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Loin de s'essouffler, le business du trail continue de grimper en flèche

Ces courses en pleine nature, où les paysages naturels effacent quasiment toute trace de bitume, attirent plus que jamais. Et l'explosion de la pratique génère un marché florissant. 
"Ca fait au moins quatre ans qu'on perçoit cette tendance. Les premières années, c'était un dérivé du running mais aujourd'hui on peut parler d'une pratique à part entière avec ses codes, sa communauté et ses courses", analyse Virgile Caillet, délégué général de la Fifas, la Fédération française des industries sport et loisirs.

Depuis une dizaine d'années, les courses typées purement trail ont été multipliées par quatre pour se compter désormais au nombre de 800 par an en France. En parallèle, le nombre de pratiquants a explosé, et représente aujourd'hui "19% des 1,65 million de coureurs ayant pris au moins un dossard dans l'année", explique Virgile Caillet. Cela représente environ 313.500 "traileurs", tels qu'ils se définissent eux-mêmes, terme qu'ils préfèrent à ceux de "joggeurs", "athlètes" ou "coureurs à pied".


De 5 à 10% de croissance

Les spécialistes s'accordent sur une croissance annuelle de 5% à 10%, pour ce secteur dynamique qui fait sortir les équipementiers des sentiers battus.
D'autant que les traileurs "sont des surconsommateurs", note le délégué général de la Fifas. Une enquête menée l'an passée auprès de plusieurs milliers de pratiquants par le Think Tank Trail (TTT), un groupe de spécialistes du secteur, a ainsi montré que les traileurs consacrent au minimum 1000 euros par an pour leur équipement et leurs participations à des trails.

Une discipline communautaire qui fédère les CSP+

Le panel sur lequel l'étude de TTT a été menée montrait que 51% des sondés appartenaient aux CSP+ (dirigeants, cadres supérieur et moyen, professions libérales). 37% de ces traileurs gagnaient au minimum 30.000 euros par an, et 22% avaient des revenus supérieurs à 50.000 euros. "Il y a deux phénomènes", souligne M. Caillet. "Les produits coûtent plus cher car ils sont plus techniques (semelles particulières, revêtement hydrophobe...) et en plus le trail nécessite une plus grande panoplie (sacs légers, bâtons...)".
Chamonix : Le marché du "trail" se porte bien

Les équipementiers et les revendeurs l'ont bien compris, développant au fil des ans leur approche de ce nouveau monde.
En plus des équipementiers spécialisés (Salomon, North Face, Raidlight, Kalenji...), les équipementiers traditionnels (Adidas, Asics...) se sont prêtés au jeu en constituant des Teams (équipes) où les valeurs communautaires du trail sont mises en avant.

"C'est une discipline communautaire mais absolument pas communautariste", souligne Xavier Rivoire, le directeur de la communication de Décathlon optimiste pour ce marché: "On le voit, on le sent et on est obligé d'agrandir un certain nombre de nos magasins." Ce sera le cas à Annemasse (Haute-Savoie) en novembre, avec l'inauguration d'une nouvelle aile du magasin Décathlon où sera présentée à cette occasion une nouvelle paire de chaussures typée trail. De quoi permettre au trail et aux traileurs de poursuivre leur marche en avant.


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