Une première famille de migrants s'installe au Grand-Lemps, en Isère

Dans le cadre du "Plan migrants" européen, la France s'est engagée à accueillir sur 2 ans plus de 30.000 personnes fuyant les zones de guerre du Moyen-Orient et d'Afrique. En Isère, une première famille s'installe au Grand-Lemps. Le maire s'appuie sur un bel élan local de solidarité. 

Par Jean-Christophe Pain

La commune du Grand-Lemps s'est portée candidate dès l'automne dernier auprès de la Préfecture de l'Isère. Parallèlement, une quarantaine de volontaires parmi ses concitoyens se sont constitué en association tout exprès, "Le Grand-Lemps Solidaire". Pour accompagner cette famille, et d'abord rénover de fond en comble l'appartement vétuste mis à disposition par la commune, chacun y est allé de son savoir-faire. Des commerçants ont fait des dons de jouets et autres poussettes. Des artisans à la retraite ont réparé les meubles, les sanitaires. Un regroupement solidaire qui rassemble des habitants de tous métiers et toutes options politiques. En commun: des valeurs humaines. 

"Le Grand-Lemps Solidaire" accueille une universitaire, originaire du Nigéria, qui arrive avec ses deux enfants, âgés de 2 et 3 ans. Le papa serait actuellement en Libye. Dans l'attente de rejoindre les siens en France. Cette famille fuit les exactions du mouvement nigérian djihadiste terroriste Boko Haram, rebaptisé récemment "Etat Islamique en Afrique de l'Ouest", suite à son allégeance à Daech. C'est justement pour des raisons de sécurité que l'arrivée en Isère de cette première famille de réfugiés n'a pas été médiatisée.

Reportage Jean-Christophe Pain, Vincent Habran et Virginie Muamba
Une première famille de réfugiés en Isère
Intervenants : Didier Rambaud maire (PS) du Grand-Lemps, Michèle Forgue "Le Grand-Lemps solidaire", Anne Coste de Champéron secrétaire générale adjointe Préfecture de l'Isère, Roseline Vachetta Centre Information Inter Peuples

Cette famille fait partie des "migrants fuyant les zones de guerre"  au Moyen-Orient ou en Afrique, que la France s'est engagée à accueillir dans le cadre du Plan Migrants européen. Plus de 30 000 sur 2 ans, à partir de novembre 2015. Pour l'instant, la France semble bien loin de ces chiffres, et l'Isère est un peu en retard sur les autres départements. Etant donnée la crise du logement social qui sévit ici. Mis à part le Grand-Lemps, Pont-en-Royans, La Salle-en-Beaumont, Seyssins, Saint-Egrève et Eybens se sont également portées candidates pour héberger des réfugiés du Plan Migrants. 

Selon la Préfecture de l'Isère, tous les migrants répondant aux critères du dit Plan sont actuellement hébergés. Pas de liste d'attente en France. Mais dans les fameux "hot spot", "points de traitement avancés" des migrants, aux portes de l'Europe, en Grèce ou en Italie, ils sont bien sûr très nombreux à attendre le traitement de leur dossier, l'attribution du statut de réfugié politique. D'ailleurs, la Préfecture s'attend à un flux de plusieurs dizaines de réfugiés par mois en Isère. D'ici quelques semaines. 

Du côté des associations, le Centre d'Information Inter Peuples salue cet élan de solidarité. Mais l'effort ne peut s'arrêter là pour ces militants qui défendent à Grenoble depuis plus de 30 ans l'accueil "digne et solidaire" de tous les migrants, économiques comme politiques. Selon eux, des volontés particulières ne peuvent pas résoudre à elles seules le problème. Il faut ouvrir les frontières. En affirmant haut et fort que l'immigration est aussi une chance pour les pays hôtes.

Le CIIP propose une conférence sur la situation au Moyen-Orient le 17 juin à la Maison des Habitants du quartier Chorier-Berriat à Grenoble. Pour éclairer le public, un expert de la question, Gilbert Achcar, chercheur franco-libanais professeur à la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres.

Et pour mieux comprendre la fameuse "crise des migrants", prenez le temps de parcourir l'énorme travail documentaire réalisé par les Décodeurs du Monde. 

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