Coronavirus COVID 19 : une dermatologue nous explique comment bien utiliser le gel hydroalcoolique

En pleine épidémie de coronavirus COVID 19, le gel hydrolalcoolique est massivement utilisé pour désinfecter les mains. Mais attention, il faut bien surveiller sa composition pour éviter tout risque pour la peau, insiste une dermatologue du CHU de Clermont-Ferrand.
 

Très utile en période d'épidémie de coronavirus COVID 19, il faut bien surveiller la composition de son gel hydroalcoolique.
Très utile en période d'épidémie de coronavirus COVID 19, il faut bien surveiller la composition de son gel hydroalcoolique. © Luc Nobout / MAXPPP
C’est devenu le produit indispensable en période d’épidémie de coronavirus COVID 19. En flacon dans la poche ou à l’entrée des commerces, le gel hydroalcoolique a envahi notre quotidien. A base d’alcool, il détruit les virus et les bactéries. Mais il faut bien ouvrir l’œil sur sa composition afin d’éviter tout dégât sur la peau. Le Dr Marie-Christine Ferrier-Le Bouedec est praticien hospitalier, dermato-allergologue au CHU de Clermont-Ferrand. Elle indique qu’il n’y a pas eu plus de consultations dues à l’utilisation de gel hyroalcoolique dans son service. Certaines précautions s’imposent pour certaines peaux fragiles. Elle explique : « Nous avons eu des patients que l’on suit pour des problèmes cutanés, notamment de l’eczéma. Ils ont signalé que leur état cutané s’était aggravé avec l’utilisation massive des gels ou du lavage fréquent des mains. Quand on présente un eczéma il n’est pas contre-indiqué d’utiliser du gel hydroalcoolique mais les gels hydroalcooliques sont mal tolérés sur des peaux lésées, des peaux malades. Quand il y a de l’eczéma, le gel hydroalcoolique brûle immédiatement et ce n’est pas du tout agréable. Il accentue l’inflammation et la sécheresse qui est présente préalablement. Il y a une sensation de brûlure sur peau lésée qui est très désagréable pour ces personnes-là et ensuite il y a une aggravation des lésions pré-existantes, notamment de l’inflammation, à cause du gel. D’où l’intérêt de traiter efficacement l’eczéma pour pouvoir utiliser ces gels correctement ».

Préférer les compositions simples

Le spécialiste précise qu’il faut privilégier les compositions simples de gel hydroalcoolique : « Il y a des problèmes de formulation des gels hydroalcooliques. La majorité de ces gels ne contiennent que de l’alcool, du glycérol. Certains vont avoir une composition plus complexe et vont être notamment parfumés. Quand les formulations sont parfumées, il y a un risque d’allergie de contact au parfum, d’eczéma de contact, de photosensibilisation infiniment plus rare ». La photosensibilisation est une réaction cutanée qui survient lors d’une exposition à la lumière.

Attention aux recettes maison

Le Dr Marie-Christine Ferrier-Le Bouedec affirme que de mauvaises recettes qui circulent sur Internet peuvent être dangereuses : « On peut utiliser du gel hydroalcoolique et s’exposer au soleil sans risques sauf si la formule contient un composant de parfum très photosensibilisant ou alors pour des formulations maison. Il y a eu malheureusement des recettes qui ont circulé sur les réseaux sociaux ou sur Internet, conseillant de rajouter dans les formulations de l’huile essentielle. Les huiles essentielles peuvent donner des allergies de contact et pour certaines peuvent être photosensibilisantes. Mais ce sont des cas particuliers ». Elle ajoute : « Le risque de photosensibilisation survient lorsque des ingrédients sont mis dans la formule : ils peuvent absorber anormalement les rayons UV, donner une phototoxicité et accentuer le risque de coups de soleil. Ensuite il y a un risque de photoallergie qui se traduit par un eczéma des zones photoexposées. Il faut que la personne soit allergique à un ingrédient. Cela ne concerne qu’un tout petit nombre de personnes préalablement allergiques à ces ingrédients ».

Quelques conseils d'utilisation

Le spécialiste nous donne quelques conseils à propos de l’utilisation du gel hydroalcoolique : « Il ne faut pas enfiler de gants juste après avoir utilisé du gel hydroalcoolique. Car si vous enfilez des gants sur un gel pas parfaitement séché, vous augmentez considérablement son pouvoir irritant. De plus, il ne faut pas en mettre trop car ce sont des produits à appliquer en quantité modérée. Il faut privilégier des formules simples, non parfumées. Il faut éviter de mettre les gels sur une peau altérée. Quand on a une dermatose, au niveau des mains, il faut traiter la dermatose avant d’appliquer le gel hydroalcoolique. Il vaut mieux faire un lavage fréquent des mains, qui est moins délétère sur une peau abîmée ou ayant de l’eczéma, que de mettre un gel hydroalcoolique. Enfin, dans la composition, il faut éviter la présence d’huiles essentielles ou d’autres composants. Il faut s’en tenir à des formules simples, sans adjuvants. Il y a des formules qui contiennent du parfum, du panthenol, des désinfectants autres que de l’alcool. Ce sont des produits qui sont plus à risques que les formules les plus simples qui ne contiennent que de l’alcool ». L’utilisation de gel hydroalcoolique doit se faire avec attention. Il n’y a pas de contre-indication pour l’application sur des enfants.
 
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