Lutte contre le cyberharcèlement : les 3 conseils d'un spécialiste en cybercriminalité

Gilles Porte est officier de police judiciaire à Clermont-Ferrand spécialisé en cybercriminalité.
Gilles Porte est officier de police judiciaire à Clermont-Ferrand spécialisé en cybercriminalité.

Signalement aux plateformes, plaintes, protection des données personnelles, Gilles Porte est officier de police judiciaire spécialisé en cybercriminalité. Il était l’invité de l'Interview du Jeudi sur France 3 Auvergne. 
 

Par Marie Morin

Gilles Porte est officier de Police Judiciaire à Clermont-Ferrand au sein de la Brigade de protection des familles en tant qu’enquêteur spécialisé en cybercriminalité. Son travail consiste à rechercher des preuves et des indices dans les ordinateurs et les téléphones portables saisis au cours des enquêtes. Il est également chargé des enquêtes concernant les infractions directement liées aux nouvelles technologies comme les piratages informatiques, les escroqueries sur Internet ou le cyberharcèlement. Nous lui avons donné la parole pour glaner quelques conseils à l'attention des plus jeunes, pour les aider à se prémunir des dangers du web.   

 Mettre en place des systèmes de protection

Gilles Porte: "Avant les réseaux sociaux, le harcèlement entre ados s’arrêtait quand on quittait l’école. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, le harcèlement continue au-delà de l’école et se poursuit jusqu’à la maison, jusque dans la chambre. Donc il faut absolument mettre en place avec les adultes des systèmes de protection pour pouvoir prévenir ces situations et faire en sorte de détecter ces harcèlements parce qu’ils peuvent rapidement déboucher sur des situations catastrophiques."
 

Mettre en perspective les réseaux sociaux et la vie réelle

Gilles Porte: "Le souci c’est que les enfants et les adolescents n’arrivent pas à prendre de recul par rapport à leur image, par rapport à la réalité. Le fait qu’ils passent beaucoup de temps dessus fait qu’au bout d’un moment ça devient leur vie réelle. Du coup, ils ont beaucoup de difficultés à accepter d’être mis à l’écart d’un compte instagram ou snapchat ou le fait d’être banni d’un groupe de discussion.
Il ne faut pas diaboliser les réseaux sociaux. Ce sont des outils qui peuvent être intéressants, qui peuvent valoir le coup pour trouver du travail, pour communiquer, pour ne pas être seul, pour être moins éloigné de sa famille… mais il faut leur donner la capacité de les mettre en perspective avec leur vie réelle et qu’ils s’en servent comme d’un outil… pas comme d’un piège dans lequel ils se retrouvent prisonnier de leur image."
 

Parler et signaler toutes situation qui dérape

Gilles Porte: "La première chose à faire, si ça se passe à l’école, au collège, au lycée, c’est de voir les adultes référents de l’établissement scolaire. En parler à ses parents bien sûr, mais quelques fois à l’adolescence, ce ne sont pas les personnes avec lesquelles on communique le mieux. On peut aussi faire un signalement sur signalement.gouv.fr par exemple qui est un site institutionnel. Si une infraction pénale est détectée, comme un harcèlement, à ce moment-là on fera une enquête".
Pour rappel, en France il est interdit de diffuser des images qui ont été captées dans l’intimité que ce soit avec ou sans le consentement de la personne. Il est aussi interdit, dans des lieux privés, de capter des images à l’insu de la personne.


"Malgré tout, les générations d’aujourd’hui sont nées avec les réseaux sociaux. Et si elles n’y sont pas confrontées trop jeunes, elles arrivent bien à les appréhender avec un comportement plus responsable. Et les jeunes s’en sortent plutôt pas mal"
 
L'Interview du Jeudi - Gilles Porte

 

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