Municipales 2020 : qui est Thierry Repentin, le nouveau maire de gauche de Chambéry ?

Thierry Repentin (DVG), allié à Aurélie Le Meur (EELV) a remporté le second tour des élections municipales de Chambéry avec 52,71 % des voix et succédera ainsi au maire sortant DVD Michel Dantin. Ses trois axes phares : la démocratie participative, la mobilité et la transition écologique.  
Thierry Repentin élu à Chambéry en Savoie
Thierry Repentin élu à Chambéry en Savoie © France 3 Alpes
Le maire sortant Michel Dantin (DVD) va devoir céder sa place à son adversaire Thierry Repentin, qui vient de remporter les élections municipales de Chambéry avec 52,71 % des voix. Arrivé en deuxième position à l’issue du premier tour, il avait conclu fin mai une alliance avec Aurélie Le Meur (EELV), qu’il n’avait devancée que de 22 voix lors du scrutin.
   

Spécialiste en matière de logement

Agé de 57 ans, Thierry Repentin est loin d’être novice en politique. Il est conseiller départementale de la Savoie depuis 1998 et conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016. Il a également été ministre à la formation professionnelle et à l’apprentissage puis délégué aux affaires européennes sous François Hollande et Sénateur de la Savoie à deux reprises.

La Savoyard, originaire de Saint-Jean-de-la-Porte, est diplômé de l'Institut d'études politiques de Grenoble. Il a débuté sa carrière politique en 1989, comme directeur de cabinet de Louis Besson à la mairie de Chambéry.
Thierry Repentin est spécialiste des questions de logement, il a notamment présidé le l’Union sociale pour l’habitat de 2008 à 2012. En 2009, il avait déclaré que la politique du logement devait être "refondée" dans un long entretien accordé au magazine le Moniteur.

Les trois axes de sa campagne

Il a bâti sa campagne municipale autour de trois axes phares : une démocratie plus participative, la métamorphose du plan de circulation et la transition écologique et solidaire. La ligne ferroviaire Lyon-Turin était aussi un des points essentiels de son programme.

Selon lui, le passage de cette ligne apporterait trois avantages significatifs à la commune savoyarde : la réduction du nombre de poids lourds dans le centre de Chambéry, une solution de transport alternative à l’autoroute. Le renforcement du "rôle de gare internationale" de Chambéry.

« Je suis un homme de gauche »

L’alliance entre les listes "Chambé Citoyenne" d’Aurélie Le Meur (EELV) et "Chambéry en commun" de Thierry Repentin a été officialisée un mois avant le deuxième tour, le 29 mai. Cette alliance est à la tête d'une liste très large et soutenue à la fois par le Parti communiste français et par l’UDI et elle avait quelque peu surpris tant il semblait y avoir des divergences entre les deux programmes. Aurélie Le Meur prend donc la place de première adjointe et toutes les autres places de la liste seront réparties également entre les deux listes qui fusionnent. Par ailleurs, l'ancien ministre socialiste avait appelé à voter pour LREM lors des Européennes de l’an dernier. De quoi brouiller un peu les cartes sur le positionnement politique de l’ancien ministre.

Mais sur le plateau de France 3 lors du débat de l’entre-deux tours, il avait déclaré sans hésitation : "Je suis un homme de gauche, l'écologie a toujours été une de mes préoccupations. Nous avons trouvé facilement un accord. Nous n'avions guère de divergences. (...) Ce sont d'ailleurs les Chambériens, qui par leur vote au 1er tour ont clairement signifié qu'ils voulaient une alternative, et que l'on travaille ensemble."

"Remettre du lien"

Au cours du débat de l’entre-deux tours, Thierry Repentin avait mis l’accent sur l’importance du lien entre les Chambériens et leur mairie. "Il faut réinventer cette notion de dialogue entre la population et l’exécutif municipal, expliquait-il. Notre objectif est de bâtir une culture de la participation citoyenne à Chambéry." Il reprochait notamment à son adversaire Michel Dantin d'utiliser "une méthode autoritaire et sans concertation". Dans son programme, l’homme politique assure vouloir "consacrer le premier conseil municipal du mandat au lancement des Assises de la démocratie locale."

D’autre part, un projet a cristallisé les oppositions en fin de campagne : celui de la construction du parking Ravet, à l’entrée de la ville. Là où le maire sortant Michel Dantin voit un "outil d’aménagement de la ville", une manière pour lui de "rendre la liberté aux piétons et reverdir le centre-ville", Thierry Repentin discerne le symbole de la politique menée par Michel Dantin : "Ce projet n’a pas été discuté, dialogué avec celles et ceux qui en seront les voisins ni avec celles et ceux qui empruntent la rue qui dessert le quartier Mérande, a-t-il reproché à son adversaire. Ce parking avait fait l’objet de contestations : il avait été occupé durant trois jours par des militants opposés à sa construction.

"L’environnement et la santé seront des priorités"

Lors du débat de l’entre-deux tours, Thierry Repentin avait affirmé que l'environnement et la santé seraient "ses priorités", qu'il fallait "mettre le paquet" sur la transition des transports, atteindre l'objectif zéro carbone, avant même les échéances fixées par la COP 21, et dans l'immédiat, offrir des repas 100% bio dans les cantines.

"Si notre programme sur ce point ne tenait pas la route, EELV ne nous aurait pas rejoints", avait assuré l'ancien ministre. Une manière de rappeler que c'est en tandem que la politique sera menée durant les six prochaines années.
 
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