Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour "assassinat en lien avec une entreprise terroriste" après l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier

Le parquet de Paris a ordonné, ce mardi 30 juin, l'ouverture d'une information judiciaire relative au meurtre du chef d'entreprise et à l'attaque du site Air Products à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). 

##fr3r_https_disabled##C'est le procureur de Paris, François Molins, qui a annoncé l'ouverture de cet information judiciaire. Un juge d'instruction va donc procéder aux recherches pour permettre la manifestation de la vérité après l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier. Le chef "d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" a été retenu. 

Le parquet a également requis le placement en détention provisoire de l'auteur présumé des faits, Yassin Salhi, après sa présentation à un juge d'instruction en vue d'une mise en examen. 

Pour le procureur, l'attentat commis par Salhi est bien de nature terroriste et "correspond très exactement aux mots d'ordre de Daech", l'organisation Etat Islamique.

La tentative de faire exploser une usine chimique "ressemble à une opération martyr", a encore dit M. Molins lors d'un point de presse, estimant que ce caractère terroriste était ainsi établi, en dépit des affirmations du suspect selon lequel ses actions avaient une motivation personnelle.

Salhi a une "mémoire sélective"

La mise en scène de la décapitation et l'envoi de photos pour une éventuelle revendication, correspondent également aux actions de l'EI, a estimé le procureur. Il a précisé que Salhi était "visiblement régulièrement en relation" avec un Français parti en Syrie, "Younès", auquel il avait envoyé un selfie macabre pris avec la tête de son employeur, qu'il avait décapité avant son action dans l'usine chimique.

Il avait accroché la tête de sa victime au grillage de l'usine, entourée de drapeaux reproduisant la profession de foi musulmane, qu'il a dit avoir "achetés la veille" de l'attentat, a précisé M. Molins.

Le procureur a fait état d'un "témoignage indirect" selon lequel Younès aurait "demandé l'autorisation à l'EI de diffuser ces clichés".

Faisant preuve d'une "mémoire sélective", Salhi a assuré aux enquêteurs n'avoir aucun souvenir de la mise en scène macabre ni de l'envoi de la photo, selon le procureur. "Tout son comportement démontre que dès la veille au soir il avait conçu son projet criminel terroriste", a-t-il poursuivi.