Mystérieux assassinat de deux Congolais en Isère: le commanditaire est-il vraiment mort?

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Écrit par FG avec AFP

De gros doutes subsistent après l'annonce du décès de Benoît Chatel. Cet homme d'affaires belge avait été condamné par contumace, en 2015, à 20 ans de réclusion pour complicité d'assassinat de deux Congolais à Chasse-sur-Rhône.

Après un procès en son absence, un mandat d'arrêt international avait été lancé pour retrouver Benoît Chatel par la cour d'assises de l'Isère. En réponse, le parquet général de Grenoble a reçu un certificat de décès mexicain indiquant que l'homme recherché était mort d'un infarctus à Mexico le 14 juillet 2013. Un médecin mexicain aurait constaté le décès mais le certificat ne comportait ni le lieu ni la date de naissance, ni le nom des parents de Chatel. Il était seulement indiqué un âge (49 ans), une nationalité (congolais) et un domicile au Brésil. Le corps a été incinéré.

Du coup, depuis, la Justice de Grenoble a de sérieux doutes. 

Mystérieux assassinat

Benoît Chatel avait été condamné pour avoir été le commanditaire du mystérieux assassinat de deux Congolais dont les corps avaient été retrouvés carbonisés dans une voiture à Chasse-sur-Rhône (Isère), le 29 décembre 2000.

Les victimes étaient Philémon Naluhwindja, chef Maï Maï d'une tribu de la province du Kivu en République démocratique du Congo (RDC), et Aimé-Noël Atembina, conseiller militaire du gouvernement congolais à l'époque de Mobutu. Selon la thèse de l'accusation, Chatel aurait voulu éliminer ces "putschistes" supposés afin de protéger ses affaires en RDC.

D'autres mobiles ont toutefois été avancés, comme un trafic d'or ou d'uranium ou une barbouzerie. Benoit Chatel était en effet un informateur des services secrets français et congolais.

Après sa mise en examen, cet "indic" de l'office des stups n'avait cessé de voyager en dépit d'un contrôle judiciaire qui le lui interdisait. Arrêté en 2006 à Roissy, il avait déclaré aux juges disposer d'un passeport au nom de "Bernard Vidal", délivré par la préfecture de Paris.

La dernière trace qu'il a laissée est une photo d'avril 2012 le montrant en RDC aux côtés d'hommes d'affaires et d'un ancien ministre.
"Chatel est un type extrêmement doué pour la manipulation et l'escroquerie. Il est tout à fait apte à s'être inventé un décès confortable", a commenté Me Alain Fort, avocat d'un autre accusé, qui a été acquitté. Un autre suspect, l'Italien Domenico Cocco, 63 ans, doit être jugé la semaine prochaine pour les mêmes faits.