Déconfinement. Salles de sport dans le Puy-de-Dôme : "La situation commence à devenir urgente"

Depuis le 11 mai dernier la pratique du sport individuel est de nouveau autorisée en extérieur. Dans l’attente d’une annonce du gouvernement pour rouvrir les salles de sport, les professionnels du Puy-de-Dôme s’organisent.
 

Depuis l'annonce du déconfinement, les salles de sport préparent le retour du public dans leur établissement.
Depuis l'annonce du déconfinement, les salles de sport préparent le retour du public dans leur établissement. © KeepCool
« Restaurants, bars, campings, depuis quelques semaines, l’ouverture de ces établissements se précise mais il n’en est rien pour les salles de sport. Nous ne savons pas si nous pourrons rouvrir le 2 juin prochain et la situation commence à devenir urgente » se désole Ghislaine Mazeyrat, responsable des salles de sport KeepCool du Puy-de-Dôme. Cours de sport en vidéo, live sur les réseaux sociaux ou tutos nutritionnels : pour assurer une activité sportive à leurs abonnés depuis la crise sanitaire, les salles de sport fermées depuis le mois de mars ont dû innover.
Mais depuis le 11 mai, la pratique du sport individuel à l’extérieur est de nouveau autorisée et les salles de sports n’attendent désormais qu’une seule chose : pouvoir rouvrir leurs portes à la clientèle. Ghislaine Mazeyrat  qui a très vite fait le choix de suspendre le prélèvement de ses abonnés sait qu’il en va de la « survie économique des salles de sport ».  

Urgence économique

Loyer, assurance,  électricité… malgré leur fermeture, les salles de sport doivent assurer de lourds coûts fixes. Si Ghislaine Mazeyrat  reconnait être parfois « asphyxiée par les charges », elle ne regrette pas d’avoir soustrait le prélèvement de ses abonnés dès le 15 mars. « Nos salariés ont été mis en chômage partiel et je me voyais dans l’incapacité de faire payer les adhérents qui n’avaient plus accès à leur salle de sport ! Nous sommes tous dans le même bateau il faut se soutenir. » Elle a cependant pu bénéficier d’une aide de l’Etat qui propose 1 500 euros pour les petites structures indépendantes et espère pouvoir vite reprendre son activité. D’autres salles de sport comme celles du réseau Elancia, ont laissé leurs clients choisir d’être prélevé ou non pendant la fermeture : « Nous avons proposé 4 options à nos clients, dont une qui consiste à reverser 1/3 du prélèvement à l’Institut Pasteur pour soutenir la crise du Coronavirus. Pour ceux qui souhaitent être remboursés nous garantissons un remboursement à 125% des deux mois de confinement. » explique Carole Muller, responsable communication des salles de sport Elancia en France. Elle souligne que certains clients ont continué à payer pour manifester leur soutien à leur salle de sport et l’aider à survivre.

Une reprise de l’activité attendue par les clients

« Depuis le confinement les gens sont de plus en plus en demande d’activités sportives. C’est incroyable le nombre de personnes qui suivent les live sportifs qu’on organise sur nos réseaux sociaux.» déclare Ghislaine Mazeyrat. Comme de nombreuses salles de sport, KeepCool et Elancia ont très vite eu recourt à leurs réseaux sociaux pour divertir les sportifs et apprentis-sportifs. «Musculation, abdos-fessiers, cardio : nos coachs sportifs dans toute la France organisent des cours par vidéo et live régulièrement sur nos pages Facebook ou Instagram accessibles à tous. Et nos abonnés ont en plus accès à notre application KeepCool pour suivre des cours fitness sur Smartphone. » précise Ghislaine Mazeyrat. Elodie Canuto, coach sportive à la salle de sport Elancia de Ceyrat (près de Clermont-Ferrand), précise que si les cours en ligne ont été un véritable succès et ont aidé à « surmonter l’épreuve du confinement », pour elle « rien ne remplace le contact humain ».
Elle détaille : « Certains appréhendent le retour en salle mais ils sont nombreux à manifester l’envie de reprendre leurs habitudes en étant entourés par des coachs et en voyant du monde.» Elle ajoute que les cours sur Internet ne permettent pas aux coachs de pourvoir surveiller leurs adhérents et qu’il est facile de mal effectuer les exercices en étant seul à la maison. Ghislaine Mazeyrat est d’accord, si elle ne connait pas la date d’ouverture d’ici le 2 juin prochain, elle mettra en place des séances collectives à l’extérieur comme le font déjà plusieurs salles de sport de Crossfit : «Nous ne serons pas plus de 9 avec le coach et les séances seront très espacées pour assurer la désinfection régulière du matériel utilisé. »

Préparer la réouverture

En attendant la mise en place d’un protocole sanitaire définitif, les salles de sport s’appuient sur le guide fourni par le gouvernement pour préparer la réouverture. Gels hydroalcooliques, distanciation entre les différentes machines (1m minimum) ou équipement du personnel : rien n’est laissé au hasard.  « Nous adapterons notre organisation en fonction des dernières précisions du gouvernement, mais nous anticipons déjà certaines initiatives. Comme le port d’une visière plutôt que d’un masque, moins contraignante pour faire du sport, le cloisonnement de nos tapis de course entre chaque abonné, ou la mise en place de plexiglas sur certaines de nos machines. » explique Ghislaine Mazeyrat. Carole Muller précise que la mise en place des mesures de distanciation ne sera pas compliquée pour les salles Elancia déjà conçues  « à taille humaine » de sorte à espacer chaque client pour qu’il se sente « comme à la maison ». « Nous avons juste du rajouter des marquages au sol, deux entrées différentes dans chaque salle pour éviter les regroupements et faire en sorte que chaque client ait les 4m2 d’espace préconisé dans le guide. » explique-t-elle. Des rendez-vous en ligne seront également prévus pour limiter le nombre de personnes en même temps dans les salles de sports.  « Nous avons déjà l’habitude d’être à cheval sur l’hygiène mais nous désinfecterons encore plus régulièrement nos machines et mettrons à contribution le personnel sportif en permanence pour veiller au bon déroulement des séances. » ajoute Ghislaine Mazeyrat.

Pour rassurer les clients qui hésitent à reprendre les cours en salle de sport, Carole Muller précise que les salles Elancia labellisées « salle sport santé » sont déjà extrêmement encadrées par « un cahier des charges rigoureux » et seront dorénavant suivies par des huissiers chargés de vérifier que tout est aux normes pour ne faire prendre aucun risque aux clients. En attendant une annonce du gouvernement le 27 mai prochain, les salles de sports continuent leurs cours sportifs en ligne et espèrent pouvoir retrouver très vite leurs adhérents habituels ainsi que ceux qui « se seront convertis au sport pendant le confinement » précise en souriant Elodie Canuto.
 
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