Clermont-Ferrand : l'État retire son label à l'espace info jeunes

Les portes de l'espace info jeunes restent ouvertes malgré la perte du label "centre régional d'information jeunesse", mais peut-être plus indéfiniment ... / © C. FALLAS/FRANCE 3 AUVERGNE
Les portes de l'espace info jeunes restent ouvertes malgré la perte du label "centre régional d'information jeunesse", mais peut-être plus indéfiniment ... / © C. FALLAS/FRANCE 3 AUVERGNE

Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé sa décision jeudi 19 juillet de retirer à l'espace info jeunes de Clermont-Ferrand le statut de "Centre régional d'information jeunesse". L'État ne devrait donc plus le subventionner, contrairement au pôle lyonnais, qui conserve ce label.

Par A. C., avec Claude Fallas

Ils se savaient menacés : le couperet est tombé jeudi 19 juillet. L'espace info jeunes n'est plus considéré par l'État comme un "Centre régional d'information jeunesse" (CRIJ), et ne devrait donc plus recevoir de subventions à ce titre. Après avoir passé 25 années à conseiller, orienter et accompagner les jeunes auvergnats, la structure avait pourtant reçu le soutien de nombreux élus, dont Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand. Mais avec la perte de ce label, jamais son avenir ne fut si incertain.

"Si les pouvoirs publics nous laissent tomber, la structure tombera aussi", concède le directeur de l'espace info jeunes Philippe Laumond. C'est lui qui l'a créé le 14 juin 1983, et il aujourd'hui le sentiment "de l'enterrer". Sans subventions et sans recettes, il ne pourra très vite plus rémunérer ses neuf salariés, nécessaires pour faire vivre le centre et coordonner les 16 points jeunesse des quatre départements.
 
L'espace clermontois était en concurrence avec Lyon depuis le 1er janvier 2018, suite à la fusion des régions Auvergne et Rhône-Alpes. Il ne peut y avoir qu'un centre d'information jeunesse par région, il fallait donc choisir entre Clermont-Ferrand et Lyon. C'est dans cette dernière ville que se trouve donc maintenant le seul espace reconnu par l'État.

"Je vie cette décision comme une injustice, puisque les décisionnaires n'ont même pas mis les pieds à Clermont pour voir notre travail", s'est insurgée Martine Brunswig, la présidente du pôle. Elle estime avoir proposé un meilleur projet que le CRIJ de Lyon, avec un budget plus serré, et craint les conséquences de cette décision pour les jeunes. Philippe Laumond partage son inquiétude : "On n'imagine pas que jeunes clermontois aillent jusqu'à Lyon pour trouver des informations et chercher des jobs d'été."

Soutien déclaré de l'espace info jeunes, Laurent Wauquiez a fait part de sa "profonde incompréhension et (son) désaccord" » devant ce choix. Il a avertit le préfet que sans changement de situation, il "réorientera vers Clermont-Ferrand les subventions que la Région apporte au CRIJ de Lyon."

Tout n'est donc peut-être pas encore perdu pour l'espace info jeunes. Le directeur du centre ne compte de toute façon pas baisser les bras, conscient de l'importance que revêt l'espace pour les jeunes : "On va se battre pour que la structure soit pérennisée. Si on n'y parvient pas, cela privera les jeunes d'une source d'informations proche, et ils devront aller beaucoup plus loin pour trouver de l'aide."

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