Clermont-Ferrand : l’usine Michelin de Cataroux est-elle menacée ?

Un rapport décrit l'usine Michelin de Cataroux comme "obsolète" et de "moins en moins adaptée au besoin du produit". / © Thierry Nicolas/MaxPPP
Un rapport décrit l'usine Michelin de Cataroux comme "obsolète" et de "moins en moins adaptée au besoin du produit". / © Thierry Nicolas/MaxPPP

Un rapport interne de l'usine Michelin pointe le manque de compétitivité de quatre sites en France. Une information révélée par nos confrères du journal le Monde. Le site de Cataroux à Clermont-Ferrand en fait partie.

 

Par D.Cros et C.Collet

Pas assez compétitifs. C'est le diagnostic posé par Michelin, fabricant de pneumatiques, sur quatre sites français. Parmi eux, le site Cataroux à Clermont-Ferrand. Une information publiée dans le journal Le Monde.

Dans un document que se sont procurés nos confrères, l'usine est décrite comme "obsolète" et de "moins en moins adaptée au besoin du produit". Ces observations émanent d’un groupe de travail formé en mai dernier. Elles doivent servir à rendre, à l’avenir, certains sites plus performants.

Le site Cataroux dans le Puy-de-Dôme est concerné comme trois autres : La Roche-sur-Yon en Vendée (spécialisé dans les poids lourds), Cholet dans le Maine-et-Loire (spécialisé dans les pneus de tourisme et de camionnette) et Avallon dans l'Yonne (spécialisé dans le rechapage des pneus poids lourds). 

Ces quatre sites représentent environ 2000 emplois sur les 23000 salariés que compte le groupe en France. 

"Le site de Cataroux n’est pas menacé"

Depuis la parution de l'article dans Le Monde, les rumeurs courent. Le doute s'est installé car selon le diagnostic : "l’évolution du marché et la concurrence ne permettent pas d’envisager le maintien, à terme, d’un tissu industriel aussi dense en Europe de l’Ouest".

Jean-Paul Chiocchetti, directeur de Michelin France déclare : "On peut le dire clairement, le site de Cataroux n'est pas menacé". Des propos confirmés par le syndicat majoritaire. Jean-Christophe Laourde, représentant syndical CFE-CGC ajoute : "Il y a quelques semaines nous avons été consultés au sein des instances pour l'ouverture du travail le week-end sur ce site de C2. Il y a une forte demande en pneus de compétition. Quand on a un marché qui tire fortement, je ne vois pas l'intérêt de fermer le site".

Autre point évoqué : la compétitivité. Le site de Cataroux serait à la traîne. Une remarque très mal perçue par certains salariés du pôle compétition. Ils travaillent sur des machines qui ont plus de 40 ans. "On a un outil qui est obsolète certes mais indispensable pour faire de la haute couture" ajoute Christophe Laourde. De son côté, Jean-Paul Cogner délégué syndical CGT explique : "Ici on fabrique les meilleurs pneus du monde. Des pneus de formule 1 et de formule électrique maintenant. C’est de la très haute technologie sur des vieilles machines".

Manque de compétitivité 

La direction du numéro deux mondial du pneu préfère le mot "performance" au mot "compétitivité". Une performance non pas locale, ni française mais européenne. "Il y a un problème de performance industrielle dans tous les sites et ce qu’ils soient positionnés n’importe où en Europe de l’ouest. C’est une problématique plutôt européenne. Tous mes collègues Espagnols, Italiens et Allemands font comme moi et travaillent avec l’ensemble des industriels pour se battre sur le terrain de la compétitivité" précise le directeur de Michelin France.

Le seul point confirmé par la direction concerne le site de la Roche-sur-Yon. Il pourrait être restructuré. 650 salariés sont concernés. Un diagnostic sur le rendement de cette usine sera dévoilé vendredi 20 septembre.

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