Comment l'arrivée d'un médecin a transformé ce village du Puy-de-Dôme

Il y a encore deux ans, cette petite commune d'Auvergne faisait partie de ces innombrables déserts médicaux. Tout a changé le jour où une médecin a décidé de s'installer avec sa petite famille dans ce village qui a retrouvé sa sérénité d'antan.

Parmi les patients du jour, la famille Madru est venue de Tauves, à quelques kilomètres de La Tour d’Auvergne (Puy-de-Dôme), pour consulter leur médecin avec leurs trois filles. « Ici c'est sans rendez-vous. Je suis agriculteur, je suis assez occupé et là, je peux emmener mes enfants n'importe quand, sans rendez-vous. Elle (le médecin, NDLR) nous épaule beaucoup. C’est important d’avoir un docteur comme ça », se félicite Kévin, le père de famille.

Investir pour l'avenir

Depuis deux ans la famille s'est habituée à venir voir le nouveau médecin de La Tour d'Auvergne, Eloise Benoist : « Cela a commencé doucement et maintenant, je travaille bien, j’ai du monde. Les gens commencent à me faire confiance et apprennent à me connaître. Au début, comme je ne suis pas de la région, il y avait un peu d’hésitation mais ça a complètement disparu. » Comme en témoigne la salle d'attente qui ne désemplit pas et ce patient, ravi d’avoir vu cette praticienne s’installer : « C'est un lien, c'est beaucoup de choses, un cabinet médical et ce qu'il y a autour : un kiné, un dentiste… c’est un centre de vie et c’est important pour un petit village. »

Depuis qu’Eloïse Benoist est rentrée dans ces murs, on a une vision à plus long terme.

Yannick Tournadre, maire (SE) de La Tour d'Auvergne

La recette pour retrouver un médecin : une enveloppe de près de 290 000 euros et une bonne dose de charme, selon Yannick Tournadre, maire de La Tour d'Auvergne (SE) : « Ici on a un collège, une école, on a un cadre de vie  où on peut vivre sereinement, tranquillement. C’est un premier atout. Il fallait avoir l’outil pour accueillir le médecin et ça, on ne l’avait pas du tout. Il a fallu se retrousser les manches, trouver les financements, trouver le bâtiment et travailler avec Eloïse pour adapter le bâtiment à ses méthodes de travail. » L'arrivée du médecin a donné un nouveau souffle à la commune : « Depuis qu’Eloïse Benoist est rentrée dans ces murs, on a une vision à plus long terme. On a bien fait d’y croire. On a trouvé le bon médecin pour La Tour d’Auvergne. La commune a toujours été centrale au niveau du territoire Sancy. Perdre un médecin, c’était perdre une partie de notre attractivité."

"Je me sens vraiment chez moi"

Les efforts de la mairie ont porté leurs fruits. Le docteur Benoist est désormais installée, pour de bon : « Je me sens vraiment chez moi. J’ai posé ma plaque. J’habite au-dessus, pour les déplacements, c’est beaucoup mieux. Je suis dans le bourg, à côté de la pharmacie et de tous les commerces. Dans les milieux ruraux, il n’y a pas beaucoup de biens à louer. Quand on ne connaît pas l’endroit, on n’ose pas acheter tout de suite, on ne sait pas trop où il faut qu’on loge. La mairie nous a logés pendant deux ans, puis a réalisé une rénovation. Ça a beaucoup joué aussi. Je suis venue avec mes enfants et mon mari. Quand on est seul, on peut se débrouiller mais là ce n’est pas pareil. » Elle a bénéficié d’aides de la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) et de l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour s’installer.   

Une maison de santé 

Et le docteur Benoist a pris ses marques : « Même si on est loin de tout, on s’organise pour les spécialistes, les hospitalisations. Ça peut paraître compliqué mais on n’est qu’à une heure de Clermont alors finalement, on s’arrange. On travaille en équipe avec les autres professionnels de santé. C’est ça qui me plaît, je n’ai aucun regret ». Une maison de santé avec une quinzaine de professionnels va se mettre en place avec les villages aux alentours courant 2024.

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