Municipales 2020 : abstention, coronavirus... Ce qu'il faut retenir du 1er tour en Isère, Savoie et Haute-Savoie

Le scrutin du 15 mars a été perturbé par l'épidémie de coronavirus en France. Photo d'illustration. / © Franck Medan/Wostok Press / MAXPPP
Le scrutin du 15 mars a été perturbé par l'épidémie de coronavirus en France. Photo d'illustration. / © Franck Medan/Wostok Press / MAXPPP

Abstention, poussée écologiste, principaux résultats... France 3 Alpes vous résume les principales informations à retenir à l'issue du 1er tour des élections municipales en Isère, Savoie et Haute-Savoie.

Par M.D.

Le premier tour des élections municipales se jouait ce dimanche 15 mars, marqué par la rapide propagation du coronavirus Covid-19 en France et la faible mobilisation des électeurs. Le pays vivait son premier jour au ralenti après la fermeture de ses commerces non "indispensables", suite à l'allocution du Premier ministre Edouard Philippe.

Et la crainte du coronavirus s'est faite ressentir dans la mobilisation aux urnes. Abstention, poussée écologiste, principaux résultats... Voici ce qu'il faut retenir du 1er tour des municipales dans les Alpes du nord, en Isère, Savoie et Haute-Savoie.

 

Abstention historique


Jamais aussi peu d'électeurs ne se sont déplacés pour désigner leur maire. A l'échelle du pays, l'abstention est évaluée entre 53,5 et 56 % par les instituts de sondage. On estime donc que plus d’un Français sur deux a boudé les bureaux de votes dimanche par peur du Covid-19, malgré les mesures d'hygiène qui y étaient imposées.
 

Et dans les Alpes, c'est pire. La participation va de 33,22% en Haute-Savoie à 43,27% enregistrés à 17 heures en Savoie, département qui affiche la plus grande mobilisation. Alors que l'abstention avait déjà franchi un cap lors du précédent scrutin municipal en 2014, ces nouvelles élections atteignent un seuil historique. La mobilisation serait en chute de près de 20 points depuis les dernières municipales.

 

Piolle, Dantin et Rigaut en tête


Les trois grandes villes des Alpes du nord ont placé leur maire sortant en tête du 1er tour, mais pas toujours haut-la-main. La grosse surprise vient d'Annecy où Jean-Luc Rigaut, en première position avec 28,39% des voix, est talonné par le candidat divers gauche François Astorg, enregistrant 27,87% des suffrages.

"Ca fait 45 ans que ce n'est pas arrivé. Nous n'avons jamais été aussi près de battre le maire sortant", s'est enthousiasmé M. Astorg à l'annonce des résultats partiels. Dans une ville historiquement de droite, un tel résultat est effectivement inhabituel.
 

De la même manière, à Grenoble comme à Chambéry, Eric Piolle et Michel Dantin ont profité de la prime au sortant. Les deux maires briguent un deuxième mandat et sont arrivés en tête du premier tour du scrutin. Dans la capitale des Alpes, l'écart est marqué : le maire écologiste devance le second candidat, Alain Carignon, de plus de 26 points, cumulant 46,7% des suffrages exprimés.
 

Les résultats sont moins nets à Chambéry où Michel Dantin obtient 27,38% des voix. Il est suivi de plus loin par Thierry Repentin (divers gauche - 22,63%) et Aurélie Le Meur (EELV - 22,46%). En général, "les maires sortants résistent plutôt bien, qu’ils soient de droite ou de gauche, comme à Paris où Anne Hidalgo semble bien placée", a analysé Brice Teinturier, directeur d’Ipsos auprès de Ouest-France.

 

La désillusion du Rassemblement national


Le parti de Marine Le Pen avait placé ses pions dans des villes stratégiques des Alpes du nord. Mais le RN n'a réussi de franche poussée dans aucun département. A Echirolles, en banlieue grenobloise où il nourrissait de grands espoirs, le candidat Alexis Jolly arrive en deuxième position au 1er tour, derrière le maire sortant.

A Annemasse, Annecy ou Cluse, c'est la douche froide. Aucune des listes RN ne s'y maintient au second tour, Vincent Lecaillon ayant récolté 8,75% des voix à Annecy et Kevin Chaleil-Dos Ramos, rentré dans la bataille des municipales dans les dernières semaines de campagne, obtient 9,66% des voix à Annemasse.
 

A Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) où Jordan Bardella avait tenu un meeting pour soutenir la candidate de son parti, l'écart est moins creusé. Marine Dauchy prend la troisième place du premier tour avec 14,91% des voix. Pourtant, en France, la plupart des maires RN, à l'instar de David Rachline, ont été réélus dès le premier tour.
 

"Je pense qu'aujourd'hui les élections municipales ont été évincées du dialogue médiatique à cause du coronavirus", a réagi le secrétaire départemental du RN en Savoie, Brice Bernard, auprès de France Bleu Pays de Savoie.

 

Poussée verte


La première grande ville écologiste de France, Grenoble, semble vouloir maintenir le cap, plaçant Eric Piolle largement en tête du premier tour. Et ses voisines font un pas vers le vert. Echirolles place son candidat écologiste Alban Rosa en troisième place à l'issue du premier tour, lui offrant un passeport pour le second.

Saint-Martin-d'Hères restera rouge au moins pour six ans de plus avec la réélection dès dimanche du maire sortant David Queiros. Mais là encore, la surprise vient des Verts qui se hissent en deuxième position avec 22,80% des suffrages.
 

Et toujours en banlieue grenobloise, le maire sortant à la tête de la liste écologiste "Eybens demain" est arrivé en tête du premier tour avec 36,69 % des suffrages exprimés. De bons résultats pour les écologistes donc, mais pas de raz-de-marée comme aux élections européennes.

Symbole de ces bons scores, la performance à Bordeaux du candidat EELV Pierre Hurmic qui arrive en tête du premier tour avec 35,9 % des voix, devançant le maire sortant Nicolas Florian (LR, 33,4 %), selon deux estimations. Même observation à Lyon où l’écologiste Doucet (29 %) devance largement Blanc (LR, 16,7 %) et Cucherat (LREM, 14,9).

 

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