Clermont-Ferrand : quand les "romans COVID" affluent dans les maisons d'édition

En mai, on apprenait, grâce une enquête Harris Interactive, que plus de 5 millions de personnes ont entamé, en France, l'écriture d'un manuscrit durant le premier confinement. Le constat se confirme dans les maisons d’édition de Clermont-Ferrand. Ces dernières croulent sous les « romans COVID ».

Les maisons d'édition de Clermont-Ferrand reçoivent de plus en plus de romans écrits pendant le premier confinement.
Les maisons d'édition de Clermont-Ferrand reçoivent de plus en plus de romans écrits pendant le premier confinement. © V.Riffard/FTV

Les « romans COVID » se multiplient dans les maisons d’édition. En effet, en France, près d’une personne sur dix a tenté d’écrire un ouvrage durant le premier confinement. Près d’un an après le début de la pandémie, ces manuscrits commencent à arriver chez les éditeurs de Clermont-Ferrand. Aux éditions Revoir, le catalogue regorge de 140 titres,1 livre sur 5 est un roman. Ces derniers mois, les colis ont apporté leur lot de manuscrits. «  J’en ai commencé certains donc je m’y tiens. Je fais une lecture hebdomadaire ou journalière », raconte Ludivine Bourduge, éditrice.

Une "arrivée massive" de manuscrits

Cette éditrice reçoit des propositions venues de la France entière. L'éclosion d'écrivains en herbe, c'est donc l’autre effet du COVID. « C’est vrai qu’on a été très surpris quand même de cette arrivée massive de manuscrits. On n’a pas l’habitude mais ça nous fait plaisir aussi. Je pense que les gens ont pris le temps. Soit ils avaient des manuscrits qui étaient sur le feu et ils ont pris le temps de les terminer en cette période, ou ils se sont dit « On tente le tout pour le tout, on envoie à un éditeur et on verra bien ce qui se passe » », relate Ludivine Bourduge.

Des auteurs en herbe plutôt âgés

Même son de cloche aux éditions de la Flandonnière, qui ont vu arriver 40% de manuscrits en plus par rapport à l'an passé. Pourtant, pas une seule ligne évoquant la pandémie, la maladie ou les confinements. « On a eu beaucoup de choses autobiographiques, de personnes qui sont plutôt âgées. Dans ces auteurs ou apprentis auteurs, j’en ai beaucoup qui ont au moins 70 ans mais qui n’avaient jamais envisagé sérieusement une publication alors que là on voit bien qu’il y a un cap qui est passé. Ils estiment que leurs écrits peuvent intéresser largement plus que le cadre familial ou amical », explique Isabelle Blanc. Sur les 70 manuscrits que cette éditrice a reçus, seulement 2 ouvrages seront édités. La publication n'est donc pas forcément proportionnelle à cette hausse exceptionnelle du nombre de manuscrits.

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