Mois sans tabac : "La cigarette électronique n'est pas une fin en soi"

À l’occasion du mois sans tabac, organisé en novembre, de plus en plus de personnes qui veulent arrêter de fumer, passe par la cigarette électronique. En 2020, 37,4 % des 18-75 ans ont déclaré avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, selon une étude de Santé publique France.

Au lancement du mois sans tabac, au début du mois de novembre 2021, ils étaient déjà 52 000 inscrits. En 2020, 125 000 personnes ont participé. Parmi les méthodes utilisées par les fumeurs pour arrêter le tabac, il y a d’abord le recours à la cigarette électronique. Viennent ensuite les substituts nicotiniques, comme les patchs et les gommes ; et enfin les consultations chez un médecin.

Plus de jeunes utilisent la cigarette électronique

« C’est un produit qui s’est démocratisé ces dernières années. Les gens sont de plus en plus informés par rapport à la santé », évoque une responsable d'un magasin de cigarettes électroniques à Moulins, dans l'Allier. « La plupart des personnes qui se tournent vers la cigarette électronique ont déjà tout essayé pour arrêter de fumer, ajoute Pierre-François Rougeyron, responsable d’un autre magasin de cigarettes électroniques, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Ce qui a évolué, c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes entre 19 et 24 ans qui veulent arrêter le tabac et qui se tournent vers la cigarette électronique ».

"La cigarette électronique est un outil qui est beaucoup moins dangereux que le tabac"

Pour le docteur Audrey Schmitt-Dischamp, praticien hospitalier, psychiatre et addictologue au CHU Gabriel Montpied, à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, il faut traiter la dépendance et apaiser le manque par un substitut nicotinique. « On ne proposera pas la cigarette électronique en première intention, évoque le médecin. Mais c’est un outil très intéressant. Quand des patients viennent nous trouver et utilisent déjà une cigarette électronique, on ne va pas les décourager, au contraire. La cigarette électronique est un outil qui est beaucoup moins dangereux que le tabac. Il n’y a pas de monoxyde de carbone, il n’y a pas d’agents cancérigènes qu’on retrouve dans la cigarette. Le problème, c’est quand ils utilisent la cigarette électronique et qu’ils sont aussi fumeurs. Là, on essaye de voir avec eux ce qu’on peut faire pour qu’ils abandonnent les cigarettes. On peut alors leur proposer en plus de la cigarette électronique, un substitut nicotinique ».

"La cigarette électronique n’est pas une fin en soi"

Le docteur Audrey Schmitt-Dischamp apporte une limite. « La cigarette électronique n’est pas une fin en soi et le but n’est pas d’encourager les gens à l’utiliser. Il faut être prudent on peut avoir une dépendance à la nicotine avec la cigarette électronique ».

Selon une étude publiée en 2019 par Santé publique France, 700 000 fumeurs ont décroché grâce à la cigarette électronique entre 2010 et 2017. La part de fumeurs quotidiens a été divisée par deux chez les utilisateurs de e-cigarette. 80 % des vapoteurs encore fumeurs ont réduit leur consommation de cigarettes. 

Pour vous aider à arrêter de fumer, n'hésitez pas à consulter le site internet du mois sans tabac.

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