Coronavirus-Covid19 : un test sérologique rapide en cours d'évaluation à Saint-Etienne, dans la Loire

Un laboratoire de l'université Jean Monnet de Saint-Etienne, le GIMAP, en partenariat avec la société BioSpeedia, se sont lancés dans une course contre la montre afin d'élaborer un test sérologique rapide de depistage du virus. En cours d'évaluation, le test présente des résultats probants 
© CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Depuis plusieurs semaines, la course au vaccin contre le coronavirus Covid19 est lancée à travers le monde. 
Celle du dépistage rapide l'est tout autant. 
A Saint-Etienne, le laboratoire GIMAP, qui dépend de l'université Jean Monnet, collabore étroitement avec la société BioSpeedia (Institut Pasteur). Cette dernière a élaboré un test de dépistage sérologique rapide de la réponse immunitaire au Covid 19.  Un test en cours d'évaluation auprès du laboratoire stéphanois.

Un test "très utile dans les semaines à venir"

Il s'agit de tests rapides, faisables dans des laboratoires qui ne sont pas forcément bien équipés. Ce sont des tests unitaires, réalisés en 10 minutes par prélèvement parallèle, précise Thomas Bourlet, professeur à l'université Jean Monnet au sein du GIMAP (Groupe Immunité des Muqueuses et Agents Pathogènes) et praticien hospitalier. 

Autrement dit, des prélèvements sanguins au pli du coude ou bien au bout du doigt. 
Ces tests sont effectués à partir de patients dont les résultats des tests nasaux sont connus. Cela représente un panel de 50 prélèvements positifs et 50 négatifs. 
Les anticorps n'apparaissent généralement qu'après la détection du virus, dans les 5 à 10 jours après les premiers symptômes. 
Le test a donc pour but de détecter parmi les patients asymptomatiques, ceux qui ont été en contact avec le virus. "Ce test sérologique est intéressant puisqu'il permet de classer les patients. C'est un outil de masse, qui va être très utile dans les semaines à venir" estime le Professeur Thomas Bourlet.

Un test complémentaire 

En France, la fiabilité du test direct, par prélèvement nasal, fait débat. L'Allemagne quant à elle, a choisit les prélèvements buccaux. Chez les patients dont le cas est jugé grave, le virus peut passer par les poumons. L'imagerie médicale ou encore le prélèvement bronchique peuvent apporter des informations complémentaires. 

La sérologie est une approche complémentaire : elle va nous dire si les patients sont protégés par des anticorps ce qui indiquerait une contamination ou un contact récent avec le virus. Mais nous n'avons pas encore assez de recul pour voir la durée de vie de ces anticorps, concède le professeur Bourlet. 

Cette semaine, une nouvelle phase d'évaluation est menée au sein du GIMAP, afin de confirmer les résultats obtenus à partir des tests rapides. 

Des tests en cours d'évaluation

"Il y a toute une série de critères techniques à remplir avant une possible mise sur le marché", confie le professeur Yves Germani, directeur général et directeur scientifique de BioSpeedia. 

La société, basée à l'Institut Pasteur à Paris, est hébergée, pour sa partie recherche et développement au laboratoire du GIMAP de Saint-Etienne. Elle a déjà produit 3000 de ces tests sérologiques. Le but est de le rendre accessible à un plus large public, EHPAD, entreprises,... BioSpeedia va ensuite miser sur une production par étapes de 20 000 puis 40 000 unités, et bien plus si nécessaire. 

Si des résultats sont encore attendus, par rapport à l'évaluation de ces tests en cours dans le laboratoire stéphanois, le marquage "CE" lui est en bonne voie. Ce label de qualité, qui devrait être officialisé dans les prochains jours et même les prochaines heures, permettra une mise sur le marché de l'outil de dépistage. 

Un laboratoire à la pointe

Le GIMAP, installé sur le campus de la faculté de médecine, à Saint-Priest-en-Jarez, s'est doté avant la pandémie de Covid 19, d'un microscope confocal, un instrument performant, d'un valeur de 300 000 euros, qui permettra d'étudier l'impacte du Covid 19, déjà cultivé au sein du laboratoire, et des traitements sur la virulence des bactéries qui infectent les patients atteint. "Certains de nos patients Covid meurent de surinfection bacterielle, déplore le Pr Bourlet. Nous essayons de modéliser cela au laboratoire pour développer et valider les prochaines générations de tests rapides". 

Les deux entités avaient par ailleurs, déjà travaillé au développement et à la validation d'un test de diagonstique rapide des infections à pneumocoque. Une demande de brevet a été déposée. Le marquage "CE" est en cours. 
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