Coups de feu à Clermont-Ferrand : "On est sur une situation qui tend à devenir grave" selon le procureur

A Clermont-Ferrand, lundi 22 février, des coups de feu ont été tirés rue de Flamina. Une répétition de faits qui inquiètent les autorités. Elles parlent d'affaires liées aux trafics de stupéfiants et de lutte d'influence dans les quartiers.

A Clermont-Ferrand, le secteur de la rue de Flamina a été en ce début d'année le théâtre de violences.
A Clermont-Ferrand, le secteur de la rue de Flamina a été en ce début d'année le théâtre de violences. © Stéphane Trentesaux / FTV

Des coups de feu ont été tirés dans la nuit du 21 au 22 janvier à Clermont-Ferrand, rue de Flamina. Puis de nouveau des tirs ont eu lieu et 7 impacts de balles ont été relevés sur une porte d’un immeuble 5 impasse Verlaine au cours de la nuit du 24 au 25 janvier. Le lendemain, des coups de feu ont été tirés sur une porte d'appartement, blessant légèrement une occupante, ce qui pourrait être une tentative d'intimidation. A nouveau, un coup de feu a été tiré, dans un quartier tout proche celui de la Gauthière le 7 février. Enfin, lundi 22 février, en fin d'après-midi, de nouveau des coups de feu ont retenti devant des immeubles de la rue de Flamina, blessant un habitant du quartier. Deux mineurs seront interpellés dans la nuit dans le secteur de l'impasse Verlaine puis un troisième mercredi. Pour le parquet de Clermont-Ferrand, ces violences semblent avoir lieu sur fond de trafic de drogue. Eric Maillaud, procureur de la République de Clermont-Ferrand, affirme : « Les enquêteurs de la police judiciaire ont un certain nombre de pistes. On a de bonnes raisons de penser que ces échanges de coups de feu qui n’émanent pas forcément des mêmes, dans ce quartier de Croix-de-Neyrat, notamment rue de Flamina, interviennent sur un fond de trafic de stupéfiants. Il s’agit peut-être de contrôle de territoire compliqué entre les différents tenants de ces trafics de stupéfiants. C’est une des pistes sur laquelle travaillent les enquêteurs mais ça reste à ce stade difficile à déterminer ».

On est parti sur une enquête relativement longue

Il ajoute : « Ce ne sont pas ces mineurs qui sont à l’origine de tout. Derrière ces mineurs, il n’est pas exclu qu’il y ait des majeurs. Ils se servent de mineurs car ils savent que le risque pénal pour un mineur est moindre. On est parti sur une enquête relativement longue. On est sur une situation qui tend à devenir grave et il est grand temps que chacun unisse ses forces pour essayer de mettre un terme à ces violences et à ces trafics ». Le procureur rejette le terme de « guerre des gangs » mais nuance : « On a sans doute une opposition entre trafiquants mais on a du mal à l’établir de manière certaine. Les habitants doivent comprendre qu’une enquête ne peut se faire qu’avec des témoignages, il n’y a pas que la police scientifique et les caméras de vidéo-surveillance. On a besoin de leur aide. Quand tout le monde se serrera les coudes et témoignera, on arrivera ensuite, je l’espère, à mettre la main sur les auteurs de ces trafics et des violences qui en découlent, pour rendre plus paisibles ces quartiers ».

Quand on vient déranger les trafiquants, c’est comme mettre un coup de pied dans une fourmilière

Pour Olivier Bianchi, maire (PS) de Clermont-Ferrand, c’est la lutte contre le trafic de stupéfiants qui a causé de déchaînement de violence : « Nous avons pris à bras-le-corps le sujet avec l’Etat, le préfet, le directeur départemental de la police, le procureur et moi-même. Nous sommes extrêmement mobilisés sur les questions notamment de trafic de drogue. Quand on vient déranger les trafiquants, c’est comme mettre un coup de pied dans une fourmilière, les fourmis courent partout. Nous assistons à un effet de l’action concertée et conjointe de la Ville et de l’Etat de la lutte contre la délinquance. C’est justement parce qu’on agit qu’il y a ces réactions ». Il précise : « La violence est certainement plus aggravée dans un contexte sanitaire où une partie de la jeunesse n’a pas de débouchés et est laissée en jachère. La drogue gangrène notre pays et notamment les grandes métropoles. Les gens vont mal et il y a une surconsommation de drogue. On apporte des réponses de présence policière, de concertation et d’opérations avec les services de la Ville. On peut revoir les questions d’aménagement public, on peut mettre des policiers municipaux. Il faut aussi apporter une réponse pénale ». Comment faire plus pour lutter contre ces trafics de drogue ? Telle est la question majeure. Un dossier qui sera sûrement abordé lors du rendez-vous demandé au ministre de l'intérieur par le maire de Clermont-Ferrand. Ils devraient se voir très prochainement.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers violence drogue