Epicier ambulant : un service de proximité et de première nécessité dans la Loire

A la campagne, la crise sanitaire a pu contribuer à en isoler certains. Dans la Loire, les habitants de hameaux du massif du Pilat peuvent compter sur un épicier ambulant. Stéphane Laurent sillone les routes depuis près de 10 ans. Son activité est passée à la vitesse supérieure avec le confinement.
Au volant de sa roulotte des saveurs, Stéphane Laurent sillonne les routes de campagne du Pilat depuis 2011. Avec l'épidémie de Covid et le confinement, son service de proximité connaît une hausse de 30% d'activité.
Au volant de sa roulotte des saveurs, Stéphane Laurent sillonne les routes de campagne du Pilat depuis 2011. Avec l'épidémie de Covid et le confinement, son service de proximité connaît une hausse de 30% d'activité. © FTV
À peine garé, à peine ouvert, les premiers clients se bousculent devant la camionnette. Un fromage par ci, deux baguettes par là, des légumes, des produits du terroir et autres références incontournables de toute bonne épicerie. Stéphane Laurent tend les produits de première nécessité à ses clients dont il commence à bien cerner les petites habitudes. Pourtant, cela ne fait que quelques mois que l'épicier ambulant s'arrête le week-end sur la place du village de Doizieux.

"Quand je passais avant le premier confinement, je n'avais qu'une personne. Aujourd'hui, j'en ai déjà servi cinq ou six. Et il en manque encore un ou deux".  Une fois tout le monde servi, le voilà reparti. Au volant de sa roulotte des saveurs, Stéphane Laurent emprunte depuis près de 10 ans, non pas les grandes routes de la Loire, mais de plus en plus de petits chemins menant aux hameaux du Pilat.

Du service à une habituée, à celui des nouveaux confinés

Coup de klaxon appuyé pour sonner l'arrêt suivant. Il ouvre de nouveau boutique, notamment pour une habitante qui a fait appel à son service de proximité dès le premier confinement. Mais aujourd'hui, ils sont plusieurs à venir s'approvisionner auprès de Stéphane, dont l'activité a augmenté de 30%. Les clients de l'épicerie ambulante sont unanimes. Ce service de proximité leur paraît aujourd'hui incoutournable. "Dès que l'on a oublié quelque chose, il faut reprendre la voiture, faut faire 20 minutes de route minimum. C'est l'inconvénient de la campagne, et il nous permet de ne pas avoir à circuler pour rien" explique un habitant. Une voisine enchaîne : "Il nous rend pas mal service, à venir tous les week-ends. On espère que cela durera, alors on continue à se servir chez lui". "En plus, cela fait une occasion de voir les voisins, et c'est bien sympathique" rajoute une autre cliente. 

Ancien responsable dans une fromagerie, Stéphane Laurent a un beau jour décidé de prendre la route, de se retourner vers l'essentiel. Son idée : apporter ces produits de première nécessité jusqu'au domicile de personnes âgées ou isolées. Il a tracé sa route bien avant toutes ces histoires de coronavirus et de confinement. Certes, la crise sanitaire lui a apporté des dizaines de nouveaux clients sur le canton de Pélussin. Les journées au volant se sont faites à rallonge, lui laissant malgré tout aujourd'hui comme un goût amer. Certes, il a gagné des clients dès le premier confinement. Mais certains sont aussi très rapidement repassés à autre chose.
 

Les circuits courts, ça a bien été pendant le confinement. Mais après, on reprend ses bonnes vieilles habitudes : les drives des grandes enseignes, les commandes en ligne comme chez Amazon, mais on est toujours là nous ! On était là avant, on était là pendant, on sera encore là après.

Stéphane Laurent, épicier ambulant

 

La recette pour savourer du lien social

Même s'il a pu être quelque peu déçu de ne plus avoir été recontacté, Stéphane continue d'assurer ses tournées. Chaque jour, l'épicier ambulant se gare sur une place, dans un hameau ou directement devant le portail d'un particulier. La roulotte des saveurs est un service de proximité, et même plus, un service à domicile. "On repasse du temps avec nos anciens, on reprend le temps de vivre, de faire du commerce, mais aussi du social. Surtout qu'ils en ont besoin actuellement. Ils ne voient pas les enfants, les petits et arrière-petits enfants. On n'est pas là pour amener du morose. On est là pour leur remettre la banane !", confie Stéphane.
L'une de ses clientes, une personne âgée confirme tout le bien de ce lien social retrouvé : "Avant, je ne voulais pas le faire monter pour peu de choses, vous comprenez. Alors, je le faisais monter une fois tous les quinze jours. Désormais, je lui ai dit de venir toutes les semaines. Il m'apporte aussi des nouvelles des autres personnes dans la campagne."

Quelques denrées, mais surtout un petit mot, un sourire, une attention. Cela suffit pour briser la solitude de clients, dont Stéphane est parfois le seul interlocuteur de la journée. C'est ce qui rend le passage de l'épicier ambulant encore plus précieux dans le massif du Pilat. Une vraie nécessité.
 
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