"Pendant le Covid, on a vu le pire et le meilleur" témoigne Roselyne Chassaing, de la Protection civile de la Loire

Devenir bénévole pour intégrer une association au sein de la Protection civile, c'est un engagement envers les autres. Le crédo de toute une vie pour Roselyne Chassaing, qui préside la Fédération de la Loire. Une femme exemplaire... au service de l'altruisme, dans "Vous êtes formidables".

« Les gens sont un peu moins altruistes » déplore Roselyne Chassaing, présidente de la Protection civile de la Loire depuis de nombreuses années, pour expliquer la baisse du nombre de volontaires souhaitant devenir bénévole, au service de la sécurité et de la santé des autres.

« Mine de rien, quand on y vient, on s’engage. On promet d’être présent sur un poste. Et puis, au moment où on les appelle, certains préfèrent annuler leur engagement citoyen et privilégier leur vie personnelle » témoigne-t-elle. Une déception compensée par la popularité de son activité. « Quand on nous voit arriver, les gens sont hyper contents. Ils nous le disent ! Si vous n’étiez pas là… »

32 000 bénévoles dans toute la France

La Protection civile existe en France depuis plus 50 ans, à l’initiative du Général de Gaulle en 1965. « L’idée était de permettre à des civils d’entrer dans la maille de secours et partager leur savoir-faire », rappelle notre interlocutrice. Contrairement à la Sécurité civile, qui dépend de l’Etat, elle fédère 99 associations, soit un immense réseau de 32 000 bénévoles. Ses missions sont diverses : faire de la formation, assurer des postes de secours sur les grands événements, et porter assistance quand c’est nécessaire.

« Il y a plein de jeunes qui s’engagent. Malheureusement, ils ne restent pas. Avec leurs études, c’est compliqué. Mais on voit beaucoup de bonnes volontés » Mais il faut reconnaître que bon nombre de volontaires décrochent assez vite. « Ils nous disent qu’ils ne s’imaginaient pas que c’était un engagement aussi rigoureux, pointilleux, et qu’on allait aussi loin dans le secours. »

Alors que la crise du Covid semble s’éloigner doucement, Roselyne tire un bilan mitigé de cette période de tension. « Je crois qu’il y a eu deux volets dans cette crise. On a d’abord vu le pire dont l’humain est capable. J’ai vu de l’égoïsme, des sarcasmes. Ce n’était pas très beau à voir » regrette-t-elle « Mais il y a eu aussi des gens solidaires, prêts à monter au créneau, à proposer de l’aide. Notamment pour les personnes âgées qui étaient seules chez elles » se rassure cette bénévole expérimentée.

Une vie entière au service de la "Protec"

Roselyne Chassaing est une femme engagée et volontaire. Elle a rejoint la « protec’ », comme elle dit, en 1986. « A l’époque, il n’y avait pas de femmes chez les pompiers. Ça n’existait pas. Moi je voulais en devenir une. J’ai fait partie de celles qui ont un peu bousculé les habitudes. J’ai donc décidé de passer mon brevet de secourisme » se souvient-elle.

Autour d’elle, toute la famille participe à l’aventure de la protection civile. Ses deux enfants notamment « font partie de cet univers depuis leur naissance. Lorsqu’étais enceinte, je faisais de la formation ». Son mari est également équipier secouriste à ses côtés. « C’est au-delà de l’engagement. C’est une façon de vivre. »

durée de la vidéo: 02 min 30
Formation express autour des secours avec Roselyne Chassaing, présidente de la protection civile de la Loire

Il faut dire que le sens du défi est omniprésent dans son histoire. « J’ai rencontré mon mari à Orange un 30 avril, jour de la fête de la Légion, alors que j’étais officier marinier dans la réserve militaire » précise-t-elle avec émotion. « Mais c’est à Notre-Dame-de-Paris qu’il m’a demandé en mariage. Mais avant, il m’a fait monter les 400 marches !» plaisante-t-elle. « Bien sûr, j’ai dit oui ».

Décrocher... ou pas 

Aujourd’hui, cette battante a décidé, à son tour, de s’occuper un peu plus d’elle-même. « Pendant des années, j’ai tout donné à la Protection civile. J’ai laissé plein de choses sur le bord de la route. Je ne regrette rien, car j’ai donné de bon cœur. Mais, avec le recul, je me dis que j’aurais dû, tout de même, préserver une part de vie privée » avoue Roselyne.

A la question « Si on vous offrait, aujourd’hui, une belle retraite sur une île paradisiaque, seriez-vous prête à abandonner la Protection civile ? ». Elle hésite… Mais, très vite, le naturel reprend le dessus. « Je pense que je pourrais monter une Protection civile sur votre île… » On ne se refait pas.

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