Covid-19 : 330 détenus testés d'urgence à la maison d'arrêt de La Talaudière (Loire)

Avec 11 détenus et 6 membres du personnel testés positifs au Covid-19 en début de semaine, la maison d'arrêt de La Talaudière se transforme en centre de dépistage. 330 détenus se font tester ce jeudi 6 mai.

Maison d'arrêt de La Talaudière (Loire), le 27 juillet 2020.
Maison d'arrêt de La Talaudière (Loire), le 27 juillet 2020. © Rémy Perrin/MAXPPP

Passée de foyer épidémique à centre de dépistage en quelques jours, la maison d'arrêt de La Talaudière (Loire) devrait retrouver un fonctionnement normal dans quelques jours. En attendant, la Covid-19 perturbe son organisation. 11 détenus et 6 personnels pénitentiaires ont été testés positifs, raison pour laquelle 330 détenus se font chatouiller à l'écouvillon ce jeudi. 

Risque que "la maison d'arrêt soit à l'arrêt"

Thierry Machard est surveillant pénitentiaire et représentant syndical UFAP. Il a relevé que parmi les six personnels infectés, deux sont du greffe et ont entraînés 2 cas contacts dans leur service, qui compte cinq personnes. "Pour l'instant, les conséquences sont limitées car la personne qui reste au greffe essaie de tout gérer. Sans greffe, les entrées et sorties peuvent être bloquées, les comparutions et transferts problématiques. Tout le fonctionnement d'une maison d'arrêt passe par le greffe. Nous craignons que la maison d'arrêt soit à l'arrêt."

Mesures sanitaires en question

"Il faut prendre des mesures plus strictes maintenant", affirme Thierry Machard, "nous avons une surpopulation de 120 à 130%. Tout est fait pour avoir un cluster. Les détenus se retrouvent à 50 dans une cour de promenade. On a des mouvements perpétuels. Le contact entre détenus n'est pas proscrit au même titre que le contact entre surveillants. Vu leur rapport à la loi, les gestes barrière leurs passent bien au-dessus".

Le représentant syndical regrette également que les parloirs accueillent jusqu'à huit détenus. Mais pour les familles, limiter davantage les règles aura des effets néfastes. "Les mesures de protection au parloir sont invivables. Il y a des vitres, on a l'impression d'aller voir des animaux au zoo", témoigne ce parent de détenu qui souhaite garder l'anonymat, "il y aura des séquelles mentales, c'est une torture psychologique pour eux".

En attendant les résultats des tests, les 11 détenus et leurs cas contacts ont été placés dans un quartier de la maison d'arrêt, à l'écart.

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