Comment une entreprise de puériculture de Clermont-Ferrand s'est imposée dans le monde entier

En 2020, l'entreprise de puériculture de Clermont-Ferrand Babymoov a dépassé pour la première fois les 50 millions d'euros de chiffre d'affaires (55 millions). Des performances à la hausse, en pleine crise économique. Une belle réussite pour les trois étudiants clermontois qui l'ont créée en 1997.

L'entreprise de Clermont-Ferrand Babymoov a réalisé en 2020 55 millions d'euros de chiffre d'affaires.
L'entreprise de Clermont-Ferrand Babymoov a réalisé en 2020 55 millions d'euros de chiffre d'affaires. © V.Riffard/FTV

Des babyphones, des transats, des robots de cuisine pour bébé…En 24 ans, Babymoov, société spécialisée dans la puériculture basée à Clermont-Ferrand, a réussi à glisser ses produits entre ceux de Chicco, Bébé Confort ou encore Dodie dans les magasins dédiés à la petite-enfance. Son chiffre d'affaires a bondi de 15% l'an dernier, soit 55 millions d’euros en 2020. 

Vers une démarche écoresponsable

Dans son siège des Gravanches, Babymoov teste constamment des échantillons de ses produits : « On va tester toutes les positions et les utilisations du produit. Par exemple, on va vérifier en position allongée d’un transat s’il y a une incidence sur la stabilité ou pas », explique Guillaume Bardales, responsable qualité.  Pour se démarquer, le fabricant d'objets pour bébé investit chaque année un million et demi d'euros en recherche et développement. Depuis quelques mois, design futuriste et technologie font la part-belle à une nouvelle dimension : l'éco-responsabilité. Ce coussin anti-colique s'en veut le parfait exemple. « La bouillotte est composée de graines de lin bio qu’on peut faire chauffer au micro-onde et qui permet d’atteindre 40°C. C’est la température idéale pour bloquer les stimulis de la douleur. Ce produit est en coton écoresponsable, il est fabriqué en Europe et son packaging est lui-aussi écoresponsable. Il peut être réutilisé en tant que tote bag », décrit Pauline Gubert, responsable du contenu de marque.

Rapatrier la production

Difficile pourtant d'afficher un bon bilan carbone quand les usines de fabrication se trouvent en partie de l'autre côté de la planète, en Asie. Alors, le groupe travaille au rapatriement de la production en Europe. « On ne veut pas devenir les meilleurs tout de suite sur une démarche écoresponsable parce qu’on ne peut pas. On vient juste de commencer. Par contre, tout ce qu’on fait, c’est vrai, c’est sincère. Notre produit fait à 100%  de matériaux organiques c’est vrai, la garantie à vie, c’est vrai, la réparabilité de nos produits, c’est vrai…Ce qu’on fait, on essaye de le faire bien mais on ne fait pas tout au niveau de la démarche écoresponsable. On se donne des objectifs chaque année pour progresser dans ce sens », affirme Laurent Windenberger, cofondateur de Babymoov.

Le succès à l'internationale

Babymoov veut conquérir le monde : dans leur entrepôt, entre produits finis et pièces détachées, plus de 800 références sont stockées, prêtes à partir partout dans l'Union Européenne. « Nous expédions dans les magasins de puériculture, les grandes surfaces. La plus grande partie va vers la France mais nous expédions aussi en Europe : en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Belgique. Au niveau du volume, on expédie à peu près entre 3 et 4 camions par jour qui sont dispatchés après entre les plateformes des transporteurs et qui sont réexpédiés après dans les magasins », précise Jorge Costa, directeur de site. L'entreprise clermontoise a déjà investi les marchés de 70 pays et ouvert plusieurs filiales à travers le monde.

A la conquête des Etats-Unis

Après la France, elle s'est installée en Allemagne, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni, à Hong-Kong et aux Etats-Unis. Une offensive outre-Atlantique qui a failli se terminer en désastre et menacer la survie de l'entreprise car il a fallu 5 ans pour gagner le marché américain. « Le consommateur américain ne va pas prêter attention aux mêmes arguments pour un même produit qu’en Europe. C’est un marché qui attire toutes les marques du monde. C’est vrai que c’est un marché très compétitif. Il faut vraiment trouver les bonnes innovations, les bons clients et la bonne façon de communiquer pour percer », raconte Arnaud Thiollier, cofondateur de Babymoov.

La petite entreprise ne connaît pas la crise

La filiale américaine est désormais la plus rentable du groupe à l'étranger. A rebours des crises économiques, la marche forcée vers le télétravail a offert une opportunité inattendue. « C’est vrai qu’on a une performance individuelle qui est meilleure et la performance collective aussi. On perdait beaucoup de temps en réunion je pense, aujourd’hui, les réunions sont beaucoup plus rapides, plus efficaces. On va droit au but. D’une manière générale, l’entreprise fonctionne d’une manière plus productive », explique Arnaud Courdesses, cofondateur de Babymoov. L’entreprise compte profiter de ses bons résultats pour continuer son expansion. Elle se prépare à partir à l'assaut d'un nouveau marché, le nouvel El Dorado : la Chine.

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