Aubert & Duval : plus de 200 postes menacés dans le Puy-de-Dôme

La société Aubert et Duval a annoncé ce vendredi 4 décembre qu’elle souhaitait supprimer 380 postes en France, via des départs volontaires. Dans le Puy-de-Dôme, ce sont 217 postes qui seraient concernés sur les 3 sites du groupe aux Ancizes, à la Pardieu et à Issoire.
Dans le Puy-de-Dôme, l'entreprise Aubert & Duval a annoncé sa volonté de supprimer 217 postes sur les sites des Ancizes, d'Issoire et de La Pardieu.
Dans le Puy-de-Dôme, l'entreprise Aubert & Duval a annoncé sa volonté de supprimer 217 postes sur les sites des Ancizes, d'Issoire et de La Pardieu. © Rémi DUGNE/MAXPPP
Aubert & Duval veut supprimer 380 emplois via un plan de départs volontaires, a annoncé l’entreprise ce vendredi 4 décembre. Dans le Puy-de-Dôme, sur le site des Ancizes, 144 postes sont concernés, à La Pardieu, 25 postes et à Issoire, 48 postes, selon Jean-François Courtadon, délégué syndical central de Force Ouvrière. « On a trouvé des solutions qui permettent de faire partir les gens dans des conditions décentes et d’éviter les licenciements. Ce n’est pas la solution la plus simple, mais les gens vont partir avec des mesures d’âge ou des ruptures conventionnelles collectives. On va aussi mettre en place de l’activité partielle et organiser une refonte des métiers pour avoir des gens polyvalents », explique le délégué syndical. Dans le département, près de 2 000 personnes sont employés par Aubert & Duval. Selon lui, des « pertes d’exploitation énormes » seraient à l’origine de cette décision, ainsi que l’arrêt brutal des commandes lié au COVID 19, sachant que 70% du chiffre d’affaires provient du secteur aéronautique. Les ventes à l'aéronautique du groupe ont plongé de 31% au troisième trimestre et de 21% sur les neuf premiers mois de l'année, après un exercice 2019 déjà en fort recul. Jean-François Courtadon s’inquiète de la « perte de compétences » qui pourrait résulter de ces suppressions de poste, qui pourrait freiner le redémarrage de l’industrie dans le département. Les premiers départs sont prévus dans le 1er trimestre 2021.

Eramet cherche un repreneur

Sa maison mère, le groupe Eramet, cherche un repreneur pour cette filiale spécialisée dans les aciers et alliages de haute performance, a appris l’AFP. "Après des mois d'incertitude et d'inquiétude, la mise en vente d'Aubert & Duval a été officialisée" par la direction d'Eramet mercredi, assortie d'un plan de départs volontaires qui concernera 462 postes", a rapporté FO (2e syndicat) dans un communiqué. Ces "462 suppressions de postes sur neuf sites", via des départs volontaires, ont été annoncées mardi devant le comité social et économique (CSE) central d'Aubert & Duval, a précisé à l'AFP Lionel Lima, délégué syndical central CGT (1er syndicat) de cette filiale d'Eramet. " En parallèle, 83 créations de postes sont prévues", a-t-il complété. La direction d'Eramet évoque de son côté un projet de plan d'adaptation à l'emploi, qui viserait 380 suppressions de postes, à la production et dans les fonctions support, avec un plan de départs volontaires comprenant des départs à la retraite anticipés, a déclaré une porte-parole à l'AFP.

Réduire les coûts du travail

Ce plan doit permettre à l'entreprise de s'adapter à un contexte de marché "fortement dégradé" dans le secteur aéronautique, a-t-elle relevé. Le groupe a aussi demandé une prolongation du dispositif d'activité partielle longue durée (APLD), enclenché pour "réduire significativement les heures travaillées pour les six mois à venir ", avait-il expliqué fin octobre. Mercredi, lors d'une réunion du comité de groupe d'Eramet, la direction a annoncé aux représentants du personnel qu'elle "voulait trouver un repreneur" pour Aubert & Duval, faisant de "l'hypothèse de vente annoncée en juin" un objectif "à tout prix", mais sans fournir de précisions sur ce projet, a souligné M. Lima. Questionnée par l'AFP, la direction d'Eramet n'a pas souhaité s'exprimer sur l'avenir d'Aubert & Duval. Fin juin, Eramet avait reconnu qu'il avait engagé "une revue stratégique détaillée" de cette filiale, pour laquelle "toutes les options" étaient "envisagées". Fin juillet, puis fin octobre, le groupe métallurgique et minier avait confirmé examiner toutes les possibilités, y compris une cession. 

Une intervention de l'Etat demandée

Dans son communiqué, FO "demande à l'État d'intervenir pour empêcher la vente de cette entreprise stratégique, ou au moins peser pour que soit trouvée une solution française au dossier, comme le laisse entrevoir l'intérêt exprimé par Safran, le motoriste et équipementier aéronautique. "Les salariés sont très inquiets", a alerté M. Lima. Pour réduire ses effectifs, la direction envisage "une rupture conventionnelle collective (RCC)", a-t-il indiqué, en précisant qu'il y avait "3 631 CDI" chez Aubert & Duval à la fin juin. La direction a aussi identifié "273 postes évolutifs" et les salariés concernés devront "suivre des formations", a détaillé le délégué CGT. Avec son projet, la direction veut "réduire le coût du travail de 70 millions d'euros", a-t-il dit. La région Auvergne-Rhône-Alpes et la région Occitanie ont, dans un communiqué commun, affirmé leur souhait de trouver une solution de reprise française : "Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie seront très vigilantes aux potentiels projets de reprise. Si solution de reprise il y a, elle doit être Française ; si solution de reprise il y a, elle ne doit pas provenir d’un fonds de pension spéculatif étranger. Les deux Régions veilleront à ce que la solution de reprise soit porteuse d’un vrai projet industriel, respectueux des intérêts des salariés. Elles ne peuvent se résoudre à abandonner une entreprise si importante pour nos territoires."
 
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