Comédie de Clermont-Ferrand : pourquoi la réouverture le 19 mai semble compliquée

Comme tous les lieux de culture, la Comédie de Clermont-Ferrand se prépare à rouvrir le 19 mai. Mais entre l'absence de précisions gouvernementales sur les mesures à mettre en place et l’occupation des locaux par un collectif, la reprise s’annonce complexe.

La Comédie de Clermont-Ferrand espère pouvoir ouvrir ses portes le 19 mai.
La Comédie de Clermont-Ferrand espère pouvoir ouvrir ses portes le 19 mai. © R.Ho A Chuck/FTV

Le monde de la culture  s’apprête à faire son retour. Selon le calendrier fixé par le président de la République, les théâtres et salles de spectacle avec public assis peuvent rouvrir leurs portes à compter du 19 mai 2021. Une nouvelle accueillie avec joie par les professionnels.

Une réouverture sans précision gouvernementale

"Cette réouverture est une très bonne nouvelle" exulte Jean-Marc Grangier, directeur de la Comédie de Clermont-Ferrand. Mais comme tous les professionnels, s’il se réjouit de ce top départ, il pointe du doigt le manque de communication et d’information de la part du gouvernement. "La réouverture pour l’instant n’est qu’une annonce présidentielle. Comment va-t-elle se passer? Pour l’instant nous n’en savons rien. Depuis plus d’un an, le gouvernement nous donne les informations à la dernière minute et nous devons immédiatement réagir" explique-t-il. Puis il ajoute : "Heureusement nous nous tenions prêts. Nous étions prêts à plusieurs reprises auparavant. Cela a été dur d’ailleurs car nous avons essuyé plusieurs refus. Cette fois-ci, on nous donne le feu vert mais on ne sait rien de plus".

A l’heure actuelle, il n’a reçu aucune directive.  "A ce jour, aucun texte ne nous explique ce qu’il faut faire et comment il faut le faire. Nous imaginons que le protocole sanitaire sera le même qu’en septembre ou octobre : des jauges, des couloirs de circulation, des placements établis, pas d’entracte…". Un protocole qui, selon lui, est très sécurisé. Il insiste sur le fait que le public ne court aucun danger : "Le public est accueilli par petit groupe. Chaque spectateur doit se nettoyer les mains avec du gel hydroalcoolique et doit changer de masque en prenant un neuf que nous donnons. Il s’assoit sur le siège indiqué. Il est espacé de son voisin. Les gens regardent forcément la scène et ne parlent qu’aux membres de leur famille". Il conclut en disant : "S’il y a un risque c’est plus pour les artistes et les techniciens présents sur le plateau car à un moment donné, pour travailler, ils se démasquent".

Une saison totalement réorganisée

Avec une réouverture prévue le 19 mai, la Comédie a dû réorganiser ses plannings. Charles Osmond, régisseur général, en convient cette année est très particulière. Il a totalement repensé la saison : "Nous avons été obligés de reporter 14 spectacles sur la saison prochaine. Nous en avons cependant gardé quelques-uns pour juin et juillet, histoire d’avoir une petite saison d’été".

D’ordinaire la Comédie termine sa saison fin mai. En raison du contexte, elle la prolonge cette année jusqu’à la mi-juillet : "Il faut profiter de cette réouverture. On s’est dit que l’on pouvait bousculer le calendrier pour faire plaisir aux spectateurs et aux artistes". La soirée de présentation de la prochaine saison se déroulera les 11 et 12 juin prochains. Elle sera enregistrée et diffusée sur la page internet de la Comédie de Clermont-Ferrand.

La Comédie toujours occupée

Le bon déroulement de la réouverture de la Comédie dépend également des membres du collectif Culture en Danger 63 qui occupent toujours les locaux. Pierre Court, régisseur lumière, ne décolère pas : "Cette réouverture ne nous satisfait pas. C’est une réouverture partielle qui ne concerne qu’un intermittent sur dix. La jauge n’est que de 35% donc peu de spectateurs pourront voir les spectacles". Comme ses confrères, il demande "la reconduction de l’année blanche jusqu’à fin août 2022 avec un filet de repêchage pour celles et ceux qui n’auront pas retrouvé leurs droits. C’est pour qu'à la reprise, les artistes aient le temps d’effectuer leurs heures de travail pendant un an". 

De son côté, le régisseur général Charles Osmond souligne : "Nous sommes pratiquement à deux mois d’occupation du théâtre. Cette situation est très problématique. Ce qui est difficile, c’est que le gouvernement a laissé pourrir la situation en ne donnant aucune réponse à leurs demandes".  

Le mardi 11 mai, une réunion est prévue au conseil national des professions du spectacle en présence notamment des ministres du travail et de la culture. "Nous attendons des réponses, au moins aux questions principales qui sont le renouvellement de l’année blanche" précise-t-il.

Le lendemain, soit le 12 mai, une réunion est prévue à la Comédie. Charles Osmond conclut : "Nous discuterons tous ensemble. Nous ne pouvons pas accueillir du public au milieu des occupants présents de jour comme de nuit. La cohabitation n’est pas possible, de manière sanitaire en tout cas". Une journée de négociation importante à l’issue de laquelle se tiendra un vote des intermittents pour acter ou non la reprise des spectacles.

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