Déconfinement : le boom du vélo à Clermont-Ferrand

A Clermont-Ferrand comme partout dans les grandes villes, depuis le début du déconfinement, les cyclistes se font de plus en plus nombreux. / © Rémy PERRIN / MAXPPP
A Clermont-Ferrand comme partout dans les grandes villes, depuis le début du déconfinement, les cyclistes se font de plus en plus nombreux. / © Rémy PERRIN / MAXPPP

Depuis le début  du déconfinement le 11 mai dernier, les cyclistes sont de plus en plus nombreux à parcourir les rues de Clermont-Ferrand. Une bonne nouvelle pour les magasins de vélos qui ont le vent en poupe.
 

Par Léa Breuil

Depuis le 11 mai dernier, Christian Boyer, responsable du magasin de vélos Bouticycle de Clermont-Ferrand, n’a pas une minute à lui. Professionnels, amateurs, sportifs ou non, les ventes de vélos se multiplient : « Que ça soit pour faire l’IronMan de Vichy, aller au travail ou simplement se balader dans Clermont-Ferrand, les gens veulent se dépenser » explique-t-il. Une bonne nouvelle pour ce responsable qui a décidé de rouvrir son magasin aux horaires habituels il y a bientôt trois semaines, après deux mois d’ouverture partielle et de livraisons délicates pendant le confinement. Pour lui comme pour de nombreux magasins de vélos à Clermont-Ferrand, il était temps de reprendre l’activité. « Il est difficile de quantifier la baisse de nos ventes pendant la crise sanitaire, mais on espère que le retour en nombre des clients compensera les pertes. Et que le confinement aura un peu changé les mentalités et encouragé la pratique du vélo ».  

Un nouveau profil de cycliste ?

Moins de transports en commun, un besoin de se dépenser davantage et plus de pistes cyclables dans les rues de Clermont-Ferrand : depuis la crise sanitaire du COVID 19, nombreux sont les Clermontois à avoir privilégié le vélo. C’est le cas d’Olivier Caurrier, récent acquéreur depuis une semaine: « Je dois effectuer tous les jours entre 15 et 20 km pour me rendre au travail et en vélo c’est bien plus sympa. Et puis nous avons tous pris en moyenne 2,5 kg pendant le confinement donc il était temps que je m’y mette » explique-t-il  en souriant. Ecolo dans l’âme, le  modèle qu’il a choisi est un modèle traditionnel « plutôt vintage, idéal pour les personnes peu sportives », ajoute-t-il. C’est Julien Devaux, responsable du magasin Tempo, le repère des cyclistes, qui l’a conseillé. Ce dernier explique être en rupture de stock sur certaines marques. « Les vélos qui ont le vent en poupe en ce moment sont les vélos Gravel, un modèle léger au caractère sportif qui permet aussi bien à son utilisateur de faire des balades en ville que sur les routes de montagne ». Pour Christian Boyer, ce succès s’explique notamment par un besoin d’activité sportive et d’évasion trop longtemps réfréné pendant le confinement : « Comme il sera impossible de voyager cette année, les gens veulent partir à l’aventure autour de chez eux.  Et Clermont-Ferrand et ses alentours est la ville idéale pour ça ».  

Opération « coup de pouce à vélo » 

Pour Julien Devaux, il est essentiel d’encourager une attitude plus éco-responsable : « On pouvait déjà noter une évolution de la pratique du vélo avant le confinement mais depuis le 11 mai elle se renforce ». Pour celui qui a ouvert son magasin en décembre, la pratique du vélo a été encouragée grâce à l’opération « Coup de pouce vélo», instaurée par le gouvernement le 11 mai dernier.  Julien détaille : « Il s’agit d’une plateforme en ligne qui référence des réparateurs de vélos volontaires et prend en charge les coûts de la réparation à hauteur de 50 euros. Généralement il s’agit de clients qui ont des vieux vélos qui trainaient dans leur grenier depuis longtemps ». Un dispositif qu’il a très vite rejoint mais qui lui demande beaucoup de temps car il est seul au magasin : « L’initiative a très vite rencontré du succès et je me suis retrouvé avec 25 demandes de réparation par jour. Mais la plateforme est novice et doit encore s’améliorer. J’ai dû par exemple faire moi-même les inscriptions des clients pendant deux semaines et nous n’avons pas encore les modalités exactes pour le remboursement. Je ne peux pas me permettre de travailler à perte pour le moment » explique-t-il. Il diversifie son offre en proposant également un espace café et une vente de pièces de collection dans son magasin. Il a fait le choix pour l’instant de ne traiter que quelques dossiers en attendant d’avoir plus d’informations. « Il est très important que les gens comprennent qu’il s’agit d’une aide certes importante de 50 euros, mais que la réparation intégrale d’un vieux vélo coûte en moyenne 180 euros si on veut garantir une totale sécurité ».

Sécuriser les cyclistes

Pour Serge Fabbro, Président de Vélocité 63, très investi dans la mise en place d’un schéma cyclable à Clermont-Ferrand, le traçage temporaire des 3 km de pistes cyclables sur les grands axes effectué par la mairie le 16 mai dernier est une première victoire pour la sécurité des cyclistes. La ceinture sud du centre de Clermont-Ferrand, ainsi que les boulevards à trois voies Aristide-Briand, Jean-Jaurès et Cote-Blatin et le boulevard à deux voies Lafayette sont concernés. « Le traçage a été effectué aux endroits où nous avons manifesté lors de nos vélorutions. Nous espérons qu’il ne soit pas provisoire mais transitoire pour assurer la totale sécurité des cyclistes ».
Julien Devaux qui se réjouit également de cette initiative, rappelle qu’il faut cependant rester vigilant et continuer la sensibilisation auprès des nouveaux utilisateurs : « Les traces au sol ne garantissent pas une sécurité maximale. Pour ceux qui commencent le vélo, il faut veiller à bien leur enseigner les priorités et règles de la route. Je prends souvent du temps lors de la vente pour leur faire un rappel. » 
Serge Fabbro précise que cette sensibilisation passe notamment par les « vélo-écoles » dans les associations, par les entreprises ou auprès des enfants dès leur plus jeune âge dans les écoles. En attendant la mise en place définitive du schéma cyclable métropolitain prévu fin 2020 (29 km de pistes cyclable au total), tous espèrent que ce confinement aura contribué à changer les mentalités pour faire perdurer « une culture du vélo ».  « Nous avons l’habitude que le vélo remplace les transports lors des périodes de crise des transports, maintenant il faut que ça s’inscrive dans la durée » conclut Serge Fabbro.

 

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