Affaire Wissam El-Yamni : « L’instruction redémarre » à Clermont-Ferrand

Mercredi 15 juillet, la chambre de l’instruction de Riom, près de Clermont-Ferrand, a rendu un arrêt dans le cadre de l’affaire Wissam El-Yamni, décédé en 2012, 9 jours après son interpellation. Les policiers pourront être à nouveau entendus, en présence des avocats de la famille.
 

Wissam El Yamni est décédé en 2012, quelques jours après son interpellation par la police, à Clermont-Ferrand.
Wissam El Yamni est décédé en 2012, quelques jours après son interpellation par la police, à Clermont-Ferrand. © France 3 Auvergne
C’était une décision attendue depuis longtemps par les proches de Wissam El-Yamni, décédé en 2012. Mercredi 15 juillet, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Riom, près de Clermont-Ferrand, a rendu un arrêt. Wissam El-Yamni, chauffeur routier de 30 ans avait été interpellé par la police la nuit du 31 décembre 2011 à Clermont-Ferrand alors qu’il avait caillassé une voiture de police. Tombé dans le coma, il était ensuite décédé le 9 janvier 2012. A ce jour, plusieurs expertises médicales aux résultats contradictoires ont été menées et des zones d’ombres persistent sur les circonstances de son décès.

De nouvelles auditions

La chambre de l’instruction a rejeté une partie des demandes des avocats de la famille El-Yamni, qui concernait l’audition de 3 nouveaux témoins, en garde à vue, au même moment que Wissam El-Yamni. Mais elle a accepté que les policiers soient auditionnés à nouveau, en présence des avocats de la famille. Maître Jean-Louis Borie, l’un des avocats de la famille El-Yamni, explique : « Cela va permettre au moins une reprise de l’information et cela va nous permettre éventuellement de formuler d’autres demandes d’actes. C’est une bonne nouvelle en partie car la chambre de l’instruction a rejeté notre demande tendant à l’audition des jeunes dans le commissariat le soir des faits ». Il ajoute : « Cela permet au moins le redémarrage de l’instruction et c’est déjà ça. On pourra peut-être demander au juge un complément d’expertise pour vérifier si les gestes pratiqués par les policiers, au moment immédiat de l’interpellation, n’ont pas un rapport avec le décès ».

Une famille en colère

D’après l’avocat « La famille est en colère du fait qu’on n'ait pas voulu entendre les jeunes qui étaient dans le commissariat. En même temps, elle est aussi satisfaite que l’instruction redémarre. Il y a quand même une grande colère, notamment de la part de Farid, le frère de Wissam El-Yamni : on veut bien réentendre les policiers, mais pas les témoins directs ». Pour le moment, aucune date d’audition des policiers n’a été fixée. Cette décision intervient dans un contexte particulier, celui de la dénonciation des violences policières, liées aux affaires Adama Traoré en France et George Floyd aux Etats-Unis.
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