Dans la Loire, huit mois après la mort de leur fils en prison, des parents portent plainte

Les parents d'un homme de 27 ans, mort en juillet après avoir mis le feu au matelas de sa cellule à la prison de Roanne (Loire), ont porté plainte vendredi pour "homicide involontaire", selon leur avocat.

Dans sa plainte, la famille indique que le défunt "avait eu des différends avec deux surveillants", concernant notamment la prise de médicaments
Dans sa plainte, la famille indique que le défunt "avait eu des différends avec deux surveillants", concernant notamment la prise de médicaments © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Le décès avait initialement été présenté comme un suicide mais la famille de ce détenu, qui sortait de l'hôpital psychiatrique, n'y a jamais cru. Il s'agissait selon elle d'un appel au secours.

Interrogés à l'automne par l'AFP, des proches avaient dénoncé "des défaillances, des erreurs, des manquements" dans le traitement judiciaire et pénitentiaire d'Alexis D., décédé dans la nuit du 17 au 18 juillet à l'hôpital de Roanne où les secours l'avaient transporté. Huit mois plus tard, l'enquête ouverte sur les causes et les circonstances de la mort est toujours en cours et les parents, perdant patience, ont décidé de porter plainte, également pour "non assistance à personne en danger".

Une décision du Procureur attendue à la fin du mois

Fin novembre, le parquet de Roanne attendait encore "deux auditions techniques" concernant l'alarme incendie de l'établissement, avant de
boucler l'enquête. Mais le parquet général de Lyon a requis d'autres investigations en janvier, dont l'audition d'un voisin de cellule du défunt au quartier disciplinaire. À l'issue, une décision devait être prise fin février sur les suites de l'affaire.

L'avocat de la famille a cependant appris mercredi que l'enquête se poursuivait encore, une réunion ayant eu lieu lundi entre la société Eiffage, qui assure la maintenance du centre de détention, la société Chubb (sécurité incendie) et la directrice de la prison, un essai du détecteur de fumée placé sous scellé ayant été effectué. "La voie procédurale choisie, secrète et sans débat contradictoire, paraît complètement inadaptée sur une telle durée: soit un délit a été commis et des poursuites doivent être engagées, soit il n'y en a pas et un classement s'impose", considère Me Thomas Fourrey, l'avocat des parents.

Contacté par l'AFP, le procureur de Roanne Abdelkrim Grini a indiqué que sa décision d'ouvrir ou non une information judiciaire pour homicide involontaire par manquement à une obligation de sécurité, ou négligence, pourrait intervenir d'ici la fin du mois, précisant qu'elle est à ce stade "très envisageable". "Il reste à réaliser l'audition d'un ex-co-détenu qui se trouve dans une autre prison de la région", a-t-il encore précisé. 

"sa place n'était pas en prison"

proches du détenu


Dans sa plainte, la famille indique que le défunt "avait eu des différends avec deux surveillants", concernant notamment la prise de médicaments. Détenu pour violences, il faisait régulièrement l'objet de mesures disciplinaires et avait comparu il y a un an devant le tribunal correctionnel de Roanne, qui avait ordonné son hospitalisation d'office. Celle-ci avait pris fin en juin et le détenu avait été replacé à l'isolement, alors que "sa place n'était pas en prison", affirment ses proches.
 

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