Moulins et Issoire, deux exemples pour lutter contre la désertification des centres-villes

Le phénomène de désertification des centres-villes existe dans toute la France. Particulièrement dans les villes moyennes, entre 10 et 100.000 habitants. / © France 3 Auvergne
Le phénomène de désertification des centres-villes existe dans toute la France. Particulièrement dans les villes moyennes, entre 10 et 100.000 habitants. / © France 3 Auvergne

Comment lutter contre la désertification du centre-ville ? Depuis 30 ans, c'est une tendance lourde dans les villes moyennes qui perdent leurs commerces au profit de zones périphériques toujours plus importantes. Certaines municipalités ont décidé de réagir comme à Moulins et Issoire.

Par MT avec Laurent Pastural

Ce phénomène existe dans toute la France. Et particulièrement dans les villes moyennes, entre 10 et 100.000 habitants. Alors que les zones commerciales en périphérie ne cessent de s'étendre, le taux de vacance en centre-ville (le pourcentage de commerces inoccupés) ne cesse lui d'augmenter et ce depuis plusieurs années. En 2001 ce taux de vacance était de 6,1%. Il atteignait 10, 4% en 2015.

En Auvergne en 2016, ce taux de vacance dépassait même 15% dans les villes de Vichy, Moulins et le Puy-en-Velay. Face à cette désertification progressive, des villes se mobilisent et tente d'enrayer le phénomène. C'est le cas à Moulins ou d'Issoire.

Depuis un an, la sous-préfecture du Puy-de-Dôme, 14.000 habitants, a mis en place dans quelques rues du centre-ville ancien, l'opération "Ma première boutique". Une aide à l'installation dont a bénéficié Jacqueline Nauguet : "Je ne me vois pas avec cette activité en galerie commerciale. L'emplacement, la rue piétonne, se promener, n'existe plus. J'ai eu des touristes qui sont venus et qui étaient ravis parce que cela n'existe plus ce concept de petites boutiques où l'on prend le temps de parler, de conseiller. On fait de l'humain."


Causes multiples


Et pourtant dans beaucoup de villes moyennes le centre-ville traverse depuis des années une crise structurelle aux causes multiples.

"On a eu un développement sauvage des centres commerciaux au périphérie de ville. On a eu aussi des services publics, des maisons médicales qui ont quittés le centre-ville. Et le commerce, c'est le flux", explique Thierry Miard, vice-président en charge du commerce CCI de l'Allier.

Manager de centre-ville


Pour ramener du flux et des commerces au cœur de Moulins, dont l'agglomération compte 60.000 habitants, la municipalité a choisi une voie originale en embauchant en février dernier un manager de centre-ville. Parmi les faits d'armes de ce manager d'un nouveau type, l'arrivée d'une grande chaine de vêtements de sport place d'Allier.

Le local était vacant depuis plus de trois mois. L'enseigne a bénéficié d'une subvention de 10.000 euros pour s'installer dans le centre de Moulins. Une aide sans doute nécessaire car l'autre phénomène typiquement français, c'est le poids des commerces de périphérie dans la consommation des ménages. En Allemagne, un tiers des achats se fait en centre-ville un autre tiers en périphérie. En France, seulement 25 % du commerce se fait en centre-ville contre 62 % en périphérie.

Deux modèles qui fonctionnent


Pour amener d'autres acteurs en centre-ville, la municipalité d'Issoire a donc choisi de les aider à ouvrir leur première boutique. Pendant un an, la ville prend en charge la moitié du loyer. Avec ce dispositif innovant, la ville d'Issoire sert désormais de modèle.

À Moulins, depuis l'arrivée de son manager, le déclin du centre-ville a visiblement été enrayé. Ici comme ailleurs en France, le combat n'est peut-être pas définitivement perdu. Signe de ce possible retour en grâce des centres-villes, la désaffection gagne désormais la périphérie. Ces trois dernières années le taux de vacance des centre-commerciaux a ainsi été multiplié par deux.

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