Coronavirus COVID 19. Puy-de-Dôme : agents d’entretien, sociétés de nettoyage : « On essaye de faire barrage »

Dans le Puy-de-Dôme, les personnels de nettoyage tentent de faire barrage au coronavirus COVID 19. (Photo d'illustration) / © Guillaume Bonnefont / MAXPPP
Dans le Puy-de-Dôme, les personnels de nettoyage tentent de faire barrage au coronavirus COVID 19. (Photo d'illustration) / © Guillaume Bonnefont / MAXPPP

Dans le Puy-de-Dôme aussi, les personnels chargés du nettoyage et de l’entretien sont fortement sollicités en cette période d’épidémie de coronavirus COVID 19. Malgré le confinement, ils doivent assurer leur mission de nettoyage, essentielle au ralentissement de la propagation du virus.

Par Solenne Barlot

Dans le Puy-de-Dôme, les agents d’entretien et employés de société de nettoyage continuent d’assurer la propreté et la désinfection des lieux publics et privés. L’épidémie de coronavirus COVID 19 a considérablement alourdi leur tâche : « On utilise énormément de produits désinfectants très puissants, on est obligés d’être particulièrement attentifs aux surfaces les plus exposées et touchées par les résidents, comme par exemple les rampes d’escalier ou les poignées de porte. Avant, on les nettoyait tous les jours, maintenant,  c’est plusieurs fois par jour », explique Patrick, ASH (Agent de Service Hospitalier) dans un EHPAD du Puy-de-Dôme.

"Je n'embrasse plus ma famille, je me change dans le garage"

Sur son lieu de travail, aucun cas n’est recensé, et toutes les précautions sont prises pour que le virus n’atteigne pas les résidents : « Quand un nouveau résident arrive, il reste 14 jours en confinement, et nous avons une tenue de protection spéciale pour le nettoyage de la chambre des confinés. Cela nous affecte aussi dans nos vies personnelles. Je n’embrasse plus les membres de ma famille, je me change dans le garage en partant et en rentrant du travail et je me douche immédiatement afin qu’aucune contamination n’ait lieu entre mon domicile et l’EHPAD », affirme Patrick.

"On fait le ménage très tôt pour ne croiser personne"

Les sociétés de nettoyage sont également au premier plan dans la lutte contre la propagation du coronavirus, mais leur travail s’est considérablement compliqué : « C’est très dur. Nous sommes en sous-effectif en raison de problèmes de garde d’enfant, on dort très peu. On vient faire le ménage très tôt, dès 4 heures du matin, afin d’être sur de ne croiser personne, car les employés ont peur », regrette Rose Texeira, patronne de la société de nettoyage Rosa, basée à Aulnat, près de Clermont-Ferrand. Si les effectifs ont baissé, la charge de travail, elle, a considérablement augmenté : « On doit faire beaucoup plus attention aux rampes, aux poignées de porte, aux ascenseurs, aux interrupteurs, toutes les surfaces qui sont touchées par plusieurs personnes. On fait aussi un peu de relationnel. Quand on nettoie dans les immeubles, on essaie de vérifier qu’il n’y a pas de personne isolée ou vulnérable, qui manquerait de quelque chose. Il y a aussi le fait qu’en temps normal nous faisons une pause dans un café afin de pouvoir aller aux toilettes. Là on ne peut plus », raconte Rose Texeira.

"On a un peu l'impression d'être les oubliés"

Selon Rose Texeira et Patrick, le problème vient aussi du manque de matériel : « On n’a que des gants de ménage, qui ne sont pas complètement imperméables. Nous avions des gants jetables, mais ils n’étaient pas assez solides, ils se trouaient à chaque fois. C’est tout de même mieux que de ne rien avoir. On n’a pas de masques non plus, mais on comprend qu’ils soient réservés au personnel soignant », raconte Rose Texeira. Un problème de matériel également présent dans l’EHPAD de Patrick : « On n’a qu’un masque par jour, ce n’est pas suffisant, d’autant plus que certains d’entre nous sont faisant-fonction aides-soignants. On a un peu l’impression d’être les oubliés. Malgré tout, on aime nos résidents alors on essaye de faire barrage au virus. »

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