Après trois semaines en réanimation au CHU de Clermont-Ferrand, un rescapé du COVID 19 témoigne

Après 3 semaines passées en réanimation au CHU de Clermont-Ferrand, Marcel Aledo, maire de Royat, est guéri du COVID 19. Il nous a fait partager son expérience pour inciter à la prudence : « Ce n’est pas une maladie ordinaire, c’est une souffrance qu’on ne peut pas imaginer. »

Après avoir passé 3 mois en réanimation au CHU de Clermont-Ferrand, Marcel Aledo témoigne de son combat contre le COVID 19. (Photo d'illustration)
Après avoir passé 3 mois en réanimation au CHU de Clermont-Ferrand, Marcel Aledo témoigne de son combat contre le COVID 19. (Photo d'illustration) © M.Van Oudendycke/FTV

Près de Clermont-Ferrand, le maire de Royat Marcel Aledo a repris son quotidien de maire et administre sa commune comme à l’ordinaire. Pourtant, il y a à peine quelques semaines, l'édile, âgé de 72 ans, a frôlé la mort. Testé positif au COVID 19, il a passé 3 semaines en réanimation à lutter pour respirer. Tout a commencé par une simple bronchite : « Par acquit de conscience, je me suis fait tester et ce qu’on avait pris pour une bronchite était en fait le COVID. Quand on m’a dit que j’avais le COVID, je souffrais déjà, j’avais du mal à respirer, je toussais, alors j’ai pris mes affaires et je suis allé aux urgences du CHU de Clermont-Ferrand », explique Marcel Aledo. Affaibli, l’édile peine à atteindre la salle d’attente des urgences : « Je ne pouvais plus avancer, j’étais fatigué, je n’arrivais pas à lever les pieds. J’étais obligé de m’arrêter car je n’en pouvais plus. Quand je suis arrivé dans la salle, je me suis assis, je ne pouvais presque plus respirer. J’ai expliqué que j’avais le COVID et qu’il fallait m’hospitaliser », relate Marcel Aledo. 

"J’étais épuisé, j’avais mal partout. C’est surtout la douleur qui est difficile à supporter."

Marcel Aledo

Commence pour lui un mois de lutte. D’abord en hospitalisation conventionnelle au service des maladies infectieuses et tropicales, il est ensuite transféré en réanimation dans le pavillon spécialisé, où il passera 3 semaines : « C’est l’enfer. J’ai souffert le martyre. Je ne pouvais plus communiquer, on ne m’entendait pas, je n’avais pas assez de souffle pour parler », raconte Marcel Aledo. Le COVID 19 attaque ses bronches, sa capacité respiratoire chute de 38%. « J’étais épuisé, j’avais mal partout. C’est surtout la douleur qui est difficile à supporter. Ce n’est pas une maladie ordinaire, c’est une souffrance qu’on ne peut pas imaginer. » Isolé pendant 21 jours, à l’exception des personnels soignants, Marcel Aledo perd la notion du temps, peine à dormir, s’alimente très peu. La maladie lui fait perdre 23 kilos. « Je restais tout le temps tout seul. J’avais mon portable qui ne me servait à rien parce que je ne pouvais pas parler, j’étais totalement isolé. Les premiers jours, je ne savais même pas si on était le soir ou le matin. Je n’arrivais jamais à dormir. Quand je voyais la nuit arriver, ça me faisait peur », raconte le maire.

"Ça a été terrible. C’est un sentiment que je ne suis pas près d’oublier."

Dans cette période difficile, il a trouvé du réconfort auprès des soignants : « Le personnel du CHU est extraordinaire. Que ce soit les agents de service hospitalier, les aides-soignants, les infirmiers, ils ont été d’une patience…J’ai eu le sentiment d’être bien pris en charge, ils faisaient beaucoup d’efforts pour nous soigner et nous faire manger. » Désormais tiré d’affaire, il doit malgré tout faire de la kinésithérapie plusieurs fois par semaine afin de retrouver sa capacité respiratoire, déjà remontée à 82%. Il ressent encore la fatigue, mais aussi des douleurs articulaires, conséquences du virus. « Je vois les gens qui prennent le COVID à la légère, mais ce n’est pas quelque chose de léger. Il faut vraiment que les gens aillent se faire vacciner. Moi, je ne peux pas pour l’instant, mais quand j’aurais l’autorisation pour y aller, j’y cours. Je ne veux pas revivre ça. Ce n’est pas possible », martèle Marcel Aledo. « Ça a été terrible. C’est un sentiment que je ne suis pas près d’oublier. C’est une chose que je ne souhaite à personne. » Il exhorte tout un chacun à respecter les gestes barrières, le port du masque et la distanciation sociale : "Prenez soin de vous !"

 

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