Coronavirus COVID 19 : comment réagir quand on est allergique au pollen ?

Chaque année environ 30% des adultes français souffrent de rhume des foins / © JEAN ROIG / MAXPPP
Chaque année environ 30% des adultes français souffrent de rhume des foins / © JEAN ROIG / MAXPPP

Avec le printemps, comme chaque année, les pollens reviennent nous chatouiller les narines. Pour les personnes allergiques il ne faut surtout pas arrêter son traitement pendant cette période d’épidémie de coronavirus COVID 19.
 

Par Marie Morin

En raison de l'épidémie de coronavirus COVID 19, un éternuement et nous voilà parfois la cible de regards inquiets. A cette époque de l’année, l’allergie au pollen en chatouille plus d’un. Depuis le début du mois de mars, les arbres sont en pleine floraison : bouleau, frêne, peuplier… libèrent dans l’air une forêt de particules mesurer par le Réseau National de Surveillance Aérobiologique . Mais cette année, en pleine épidémie de coronavirus, les allergies suscitent parfois davantage d’inquiétude que d’habitude. « La majorité des personnes allergiques connaissent leurs symptômes et arrivent à les identifier, il faut surtout les rassurer » estime le docteur Vincent Budillon, médecin généraliste dans le Puy-de-Dôme.

Quel traitement pour les allergies pendant l’épidémie de coronavirus ?

Le traitement repose surtout sur des antihistaminiques. Les ORL recommandent de ne plus utiliser de corticoïdes pour le moment donc les médecins évitent de prescrire des pschitts à base de cortisone. Même le nettoyage du nez au sérum physiologique est à éviter car il pourrait favoriser la diffusion du virus.

Dans les (télé-)consultations, les médecins sont face à deux types de patients : ceux qui ont les yeux qui pleurent, le nez qui coule et qui ont un traitement de fond et ceux qui sont simplement irrités parce qu’ils ont été en contact avec des pollens.

Pour les premiers il est très important de ne pas arrêter leur traitement en pleine crise du coronavirus. Si le ministre de la santé Olivier Véran a mis en garde contre la prise d’anti-inflammatoire en auto-médication, la consigne n’est pas la même dans le cadre d’une prise en charge médicale. Pour le docteur Jean-Luc Fauquert, pédiatre allergologue, membre de la société française d'allergologie, « Si un patient a des anti-inflammatoires inhalés, c’est qu’il a un asthme important donc il ne faut surtout pas les arrêter parce que s’il attrapait le covid, il serait encore plus gêné et son asthme pourrait décompenser d’autant plus facilement.  Il ne faut surtout pas interrompre les anti-inflammatoires inhalés. »

Et pour les autres, « On est obligé, en ce moment, de limiter les traitements à l’essentiel. Aujourd’hui les patients sortent d’une consultation avec une ordonnance de paracétamol et des consignes comme boire beaucoup et se reposer, précise le docteur Budillon.   On prescrit moins systématiquement des corticoïdes et ça n’est pas plus mal. Ca permet de faire le tri entre la prise en charge essentielle d’une allergie et un traitement de confort. »

Comment distinguer les symptômes d’une allergie et ceux du COVID 19  ?


« C’est comme faire la différence entre un éléphant et une fourmi ! » plaisante le docteur Fauquert. « Le COVID est une maladie infectieuse donc avec des symptômes  généraux : la fatigue, la douleur, la fièvre et des symptômes spécifiques à certains organes comme la toux pour les poumons en l’occurrence. Alors que les allergies aux pollens s’expriment par un rhume des foins et une conjonctivite. Au maximum, on peut faire une crise d’asthme. »

Le professeur Laurichesse, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Clermont-Ferrand estime que les symptômes de l’allergie au pollen viennent un peu interférer avec des formes bénignes de COVID mais rarement avec les formes graves. « Le piège c’est l’asthme. Le patient tousse et ça peut nous piéger par rapport à un COVID. Quand on a un doute, et s’il y a des signes bronchiques, on est obligé de tester. Quand vous avez des signes bronchiques, c’est déjà un signe de gravité. »  Les patients pour lesquels le diagnostique n’est pas évident  doivent surveiller l’évolution de leurs symptômes. « On attend 2 ou 3 jours de voir comment évolue la toux en réponse aux antihistaminiques » précise le docteur Budillon. Une toux qui s’accentue, un essoufflement de plus en plus marqué, un manque d’oxygène doivent alerter les patients. « Un patient qui souffre de COVID n’est plus capable de faire une phrase sans tousser » explique le professeur Henri Laurichesse.
 

L’allergie aux pollens rend-elle plus vulnérable au coronavirus ?

Les personnes souffrant d’allergie au pollen ne font pas partie des personnes classées "à risque" par le ministère de la santé.  On n’a pas plus de risque "d’attraper" le covid quand on est allergique.

En revanche, pour le professeur Laurichesse, un patient allergique risque de développer une infection respiratoire plus marquée. Il estime que les personnes asthmatiques risquent de décompenser plus vite et de se retrouver en détresse respiratoire.

 

Y a-t-il des précautions à prendre ?

Principal conseil : restez chez vous ! Nicolas Verdier est président du syndicat des pharmaciens du Puy-de-Dôme. Il se dit satisfait de voir son officine désertée en ces temps de confinement. « Une allergie, c’est désagréable mais il vaut mieux prendre patience à la maison. »
Aux yeux du docteur Fauquert, « il est préférable de prendre un traitement antihistaminique  à titre préventif et au long court pendant toute la durée du printemps. » En pharmacie, les médicaments en libre accès pour soulager un rhume des foins sont toujours disponibles. 

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