CANCER. "Chirurgie, radiothérapie, chimio, tout a échoué" : un traitement de médecine nucléaire, nouvel espoir pour Serge

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L'hôpital de Saint-Etienne a mis en place la radiothérapie interne vectorisée, un nouveau protocole de soin contre les tumeurs endocriniennes et prostatiques. ©FTV

L'hôpital de Saint-Etienne a mis en place un nouveau protocole de soin contre les tumeurs endocriniennes et prostatiques. La radiothérapie interne vectorisée cible avec finesse les métastases et les détruit simultanément.

"Je croise les doigts". Roger Sartre est atteint d'un cancer de la prostate depuis 2006. Toutes les thérapies ont montré leurs limites. Il expérimente actuellement un nouveau traitement, la RIV : radiothérapie interne vectorisée au CHU de saint-Etienne. Une prise en charge par injection de molécules radioactives qu'il espère efficace face à son cancer devenu métastatique et résistant.

Une molécule radioactive spécifique pour une tumeur

Roger s'est vu enlever la prostate en 2006. A suivi la radiothérapie "qui a stoppé un peu la maladie, mais qui malheureusement ne l'a pas arrêtée". Puis ce fut de l'hormonothérapie et la chimiothérapie. Sans succès. Sa voix est fébrile. On sent la peur et l'espoir. Aujourd'hui, à 58 ans, ce nouveau traitement est sa porte de sortie. "Mon oncologue a demandé à mon épouse si j'étais costaud et fort. Elle lui a dit qu'ils pouvaient y aller". 

Être ici, c'est une chance. Merci aux gens de la recherche qui travaillent pour qu'on ait une espérance de vie plus longue

Roger

atteint d'un cancer de la prostate

La radiothérapie interne vectorisée permet de traiter simultanément la tumeur et les métastases. Cette nouvelle forme de radiothérapie, très ciblée, est sans impact sur les tissus autres que la lésion.

Elle nécessite au préalable un TEP Scan. Cet examen d'imagerie diagnostic se fait avant l'injection par voie intraveineuse des molécules radioactives. Le médicament a un tropisme spécifique à un récepteur développé par une tumeur cancéreuse. Il se fixe sur les cellules et permet de les repérer. Le TEP scan permet de voir comment les tumeurs fixent les molécules radioactives. 

Après cet examen, si les résultats sont satisfaisants, le patient se voit injecter une autre molécule radioactive qui va cette fois détruire les cellules cancéreuses. La radioactivité délivrée directement sur les cellules tumorales provoque des dommages sur l'ADN stoppant la progression de la maladie.

"Le médicament radioactif va émettre un électron qui va déposer toute son énergie de façon très localisée, au niveau de la cellule et quelques millimètres alentours"

Mélanie Bernard,

manipulatrice radio et coordinatrice en médecine nucléaire

Un traitement d'avenir

C'est un traitement coûteux, 20 000 euros la dose par séance, pratiqué depuis seulement deux mois au CHU de Saint-Etienne. Il faut six séances espacées de six semaines. Il est proposé lorsque toutes les autres thérapies ont échoué. Pour l'instant, le traitement s'applique uniquement sur les tumeurs métastatiques neuroendocriniennes et de la prostate.

Ce protocole de soin a nécessité l'aval de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, le recrutement et la formation de personnel et la construction de cuves de décroissance radioactive reliés aux WC spécifiques de la chambre du patient. 

Les études mettent en avant une amélioration de l'espérance et de la qualité de vie. Près de 80 patients par an pourraient se voir ainsi traités, en hôpital de jour, au CHU de Saint-Etienne.

Cette démarche dite théragnostique "On voit ce que l'on traite et on traite ce que l'on voit" a de beaux jours devant elle dans de nombreux domaines que sont les cancers du sein, les cancers digestifs, cutanés. Un bâtiment dédié est en projet au sein du CHU.