Buzz : quand l'humoriste Thomas Marty chambre Clermont-Ferrand dans une vidéo

En moins de 24 heures, sa vidéo sur Clermont-Ferrand fait le buzz. Thomas Marty, humoriste, fait parler de lui sur les réseaux sociaux et annonce son spectacle, programmé en octobre dans la capitale auvergnate. Une vidéo réussie qui lui permet de se faire connaître du public clermontois mais pas seulement.

C’est une vidéo publiée sur les réseaux sociaux lundi 18 septembre qui comptabilise déjà plus de  800 000 vues en moins de 24 heures. Thomas Marty, humoriste de 30 ans, y parle de Clermont-Ferrand. Le retard du train Paris-Clermont « mieux qu’une épreuve de Koh-Lanta », la truffade, « une régalade », la pierre de Volvic de la cathédrale « qui mériterait un petit coup de Karcher »…en quelques tableaux tout y passe. Mais tel un équilibriste, l’humoriste se joue des lieux communs.

Fan d'Aurélien Rougerie

Cette vidéo est une mise en bouche astucieuse avant son spectacle du 12 octobre prochain à la Maison de la culture de Clermont-Ferrand. Thomas Marty explique : « Dans mon spectacle, je fais pas mal d’interactions. J’ai pris la décision de faire la vidéo sur les villes en fonction des dates de la tournée. J’ai commencé par Toulouse et ça a super bien marché. Ensuite, il y a eu Lyon. J’avais une date à Clermont-Ferrand. Je suis un grand fan de rugby et d’Aurélien Rougerie. J’adore l’ASM Clermont Auvergne. Je suis même allé à Twickenham pour la finale de Clermont. C’est une ville qu’on ne connaissait pas du tout dans la famille mais mon père supportait Montferrand et Olivier Magne. Il me tenait à cœur de venir à Clermont-Ferrand. J’avais demandé à mes abonnés des conseils. J’ai aussi des potes de là-bas ».

Se jouer des clichés

Le fan des « Jaune et Bleu » aurait pu supporter le RC Toulon, puisqu’il est originaire de Saint-Raphaël dans le Var. Il a préféré l’ASM et la capitale auvergnate l’a inspiré. Il a même été surpris : « J’imaginais Clermont-Ferrand bien différemment : on m’a toujours dit que l’hiver y était assez rude, que les gens étaient assez rustres. Mais en réalité pas du tout. Les gens ont été super sympas. On m’a pas mal reconnu dans les rues. Ils ne sont pas du tout radins comme on peut le croire. La culture clermontoise m’a séduit. J’ai très bien mangé, j’ai même un peu trop pris de kilos ». Dans sa vidéo, il évoque les tics de langage des Clermontois et leur goût du « Y » à toutes les sauces. Il parle de lieux comme la Coopé, le puy de Dôme, le jardin Lecoq, en faisant une allusion aux travaux de la ville. Thomas Marty est plutôt bien informé. Il se hasarde à évoquer la place de Jaude et de la statue de Vercingétorix, qui devient dans les sous-titres « le capitaine des Ardennes » et non des Arvernes. On lui pardonne.

Elargir son public

L’humoriste souligne : « Les vidéos sur les villes sont difficiles à réaliser. J’ai remarqué que la France est très chauvine. Si je me trompe ou si je ne fais une vidéo uniquement sur les clichés, les habitants ne vont pas apprécier. Mais si j’arrive à les séduire en donnant des informations, tout en jouant sur les clichés, il faut être précis. Je veux essayer de toucher le plus grand nombre possible ». Les réseaux sociaux sont désormais un passage obligé pour se faire connaître : « La vidéo m’a permis de connaître la ville. Quand je vais venir jouer chez vous en octobre, je vais avoir des blagues pour les Clermontois. Le public adore ça. Comme je me documente pas mal, je suis au fait de  pas mal de choses ». Le trentenaire raconte son parcours : « Avant je travaillais dans la banque mais j’ai commencé à faire du stand-up dans les cafés-théâtres près de mon travail. J’ai vite compris que pour se faire une place dans l’humour, il fallait être connu sur les réseaux sociaux. J’ai commencé à faire des vidéos. J’ai arrêté de travailler à la banque mais malheureusement il y a eu le COVID. Pendant l’épidémie, j’ai continué à faire des vidéos et c’est là que ça a commencé à pas mal marcher. J’ai ainsi dépassé le million de vues pendant le COVID. Avant, je faisais une vidéo par semaine et je suis passé à trois par semaine. Un producteur m’a demandé si j’avais un spectacle : je lui ai dit oui alors que je n’en avais pas. Deux semaines après, il m’a appelé et il m’avait réservé une salle, la Nouvelle scène à Paris. De là, tout est parti : le spectacle et la tournée ».

"Je préfère jouer sur scène que de faire des vidéos"

Thomas vit de son humour depuis un an et demi. Il soigne particulièrement ses vidéos : « Pour le tournage, j’ai mis trois jours. Je fais aussi le montage tout seul, sur le portable. Parler à son public est devenu assez simple. Les smartphones ont une qualité de dingue : plus besoin d’avoir une équipe technique avec soi, pour l’image, le son. Le montage est assez rapide. Le plus long c’est les sous-titres ». Il s’étonne du succès de la vidéo sur Clermont-Ferrand : « La vidéo marche bien. On a fait plus de 2 millions de vues sur Facebook. Je poste sur Facebook, Instagram, TikTok et YouTube. Les vidéos longues marchent bien sur Facebook ». La scène reste son lieu favori : « Je préfère jouer sur scène que de faire des vidéos. J’ai trouvé ce concept de vidéos sur les villes assez cool. J’ai aussi imaginé un autre concept. Mon gimmick est « Allez, la bise ». J’ai lancé la bise depuis chez vous. Je vais passer la soirée chez un spectateur clermontois et le lendemain je vais l’accompagner au travail ». L’ancien banquier évoque son spectacle, « Allez, la bise ! » : « Mon spectacle est fait d’observations. Je raconte la vie de famille, le fait que j’ai arrêté de travailler dans la banque, mon emménagement avec ma copine. Je suis un jeune trentenaire et plus le temps avance, plus j’ai l’impression de ressembler à mes parents. Je parle de cette obligation de rentrer dans les cases, être parent, être propriétaire. C’est un spectacle intergénérationnel où tout le monde peut se reconnaître ». Pas moins de 46 dates sont programmées pour la tournée. Il sera à Clermont-Ferrand le 12 octobre. Thomas espère secrètement qu’Aurélien Rougerie, son idole, sera dans le public. A toi de jouer, Roro !