Armes de guerre livrées à l'Ukraine : un contrat de 36 millions d'euros pour Verney-Carron à Saint-Etienne

Le plus ancien fabricant français d'armes de chasse vient de décrocher un contrat de 36 millions d'euros pour fournir des armes à l'Ukraine. C'est là un accord historique pour Verney-Carron, armurier basé à Saint-Etienne, qui peut ainsi intégrer le lucratif marché de la Défense.

Spécialisée dans les armes de chasse depuis 1820, l'entreprise Verney-Carron basée à Saint-Etienne, franchit un pas avec un contrat historique. Le fabricant, bien connu pour ses armes de chasse, intègre le marché de la Défense. Un an après s'être relevé d'une procédure de sauvegarde, le manufacturier vient de signer un contrat de 36 millions d'euros pour fournir des armes à l'Ukraine.

Fusils d'assaut, armes de précision et lance-grenades

Dix mille fusils d'assaut, deux mille fusils de précision, 400 lance-grenades... Autant d'armes de guerre que le groupe Cybergun va assembler dans son usine de Saint-Etienne, puis fournir à l'Ukraine. "C'est une très belle opportunité de commencer à se faire un nom dans le domaine de l'armement, de la Défense", reconnaît aujourd'hui Guillaume Verney-Carron. Il faut dire que c'est là un marché lucratif dont l'entreprise, rachetée en 2022 après un plan de sauvegarde, avait en ligne de mire.

La Défense, c'est un vrai axe stratégique de développement pour notre société, avec le souhait de se retrouver dans 5 à 10 ans avec une part de chiffre d'affaires dans ce domaine qui devrait dépasser les 50% de l'activité de l'entreprise.

Guillaume Verney-Carron,

directeur du développement du groupe Cybergun

Le contrat décroché prévoit une livraison rapide de fusils d'assaut à l'Ukraine. Et l'armurier stéphanois va devoir mettre les bouchées doubles. "Sur ce site de Saint-Etienne, on pourrait doubler la production actuelle qui est de 10.000 armes. Ensuite, on va faire appel aux forces du groupe. Nous avons la chance d'avoir accès à d'autres capacités de production, ce qui fait qu'on peut tout à fait répondre à ce type de demande", explique Guillaume Verney-Carron.

Objectif affiché : atteindre une capacité de production annuelle de l'ordre de 20 à 30.000 armes d'ici cinq à dix ans.

Nouvelle usine et des emplois à la clé

C'est, nous dit-on, un secret de polichinelle. Mais une nouvelle usine Verney-Carron devrait sortir de terre. "Dès le rapprochement avec Cybergun, on a tout de suite eu cette volonté de se projeter vers une nouvelle usine, un établissement plus moderne, plus modulable. Le projet est en cours, les premières pierres sont posées, et ce sera sur la région de Saint-Etienne", indique le directeur du développement.

Avec ce premier gros contrat dans le domaine de la Défense, la filiale stéphanoise de Cybergun entend concrétiser un nouveau développement, et créer des emplois. "Vu la quantité d'armes à produire, on est sur des bases minimales de créations d'emploi, de 10 à 15 postes chez Verney-Carron dès l'année prochaine", affirme-t-on chez le fabricant d'armes. Et il y a aussi les sous-traitants locaux.

Ce mardi 7 novembre, la poursuite du fond de soutien à l’Ukraine doit être soumise au vote à l'Assemblée nationale. Verney-Carron pourra compter sur l’appui du député de la Loire, Quentin Bataillon, et du député du Rhône, Thomas Gassilloud, le président de la commission de la Défense nationale et des forces armées.