Pour mieux se rendre compte de la pollution de l'air, des microcapteurs seront bientôt testés à Grenoble

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Air Rhône-Alpes étudie la mise en place d'un système de prêt de microcapteurs à destination des citoyens. Une trentaine d'habitants de l'agglomération grenobloise les essaieront cet automne. Le but est de rendre la pollution "visible" et "concrète". 

Par FG avec AFP

Ces microcapteurs de pollution de l'air sont en fait des boîtiers bourrés d'électronique qui tiennent dans la paume d'une main. Ils donnent une idée assez précise de la nature de l'air qu'on respire à un instant T.

Reportage Nathalie Rapuc, Didier Albrand, Françoise Bernard:
Projet installation de capteur de pollution
Intervenants: Camille Rieux, Référent territorial Air Rhône-Alpes; Stéphane La Branche, Sociologue Sciences Po Grenoble; Sarah Duché, Enseignante chercheuse à l'Institut de géographie alpine


Moins performants que les gros analyseurs de particules, ces microcapteurs présentent l'avantage de pouvoir être portés en permanence sur soi, en bandoulière ou accrochés au guidon de son vélo par exemple.

"En rendant accessibles, visualisables et en temps réel les données de pollution à tous, on facilite la possibilité de se sentir plus concerné par son exposition individuelle", note Sarah Duché, enseignante-chercheuse à l'Institut de géographie alpine (Université Grenoble Alpes). "L'idée, c'est de faire prendre conscience aux gens que ce n'est pas pour les embêter qu'on leur demande de moins prendre leur voiture", ajoute-t-elle.

Il y a un enjeu à ce que les citoyens s'approprient la question

Air Rhône-Alpes devrait donc tester ces "outils" à Grenoble et les "cobayes" qui les porteront, verront leur comportement analysé.

Éviter les grands boulevards pour le jogging, couper la ventilation dans un embouteillage, limiter les feux de bois à foyer ouvert ou même opter pour le vélo et le bus: les pistes de changement sont aujourd'hui nombreuses pour lutter contre la pollution, mais pour cela il faut avoir conscience de l'air que l'on respire. 
 
"Le but est de rendre la pollution visible et concrète. Il y a un enjeu à ce que les citoyens s'approprient la question et modifient leur comportement. Les leviers sont entre leurs mains", estime Camille Rieux, référent territorial Isère chez Air Rhône-Alpes.

En termes de santé publique, l'enjeu est de taille car la pollution de l'air est à l'origine de 42.000 morts prématurées par an en France, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et entraîne chaque année une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le Commissariat général au développement durable évalue les seuls coûts sanitaires de la pollution de l'air entre 0,9 et 1,8 milliard d'euros par an.

Le ressenti de la pollution

Sarah Duché, enseignante-chercheuse de Grenoble a fait une thèse sur "la pollution de l'air en région parisienne", et c'est là que la jeune femme a pu constater que les touristes se trompaient souvent quant à leur degré d'exposition à la pollution dans la capitale.

Même avec les indices de pollution de l'air, "on a une idée de ce à quoi on est exposé si on ne bouge pas trop. Mais au niveau individuel, on ne sait pas exactement à quoi on est réellement exposé, notamment lors de nos déplacements", pointe-t-elle.

Or la concentration de certains polluants (comme le dioxyde d'azote) peut varier fortement selon qu'on s'approche ou qu'on s'éloigne d'un axe routier, qu'on est coincé dans un embouteillage ou qu'on se déplace à vélo dans une rue peu fréquentée.

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