Clermont-Ferrand : pourquoi les agents territoriaux sont descendus dans la rue

Agents de la mairie de Clermont-Ferrand ou de Clermont Auvergne Métropole, même combat et même mouvement de grève : ils étaient invités à se rassembler ce jeudi 24 juin à 10 heures, pour protester contre l’augmentation de leur temps de travail et la perte de jours de congés.

Les agents territoriaux de Clermont-Ferrand ont manifesté ce jeudi 24 juin à 10 heures contre l'augmentation de leur temps de travail.
Les agents territoriaux de Clermont-Ferrand ont manifesté ce jeudi 24 juin à 10 heures contre l'augmentation de leur temps de travail. © P.Félix/FTV

Devant Clermont Auvergne Métropole, les agents territoriaux étaient près de 200 ce matin, rassemblés pour défendre leur temps de travail et de vacances. Ils ont ensuite rejoint quelque 150 agents municipaux de Clermont-Ferrand. Le rendez-vous était donné à 10 heures ce jeudi 24 juin. La loi de transformation de la fonction publique oblige les agents à assurer 1 607 heures par an, ce qui revient à travailler une dizaine de jours supplémentaires au détriment de leurs congés. Cependant, un article de cette même loi permettrait de compenser ces pertes, selon Serge Lagane, secrétaire FSU de la section Clermont Auvergne Métropole : « Beaucoup d’agents considéraient ces jours de congés comme des acquis qu’on avait depuis des décennies. Cette loi de transformation de la fonction publique, qu’on a coutume d’appeler loi de destruction de la fonction publique, va nous priver de ces acquis sociaux. Au niveau de la métropole il y a des leviers à actionner, notamment par le biais de l’article 2 de cette loi qui prévoit qu’on peut diminuer le temps de travail et réattribuer ces fameux jours en compensation. Il faudrait qu’on ait de vraies négociations. » 

Réattribuer ces jours de congés, une possibilité

Les manifestants se sont regroupés en cortège, direction la mairie clermontoise pour interpeller le président de Clermont Auvergne Métropole Olivier Bianchi afin qu'il actionne ces leviers. Selon eux, il pourrait réatribuer ces jours aux agents sous une autre forme : « En fonction des suggestions, comme le travail de nuit, le travail en horaires décalées, le travail du samedi et du dimanche, on peut obtenir des jours supplémentaires. Dieu sait que les agents sont sollicités en déchetterie, dans les piscines, pour les manifestations sportives, pour travailler le week-end », insiste Serge Lagane.

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Les agents territoriaux manifestaient à Clermont-Ferrand ce jeudi 24 juin

"On est toujours les parents pauvres"

Sébastien Voisse, secrétaire général de la CGT ville et CCAS, dénonce lui-aussi cette perte des acquis sociaux : « Ca veut dire qu’on va travailler plus pour gagner moins. Aujourd’hui, on va perdre en moyenne à la ville de Clermont 10 jours et demi de congé. On n’est pas dans l’utopie complète, on sait que la loi est passée et qu’il va falloir l’appliquer. On est d’accord mais avec une contrepartie. Il y a des possibilités d’aménagement de cycle horaire, de prise en charge de certaines primes que l’on n’a pas dont on pourrait bénéficier. Aujourd’hui, les agents territoriaux ont les salaires les plus bas de la fonction publique, on est toujours les parents pauvres. Aujourd’hui, si les écoles sont fermées, ce n’est pas pour embêter les gens mais pour attirer l’attention de la collectivité. Si l’attractivité de la collectivité baisse, au bout d’un moment, on n’aura plus personne à mettre auprès des enfants ou des anciens. »

Des perturbations de certains services publics

En parallèle de la manifestation, un mouvement de grève était organisé. Sur les 63 écoles que compte la métropole, 47 ont été fermées ainsi que d’autres services publics. Le centre aquatique des Hautes-Roches et la piscine Androsace sont fermés toute la journée, le stade nautique Pierre-de-Coubertin est fermé à partir de 16 heures, la piscine Marcel Boubat était fermée jusqu'à 14 heures. Les déchetteries de Blanzat, Gerzat, Gravanches, Saint-Genès-Champanelle et Pont-du-Château sont fermées. La médiathèque de Jaude est fermée, toute la journée et la médiathèque Hugo-Pratt (Cournon-d'Auvergne) fermait à 17 heures. Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez est venu les soutenir : « Il y a beaucoup de villes où les gens sont dans le même état d’esprit. On veut les faire travailler plus longtemps et je crois que, et le gouvernement, et les municipalités devraient réfléchir sur le rôle du service public. Tout le monde a mis en avant leurs qualités, leur travail, et leur récompense c’est de les faire travailler plus pour gagner moins. Il faudrait que le maire les reçoive rapidement ».

Une consultation début juillet

Olivier Bianchi a indiqué par voie de communiqué : « Les 1607 heures dans la fonction publique : une loi inutile qui s’impose à nous tous, négocions au mieux son application dans l’intérêt du service public local, des agents et des usagers. [...] S’agissant maintenant particulièrement de la négociation du temps de travail, sujet de la contestation, je rappelle qu’une consultation individuelle des agents sera lancée la 1ère quinzaine de juillet. Nous appliquerons en 2022 la modalité qu’ils auront majoritairement choisie. Face à une loi qui nous est imposée à tous, je souhaite que nous puissions aboutir collectivement à trouver les meilleures solutions qui finalement impacteront positivement les agents en matière d’organisation du travail, de répartition des temps ou encore d’amélioration des possibilités de formation. » C’est la deuxième fois que les agents municipaux protestent contre cette modification de leur temps de travail.

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