Confinement : les fortunes diverses de commerçants en ligne du Puy-de-Dôme

Pendant le confinement, le e-commerce a connu une embellie en France. Dans le Puy-de-Dôme, les commerçants en ligne n’en ont pas tous profité. Certains ont su tirer leur épingle du jeu.
 

Amazon est l'un des sites les plus fréquentés en France pendant le confinement. Mais de petits commerçants ont su tirer leur épingle du jeu.
Amazon est l'un des sites les plus fréquentés en France pendant le confinement. Mais de petits commerçants ont su tirer leur épingle du jeu. © Jean-François Frey / MAXPPP
Pendant le confinement dû au coronavirus COVID 19, les Français ont été nombreux à opter pour la vente en ligne. Si des poids lourds comme Amazon, Cdiscount ou la FNAC ont connu une forte fréquentation, de petits commerçants du Puy-de-Dôme ont aussi su tirer leur épingle du jeu pendant cette crise sanitaire.

On a presque doublé notre chiffre d’affaires

Nicolas Baleydier est président de Dock Avenue, un e-commerçant spécialisé dans l’univers de la maison et de l’outdoor, dont le siège est dans le Puy-de-Dôme et la plateforme logistique dans la Loire. Il explique : « On a eu la chance d’être dans un domaine qui était porteur. Quand les gens sont confinés, ils ont fait du tri, redécoré  leur intérieur, aménagé des choses. En vendant des produits de l’univers de la maison, des coussins, des rideaux, des nappes, on a bénéficié de cela. Il y eu un arrêt très brutal, avec moins 60 % de ventes les deux premiers jours du confinement, et après on est remonté à de très fortes valeurs. Au global, on a presque doublé notre chiffre d’affaires sur la période du confinement ».

Un recul important

Ces chiffres record, d’autres commerçants en ligne les ont aussi connu, mais en leur défaveur. Mickael Vialat est le président de l’association e-commerce Auvergne qui compte une quarantaine d’adhérents. Il est aussi le gérant de Planète-Domotique.com, un site de domotique. Il souligne : « Nous qui faisons de la domotique avons noté un recul de 60 % de notre chiffre d’affaires au mois de mai. C’est lié aux places de marché. En effet, on a quelques indicateurs qui ont été dégradés à cause des transporteurs et les places de marché nous ont demandé de rallonger les délais d’expédition. Ca nous a plombé les ventes ».

Une vraie bouée de secours

Claire Goudouneix est la gérante des Culotées, une boutique de vêtements et accessoires dédiés aux femmes. Son magasin étant fermé pendant le confinement, elle a réussi à maintenir une activité en ligne. Elle indique : « Je proposais un système de livraison à domicile. Ca a beaucoup plu aux clientes. J’ai au par exemple des clientes à Perignat-lès-Sarliève qui n’étaient jamais venues en boutique. Si j’avais eu ce site en ligne pendant la crise des Gilets jaunes, j’aurais pu continuer mon activité. Ca a été une vraie bouée de secours ». Une bouée de secours qui lui a permis d’assurer 20 % de son chiffre d’affaires habituel. Désormais, Claire Goudouneix mise sur un site de vente en ligne flambant neuf qui sera opérationnel en juillet.

Notre chiffre d’affaires s’est maintenu

Mouna est la gérante de Mouna Sew, une boutique en ligne clermontoise qui existe depuis 3 ans. Elle aussi dresse un bilan mitigé du confinement : « On a une double activité, de box couture et on vend des patrons et du tissu sur notre site Internet. Pour l’activité box couture, qui représente 70 % de notre activité, nos produits étaient faits en France. Quand le confinement a été annoncé, les usines de production ont fermé et on a dû annuler une box. Dans la partie positive, les gens étaient chez eux et après deux semaines on a bien décollé et on a bien vendu pour l’autre partie de notre activité. Notre chiffre d’affaires s’est maintenu sur la période, malgré l’annulation de la box ». Elle tire déjà des enseignements de cette période particulière : « On voit l’importance de diversifier les transporteurs avec lesquels on travaille. Quand l’un d’entre eux est en difficulté, on est aussi pénalisé ».

Le cas du transport

Des problèmes de transporteurs, c’est aussi selon Mickael Vialat ce qui explique les fortunes diverses des e-commerçants : « Ca dépend beaucoup de l’activité des e-commerçants. Il y a eu aussi des délais et des retards sur les places de marché. Cela a été très variable. Les pure players, qui n’ont que des sites Internet et pas de boutique physiques ont été impactés par les problèmes de transporteurs ». Nicolas Baleydier confirme ces aléas : « On est 100 % en vente en ligne et sur les places de marché. Notre logistique était déjà en place, notamment avec les transporteurs. On a subi les aléas du confinement. Habituellement les transporteurs font des ramasses tous les jours de nos produits, mais là certains le faisaient 3 ou 4 fois par semaine. Il y a eu des problématiques sur certaines zones comme le Grand Est ou Paris avec des aléas et des augmentations des temps de livraison. Mais globalement, les gens étaient conscients de cela et n’attendaient pas la même chose qu’en temps normal où ils veulent le produit en 24 ou 48 heures chez eux. Là, ils étaient prêts à attendre un peu car ils savaient que l’on dépendait de Colissimo, DPD ou d’autres transporteurs ». Le président de l’association e-commerce Auvergne conclut : « Plusieurs petites plateformes se sont créées pour des commerçants, notamment aux Martres-de-Veyre. Ca a pu sauver plusieurs petits commerçants qui ont dû fermer et se sont retrouvés le bec dans l’eau. Ca leur a permis de sauver les meubles ». Désormais, les commerçants en ligne scrutent attentivement les signes d’une reprise et semblent avoir tiré les leçons de la crise. Le secteur alimentaire qui a bénéficié de cet épisode veut poursuivre sur sa lancée.
 
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