Chantage à la sextape gay : " qui a commandé cette machination ? ", les réactions s’enchaînent chez les élus stéphanois

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Écrit par France 3 Rhône-Alpes

Depuis les révélations sur le chantage à la vidéo intime dont aurait été victime l'ex premier adjoint UDI au maire de Saint-Étienne, le centriste Gilles Artigues a reçu peu de soutiens publics de la part de sa majorité. Aujourd’hui, Lionel Boucher, président UDI de la Loire réagit. Les écologistes, eux, demandent la suspension des élus impliqués dans l’affaire.

« Nous voulons savoir toute la vérité. Qui a commandé cette machination ? ». Une semaine après les révélations, Lionel Boucher - qui a succédé à Gilles Artigues à la présidence départementale de l'UDI - a finalement décidé de prendre la parole dans une vidéo postée sur sa page Facebook. 

Il accuse les commanditaires de la vidéo d’avoir, « par jalousie, par perversion, par cynisme […] voulu l’éliminer politiquement. Ils n’y sont heureusement pas parvenus et, nous l’espérons, ils vont payer ».

Alors que l’ancien adjoint à la mairie de Saint-Etienne vient de déposer plainte contre la ville, c’est l’un des premiers soutiens publics que Gilles Artigues reçoit de sa majorité.

«Nous demanderons des comptes»

« Nous ne savions rien de cette machination, mais nous nous rendions compte que [Gilles Artigues] s'effaçait de plus en plus », reconnait l’élu, « il acceptait de se soumettre à des décisions pour le moins surprenantes » et « subissait dans les réunions de la majorité des humiliations publiques ».

Visiblement ému par les pensées suicidaires évoquées par Gilles Artigues suite à ces révélations, il ajoute que « le silence complice de plusieurs collègues de la majorité interroge. J’espère qu’elle interroge aussi leur conscience… »

Lionel Boucher affirme aussi vouloir « demander des comptes » , y compris sur les « aspects financiers du dossier », et ce alors qu’un autre membre du conseil municipal stéphanois, le chef de file de l'opposition de gauche Pierrick Courbon, vient de déposer plainte contre  X pour escroquerie à la délibération et détournement de fonds publics.

Gilles Rossary-Lenglet, à l’origine des révélations, aurait en effet, selon les informations du Progrès, reconnu avoir perçu 50 000 euros pour cette vidéo avec son ex-compagnon, Samy Kéfi-Jérôme, adjoint au maire de Saint-Étienne. Selon Médiapart, qui a révélé l’affaire, cette somme aurait transité via des subventions municipales à deux associations, avant d’être reversée aux deux hommes.

L'opposition demande la suspension temporaire des protagonistes 

Même son de cloche chez les élus écologistes, membres de l’opposition. Julie Tokhi admet, avoir « déjà remarqué de l’opacité dans la gestion des comptes publics à Saint-Etienne, mais à ce point-là, non. On se doutait qu’il y avait quelque chose de caché, mais de là à savoir quoi et pourquoi… ».

S’avouant stupéfaite, elle ajoute que le climat n’est plus assez serein à la Ville et à la Métropole. « La moindre des choses de la part des trois protagonistes en poste (Gaël Perdriau, Samy Kéfi-Jérôm, son adjoint et Pierre Gauttieri, son directeur de cabinet), c’est de suspendre leur activité le temps qu’il y ait une enquête et qu’on puisse enfin savoir le fin mot de l’histoire, que la vérité puisse éclater, que l’enquête puisse aboutir ».

Le conseil municipal doit se tenir le 26 septembre prochain 2022.

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