussi un lieu "rassembleur", une histoire de potes. Celle d’un jeune homme, Nicolas, mécanicien diplômé, qui en rencontre un autre, en faisant son marché, puis un autre...Un peu à l’image de ce qu’il avait vu en Angleterre, ils se lancent dans cette drôle d'aventure.

Il y a deux ans, ils étaient sept. Quatre sont encore de l’aventure. Nicolas, Sylvain, Antony et Fabien. Une aventure où les couverts côtoient les tournevis. "On essaye de ne pas trop mettre du neuf, de réparer ce qui existe sur le vélo, plutôt que de le changer tout de suite. Nous ne sommes pas dans une logique commerciale où l’on essaie de vendre pour faire un maximum de bénéfices, mais dans une logique personnelle. C’est peut-être aussi un peu notre problème", s’amuse Nicolas. Ses maîtres-mots: récupération et rénovation. Mais il a surtout un idéal de vie commun.

Le café vélo prend soin de votre "deux roues" mais de vous aussi...

Les mécanos-cuistos!

Car son objectif à lui a été celui de créer un lieu convivial où les cyclistes peuvent faire réparer leurs deux roues et se poser, faire des rencontres, échanger, discuter.

Juste à côté de l’atelier, il y a la salle de restaurant qui se transforme en bar-café le matin, cantine-restaurant le midi ou apéro animé le soir. Il y en a pour tous les goûts. Et avec eux, pas de chef. Tous au même grade. Tous polyvalents. Tous mécanos-cuistos!

Reportage

Le café vélo, rendez-vous de Saint-Bruno
Intervenants : Nicolas Heintz, mécano-cuisinier ; Sylvain Jolis : mécano-cuisinier

 

À Annecy, Julie a pris la roue du vélo à assistance électrique

De plus en plus de vélos électriques se vendent chaque année. Rencontre avec Julie, qui assure ne vouloir pour rien au monde reprendre sa voiture.

© Nathalie Rapuc
© Nathalie Rapuc

Avaler une côte en un clin d’œil, sans verser une goutte de sueur, ou presque. C’est désormais possible grâce au vélo à assistance électrique (VAE). Mais contrairement aux apparences, il n’est pas seulement réservé aux fainéants.

Julie a trouvé, grâce à son biporteur électrique, un mode de déplacement idéal. "Je ne reste jamais longtemps au même endroit. Il me permet d’arriver quelque part, de me garer et repartir très rapidement", explique la trentenaire. Voilà deux mois qu’elle a opté pour ce type de transport. "J’en avais vraiment marre de la voiture. Je passais mon temps à chercher une place. J’avais l’impression de perde sans arrêt perdre mon temps", poursuit-elle.

Les vélos à assistance électrique dans tous leurs états

Allier plaisir et utilité

100.000 vélos comme le sien se vendent chaque année. D’une autonomie de 100 km et pouvant aller jusqu’à 25 km/h, ils ne nécessitent ni assurance, ni plaque d’immatriculation et sont accessibles à tous, à tous les âges. "C’est un loisir pour certains, quand d’autres le choisissent dans un esprit 'vélo-taf', c'est-à-dire pour remplacer la voiture au quotidien et aller au travail plus facilement", précise Kevin Landerecthe, cogérant d’un magasin de vente de vélos électriques. Le VAE, ou comment allier plaisir et utilité.

Reportage

Le vélo oui, mais avec assistance éléctrique
Intervenants : Julie Lezec ; Julie Revient ; Kevin Landerecthe, co-gérant Cyclable Annecy.