Voitures brûlées à Rive-de-Gier : quatre personnes interpellées dont un mineur de 17 ans

Une vingtaine de voitures ont été incendiées dans la nuit du 25 au 26 février 2023 à Rive-de-Gier, dans la Loire. Après un mois d'enquête, les policiers ont interpellé quatre jeunes hommes dont un mineur. Ils seront jugés en mai prochain.

Une vingtaine de voitures vandalisées, dont une douzaine en cendres. Dans la nuit du 25 au 26 février 2023, les habitants de Rive-de-Gier ont assisté à un triste spectacle, d'abord rue de Plaisance, puis dans l'impasse Léon Marrel.

Au total, deux départs de feu, 6 voitures brûlées et 5 autres vandalisées ont été recensés dans la rue de Plaisance. Un mois après son ouverture, l'enquête s'est achevée par l'interpellation de 4 jeunes. David Charmatz, procureur de la République, s'est exprimé dimanche 26 mars par communiqué. Il se félicite d'une instruction "efficacement menée par le commissariat de Saint-Chamond sous le contrôle et la direction du parquet".

4 personnes interpellées 

"L’enquête de voisinage couplée à l’exploitation de la vidéoprotection révélait la présence sur les lieux de deux individus qui descendaient d’une Peugeot 307, laquelle se stationnait plus loin et dont le chauffeur et le passager avant sortaient à leur tour et faisaient le guet avant de reprendre rapidement en charge les deux premiers individus qui revenaient en courant, et de prendre la fuite", détaille le procureur dans le communiqué. 

Au volant du véhicule, un jeune de La Ricamarie âgé de 18 ans est alors identifié. Les policiers remontent également la piste du passager, un mineur de 17 ans. Interpellés le 21 mars dernier, tous deux avouent avoir fait le taxi entre Saint-Etienne et Rive-de-Gier pour conduire les deux incendiaires présumés jusqu'au lieu du délit.

Les descriptions données et l'étude téléphonique permettent ensuite d'identifier les incendiaires qui, se sentant recherchés, se présentent au commissariat dans l'après-midi du 22 mars. Ils étaient déjà connus des services de police puisqu'ils "venaient d’être condamnés ensemble et avec d’autres mis en cause, le 20 février 2023, pour des vols en réunion."

Un faux incendiaire 

Mais l'un des deux incendiaires présumés n'en est pas un. Après plusieurs vérifications, les enquêteurs comprennent que l'un des deux individus n'a absolument pas participé aux faits.

"Il cherchait à en assumer la responsabilité à la place d’un des incendiaires, pour le protéger, au motif que celui-ci aurait agi ainsi pour lui rendre service car il aurait eu un litige avec le propriétaire d’un des véhicules calcinés", indique le procureur. Le menteur est alors relâché, le véritable coupable incarcéré le 23 mars à la suite d'aveux.  

Le conducteur et le passager ne sont pas pour autant écartés de tout soupçon. Le vendredi 24 mars, ils sont de nouveaux placés en garde à vue afin d'établir leur niveau de complicité dans cette affaire. S'il nie tout connaissance du projet, le conducteur de la Peugeot 307 était en relation avec l'incendiaire, avec qui il échangeait des messages quelques jours auparavant, afin de préparer l'infraction. Pour ce qui est du mobile, il reste pour le moment inconnu. 

Détention provisoire pour le plus âgé

Les quatre jeunes sont finalement déférés par le parquet de Saint-Etienne le vendredi 24 mars. L'aîné, âgé de 22 ans, déjà condamné à 5 reprises, est placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de La Talaudière. Les deux autres majeurs de 18 et 19 ans sont, eux, sous contrôle judicaire. 

"Ces 3 prévenus majeurs répondront de leurs actes le 17 mai prochain dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate différée qui permettra, d’ici là, de les soumettre à une expertise psychiatrique, ce qui est obligatoire en cas de poursuites pour dégradations par incendie ou moyen dangereux", détaille le procureur. Le passager mineur bénéficie d'une mesure éducative et sera jugé le 22 mai prochain. 

Les victimes ont quant à elles "été informées de ces audiences. Elles disposeront donc du temps nécessaire avant ces audiences pour apporter la preuve et évaluer leurs préjudices et demander à être indemnisées, en se constituant parties civiles", conclut le procureur.