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A Lourdes, les évêques demandent pardon pour un “long silence coupable”

Lourdes accueille l'assemblée plénière des évêques jusqu'au 8 novembre. / © MaxPPP
Lourdes accueille l'assemblée plénière des évêques jusqu'au 8 novembre. / © MaxPPP

Réunis à Lourdes, les évêques de France ont solennellement demandé pardon, ce lundi 7 novembre, pour le "trop long silence coupable"
de l'Eglise face aux abus sexuels commis par des prêtres. A la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, une messe a été présidée par le cardinal André Vingt-Trois.

Par Isabelle Gonzalez

"Nous avons manqué de miséricorde (...), nous n'avons pas assez écouté ces victimes comme elles l'attendaient, (...), nous avons manqué de courage pour prendre les mesures qui s'imposaient", a dit l'archevêque de Paris au moment de la préparation pénitentielle.
La journée revêt une dimension particulière en France, dont l'Eglise est touchée par des révélations en chaîne d'affaires de pédophilie ou d'abus sexuels impliquant des prêtres. L'emblématique affaire du père Bernard Preynat, prêtre lyonnais soupçonné d'avoir abusé de près de 70 jeunes scouts, a fortement terni l'image du cardinal Philippe Barbarin. Depuis, l'enquête pour non-dénonciation visant le primat des Gaules a été classée sans suite. 

Comment "réparer tout cela?" 

Symboliquement, c'est le responsable de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie (CPLP) de l'épiscopat, Mgr Luc Crepy, qui a prononcé l'homélie (sermon) de la messe de ce lundi. "Oui, il nous faut oser regarder en face les scandales du péché qui atteignent
l'Eglise toute entière. Oui, il nous faut sortir du trop long silence coupable de l'Eglise et de la société et entendre les souffrances des victimes: les actes pédophiles, ces crimes si graves, brisent l'innocence et l'intégrité d'enfants et de jeunes. Oui, il nous faut oser prendre tous les moyens pour que la Maison Eglise devienne un lieu sûr", a-t-il dit.

A la sortie de la basilique, le cardinal Barbarin s'est dit "heureux" de ce temps de prière et de pénitence partagé entre évêques.
"Jusqu'à hier encore, ici à Lourdes, j'ai parlé avec des victimes longuement. A chaque fois que je parle avec eux, ça me touche en profondeur (...) et je me dis comment est-ce que de telles blessures peuvent être guéries? Comment est-ce qu'on va pouvoir réparer tout cela? Donc on a besoin de leur collaboration. Beaucoup acceptent de parler", a répondu l'archevêque de Lyon à la presse qui l'interrogeait.
En fin d'après-midi, Mgr Crepy fera un point d'étape devant ses pairs réunis dans l'hémicycle Sainte-Bernadette sur les mesures engagées ces derniers mois, avec notamment la mise en oeuvre de dispositifs d'accueil et d'écoute des victimes couvrant désormais tout le territoire français. Puis les vêpres du jour seront "solennisées", marquées par la lecture de paroles de victimes.
L'association La Parole libérée, à l'origine de l'affaire lyonnaise, reste perplexe. "Le temps de prière, les cellules d'écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s'il n'y pas de volonté de l'Eglise derrière, c'est insuffisant", estime son président, François Devaux.


A Sainte-Foy-lès-Lyon, une messe sera dite à 19 heures, dans la paroisse où a officié le père Preynat  et  nous serons en direct dans notre édition de fin de journée pour suivre cette célébration. Il est prévu que 70 bougies, correspondant au nombre potentiel des victimes du prêtre lyonnais,soient allumées.

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