Clermont-Ferrand : des profs toujours mobilisés contre la réforme du bac

A Clermont-Ferrand, des professeurs ont manifesté lundi 13 janvier contre la réforme du bac, devant le lycée Ambroise Brugière. Ils demandent le report voire le retrait des épreuves communes de contrôle continu (E3C). Un examen que doivent désormais passer les élèves de première.

A Clermont-Ferrand, lundi 13 janvier, ils étaient une quarantaine de professeurs devant le lycée Ambroise Brugière à demander le report des épreuves communes de contrôle continu.
A Clermont-Ferrand, lundi 13 janvier, ils étaient une quarantaine de professeurs devant le lycée Ambroise Brugière à demander le report des épreuves communes de contrôle continu. © C. Da Silva / France 3 Auvergne
Des professeurs du lycée Ambroise Brugière de Clermont-Ferrand se sont mobilisés ce lundi 13 janvier pour protester contre la réforme du baccalauréat. Les organisations syndicales de l’Education nationale, SNES-FSU, CGT, SUD, FO, appellent à s’opposer aux épreuves communes de contrôle continu (E3C) qui doivent débuter dans quelques jours pour les élèves de première. A Clermont-Ferrand, les jeunes du lycée Blaise Pascal seront les premiers, le samedi 18 janvier, à passer cette épreuve.

Passer seulement le baccalauréat de français et de sciences (ou histoire géo) en première n’est plus qu’un souvenir. Le bac commence désormais en début d’année.  Les élèves de première vont s’attaquer entre mi-janvier et mi-février à trois, voire quatre épreuves communes de contrôle continu (E3C) : histoire géo et langues vivantes pour la filière générale, les mathématiques en plus pour la voie technologique. Alors que Jean-Michel Blanquer ouvre les négociations avec les organisations syndicales dans le cadre de la réforme des retraites,  une grande partie d’entre elles demandent le report de ces nouvelles épreuves du bac.
A Ambroise Brugière ce lundi après-midi, des professeurs se sont rassemblés devant le lycée. Au même moment à l’intérieur de l’établissement, des inspecteurs de l’académie tenaient une réunion d’information sur le déroulement de l’examen.

"On trouve que les élèves ne sont pas bien préparés"


La quarantaine de professeurs présents devant le lycée Ambroise Brugière étaient venus demander le report des épreuves communes de contrôle continu. Elena Goupil, professeur d’espagnol, juge le timing trop serré. « On trouve que les élèves ne sont pas bien préparés. Passer une épreuve du baccalauréat en janvier, c’est beaucoup trop tôt. Cette épreuve est mal encadrée. On nous demande de faire plus avec le même salaire. » Un avis partagé par Anne Roascio enseignante dans le même lycée et co-secrétaire départementale CGT educ’action : « Je ne suis pas capable de préparer un élève en trois mois de temps. Il y a des jeunes qui peuvent mettre plus de temps que d’autres pour comprendre et le premier couperet tombe en janvier, ce n’est pas juste ».

 Autre sujet d’inquiétude chez les professeurs, la banque nationale de sujets. Pour cet examen, en espagnol par exemple, ils doivent choisir un sujet parmi une soixantaine mis à leur disposition. Problème, il y aurait des soucis techniques : « Quand je me connecte sur ma session, j’ai seulement les dix premiers sujets qui apparaissent alors qu’il y en a soixante. On a eu accès à cette banque de sujet très tard, début décembre. On fait ça dans la précipitation », explique Elena Goupil.
Outre les soucis techniques créés par la banque nationale de sujets, les professeurs craignent avec ces E3C, un baccalauréat inégalitaire. « Ce n’est plus le baccalauréat qu’on connaissait. Chaque professeur choisit un sujet dans la banque nationale ce qui veut dire qu’il n’y aura pas un seul sujet national pour ces épreuves commune de contrôle continu. Alors est-ce que le baccalauréat par exemple d’Ambroise Brugière vaudra autant que celui de Blaise Pascal ? Il n’y a plus d’équité », s’inquiète Anne Roascio.
 

En quoi consiste cette réforme ?



Exit les filières ES, S ou L. Les élèves de première suivent désormais des enseignements communs (français, histoire-géographie, LVA et LVB, enseignements scientifiques, EPS, etc.). En plus de ce tronc commun, le ministère de l’Education Nationale a défini douze spécialités, parmi elles : histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, physique-chimie, numérique et sciences informatiques… Les élèves de première ont dû en sélectionner trois. En terminale, ils en conserveront deux.

L’examen final du bac en fin de terminale sera plus resserré. Les élèves passeront quatre épreuves écrites et un grand oral contre une dizaine auparavant. Les épreuves finales ou anticipées représenteront 60% de la note totale du baccalauréat. Les épreuves communes de contrôle continu (première) 30% et le bulletin scolaire 10%. Pour les bacs technologiques, les filières restent inchangées.
 
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Et les élèves de première dans tout ça ?



Ils ont seize ans pour la plupart et sont la première génération concernée par le nouveau baccalauréat. Cette nouvelle réforme entraîne la multiplication d’épreuves pour les élèves de première. Selon les professeurs rencontrés à Ambroise Brugière, de nombreux jeunes seraient très inquiets et stressés par cette réforme. Mais certains, comme Chloé, vivent plutôt bien ce changement. « Nos professeurs nous expliquent bien et nous donnent le maximum d’informations. Le contrôle en continu ça veut dire qu’il y aura moins de choses à apprendre ». Il faudra vite se remettre au travail. Les épreuves communes de contrôle continu (E3C) seront de retour dès le mois d’avril pour les élèves de première pour une deuxième série. Un mois plus tard il faudra plancher sur une des trois spécialités. En juin 2020, pas de changement : les lycéens passeront le bac de français. En 2021, ils seront les tous premiers diplômés de ce bac nouvelle formule. Objectif de cette réforme pour le gouvernement, favoriser le travail régulier des élèves. Sollicité, le rectorat n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.
 
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