VIDEO. D'une friche industrielle à l'un des plus grands théâtres, découvrez la Comédie de Saint-Etienne

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Centre dramatique national et École supérieur d'art dramatique, La Comédie de Saint-Etienne est bien connue des amoureux du théâtre. Découvrez ce bâtiment mêlant passé industriel et renouveau théâtral. ©Emilie MECHENIN / Mathis MERLEN / Lise-Marie SAGE

Entre le fer d'un bâtiment industriel datant du début du 20ᵉ siècle et les planches d'un théâtre créé en 1947, la Comédie de Saint-Etienne fait partie des grandes salles de théâtre nationale. Chaque saison, le lieu accueille 45 000 spectateurs dans un bâtiment aux dimensions industrielles.

Dans la nuit stéphanoise, le bâtiment est immanquable. Sur le fronton, le nom du théâtre s'écrit en lettres rouges lumineuses et la grande salle se transforme en lanterne blanche géante visible depuis les hauteurs de la ville.

Ancienne usine, théâtre nouveau

Depuis 2017, la Comédie de Saint-Etienne a pris ses quartiers place Jean Dasté, près du Zénith et du Stade Geoffroy Guichard. Au siècle dernier, on trouvait ici des industries métallurgiques, le bâtiment, où se trouve aujourd'hui le Centre dramatique national, appartenait à la S.S.C.M (Société Stéphanoise de Construction Mécanique). Ici, les ouvriers fabriquaient le matériel nécessaire à l'extraction du charbon dans la mine, jusqu'à la mise en liquidation judiciaire en 2004.

On trouve encore des traces de ce passé industriel dans la structure même du bâtiment. Dès l'entrée dans l'immense hall du théâtre, il suffit de lever la tête pour se plonger dans le passé. Au-dessus du vide, des ponts roulants de l'ancienne usine ont été placés pour servir de passerelles aux équipes techniques. "C'est du fer très, très vieux, plus que nous, sourit Thomas Chazalon, régisseur général de la Comédie. À Saint-Etienne, nous sommes très attachés au patrimoine et à notre histoire. Avoir cette partie ancienne, qui rappelle d'où on vient, ça nous touche."

Un des plus grands plateaux de France

Pour trouver un autre indice de ce passé, il suffit de pousser les portes de "La Stéphanoise", une salle de 300 places. "On a des murs en mâchefer visibles, montre le régisseur. Le mâchefer ce sont les résidus du travail des mines. En brûlant une partie des "poubelles de la mine" on faisait des bâtiments."

Un bâtiment neuf a été ajouté à l'ancienne usine pour accueillir la salle Jean Dasté : 700 places. Les soirs de représentations, ses façades extérieures et son toit s'éclairent, formant "la lanterne" de la Comédie. "On a un des plus grands plateaux de France : 25 mètres de mur à mur, 16 mètres de profondeur, 18 mètres sous le gril [NDLR: la structure qui porte le matériel technique comme les projecteurs], on a un très bel équipement qui permet d'accueillir de grands spectacles", souligne avec fierté Thomas Chazalon.

Costume, décors, comédiens : circuit court

Le déménagement de la Comédie du centre-ville à l'ancien quartier industriel en 2017, a permis de rassembler sous le même toit les scènes, l'administration, les équipes de créations des décors et des costumes, mais aussi l'École supérieure d'art dramatique, qui forme les futurs comédiens.

En plus des deux salles de spectacle, le bâtiment compte deux studios de 100 mètres carrés et une salle de répétition presque aussi grande que le plateau de la Salle Jean Dasté. Le lieu accueille aussi bien des pièces déjà montées dans d'autres théâtres, que des créations originales faites sur place. Une production de pièces rendues possibles par les équipes techniques pouvant fabriquer costumes et décors sur-mesure et surtout sur place.

"Une utopie qui s'est réalisée"

La Comédie est l'héritière d'une volonté de décentralisation du théâtre entamée après la Seconde Guerre mondiale. Jean Dasté, comédien et metteur en scène, fonde en 1947 à Saint-Etienne l'un des premiers centres dramatiques nationaux.

Les débuts de la troupe se font sur les routes, sans salle fixe, ils vont apporter le théâtre sur les places de villages et de villes." En 1947 et 1948, dans le public, on voit les mineurs sortants du travail, décrit Benoît Lambert, actuel directeur de la Comédie. C'était une utopie concrète et qui s'est réalisée : proposer du théâtre aux gens là où ils vivaient.

Si aujourd'hui, la Comédie s'épanouit dans un immense bâtiment, sept ans après son installation, elle rêve déjà de pousser les murs. L'école accueillant plus d'élèves, il faudrait davantage d'espace pour leur permettre de répéter. Indice d'une vitalité artistique renouvelée dans un quartier marqué par la désindustrialisation, faisant passer le lieu de l'ombre à la lumière.

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